Les fondamentaux
Le marché indien des infrastructures aéroportuaires connaît une croissance structurelle, portée par la hausse du trafic aérien, l’urbanisation, l’essor des classes moyennes et le développement des villes secondaires. Le pays compte environ 160 à 163 aéroports opérationnels, contre 74 en 2014, avec une ambition gouvernementale de 350 à 400 aéroports d’ici 2047. Le trafic a dépassé 400 millions de passagers en année fiscale 2024-25 et pourrait atteindre 440 à 450 millions en 2025-26.
Les investissements restent élevés : environ 9,7 Mds EUR ont été mobilisés entre 2020 et 2025, via l’Airports Authority of India et les partenariats public-privé, et plus de 9 Mds EUR de capex sont attendus sur les 4 à 5 prochaines années pour les projets greenfield, les extensions brownfield et la modernisation des aéroports publics.
Le marché est tiré par la congestion des grands hubs, l’ouverture de nouveaux aéroports comme Navi Mumbai et Noida/Jewar, le programme régional UDAN, ainsi que la digitalisation des parcours passagers avec Digi Yatra. Les opérateurs privés, notamment Adani Airports et GMR Airports, renforcent leur rôle dans un modèle intégré combinant exploitation, cargo, retail, immobilier aéroportuaire, mobilité et services digitaux.
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités pour l’offre française se concentrent sur les segments où les décideurs indiens recherchent une expertise différenciante plutôt qu’une simple capacité EPC. Les projets greenfield et brownfield, notamment Navi Mumbai, Noida/Jewar, Bhogapuram, Dholera, Parandur/Chennai et les extensions de grands hubs, créent des besoins en ingénierie, systèmes bagages, sûreté, équipements airside, gestion des flux et solutions digitales. Le déploiement de Digi Yatra ouvre aussi des perspectives dans la biométrie, l’identité numérique, la cybersécurité et l’automatisation du parcours passager. La transition vers des aéroports plus durables crée des besoins en efficacité énergétique, gestion de l’eau, traitement des déchets, monitoring carbone et préparation au SAF. Enfin, la croissance du cargo, de la cold chain pharma et de la MRO offre des débouchés pour les entreprises françaises spécialisées en infrastructures techniques, équipements, logiciels et formation.
Source : Ministry of Civil Aviation ; CBRE ; India Infrastructure Series ; Digi Yatra / AAI / MoCA ; PIB
(09/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les donneurs d’ordre indiens attendent des solutions associant performance opérationnelle, maîtrise des coûts, amélioration de l’expérience passager et réduction de l’empreinte environnementale. Les besoins portent sur l’intégration de systèmes complets : biométrie, gestion des flux, bagages, sûreté, airside operations, maintenance, énergie et exploitation des données. Les expertises les plus recherchées concernent les parcours passagers fluides, l’automatisation, la cybersécurité, l’efficacité énergétique, la gestion de l’eau, le monitoring carbone et la résilience climatique. Les solutions doivent être robustes, interopérables, maintenables localement et capables de démontrer un retour sur investissement rapide.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
L’Inde s’aligne progressivement sur les standards environnementaux de l’OACI, notamment via CORSIA, applicable aux émissions des vols internationaux. Le pays a aussi fixé une trajectoire SAF avec des objectifs de mélange de 1 % en 2027, 2 % en 2028 et 5 % en 2030, d’abord pour les vols internationaux au départ de l’Inde. Le Ministry of Civil Aviation, avec l’OACI et le soutien de l’Union européenne, a publié une étude de faisabilité SAF évaluant les matières premières, les voies de production et les besoins d’infrastructure. Les aéroports sont par ailleurs encouragés à réduire leur empreinte carbone via efficacité énergétique, énergies renouvelables, gestion de l’eau, réduction des déchets et certifications carbone.
Labels et certifications
En Inde, les principaux référentiels applicables au secteur aéroportuaire sont l’Airport Carbon Accreditation (ACI) et la norme ISO 14 064 pour la mesure et la réduction des émissions. CORSIA deviendra obligatoire pour les opérateurs indiens sur les vols internationaux à partir de 2027. Pour le carburant d’aviation durable, l’Inde vise une incorporation de 1 % en 2027, 2 % en 2028 et 5 % en 2030, avec une certification selon le référentiel ISCC CORSIA. Les projets aéroportuaires valorisent également les certifications portant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau et des déchets ainsi que la construction durable.
Source : PIB ; Ministry of Civil Aviation; Airports Authority of India ; Adani Airport Holdings Limited
(09/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’approche commerciale doit cibler les opérateurs privés, les grands EPC et les autorités publiques selon le type d’offre. Les interlocuteurs prioritaires sont Adani Airports, GMR Airports, AAI, BIAL, Noida International Airport/YIAPL, ainsi que L&T, Tata Projects et les intégrateurs locaux. Les entreprises françaises doivent privilégier une approche par cas d’usage : réduction des files, optimisation des flux, sûreté, économies d’énergie, conformité DGCA/BCAS et baisse des coûts d’exploitation. Un partenaire local est souvent nécessaire pour l’installation, la maintenance, les appels d’offres et le service après-vente. Les offres les plus crédibles combinent technologie, adaptation au marché indien, formation et support local.
La réglementation spécifique
L’Inde autorise 100 % d’IDE dans les projets aéroportuaires greenfield par voie automatique. Pour les projets brownfield, l’IDE est généralement autorisé jusqu’à 74 % par voie automatique, puis au-delà sur approbation gouvernementale. Les projets sont encadrés par le Ministry of Civil Aviation, la DGCA pour la sécurité aérienne, le BCAS pour la sûreté et l’AERA pour la régulation tarifaire des grands aéroports. Les entreprises étrangères doivent anticiper des exigences fortes de préqualification, conformité BCAS/DGCA, cybersécurité, protection des données et support local. Un partenaire indien est souvent recommandé pour appels d’offres, installation, maintenance et SAV.
Niveau de taxation
La plupart des équipements et services techniques sont soumis à une GST de 18 %, selon leur classification HSN. À l’importation s’ajoutent le droit de douane de base, la surcharge sociale et l’IGST, dont les taux varient selon le code douanier, l’origine et l’usage de l’équipement. Le régime est plus favorable pour la maintenance aéronautique : GST de 5 % sur les services MRO et IGST uniforme de 5 % sur les pièces d’aéronefs et de moteurs, composants, équipements de test, outils et kits d’outillage, sous conditions. Le délai de réexportation des biens importés pour réparation est porté à un an, et celui de réimportation après réparation sous garantie à cinq ans. L’ATF reste exclu de la GST et soumis à la fiscalité des États. Niveau global : modéré à élevé.
Source : Ministry of Civil Aviation ; IBEF, Indian Aviation Industry ; Noida International Airport ; ICRA ; Indian Airport Infrastructure ; Adani Airport Holdings Limited
(09/08/2026)