Les fondamentaux
L'Australie figure parmi les plus grands pays miniers du monde et ses ressources naturelles abondantes structurent son profil d'exportation. Le pays est le premier producteur mondial de minerai de fer, de bauxite et de lithium, et se classe deuxième pour le charbon et l'or. Les ressources minières et énergétiques représentent environ deux tiers des exportations de marchandises et près de 13 % du PIB.
Le potentiel reste considérable, puisque près de 80 % du territoire demeure sous-exploré. En 2024, le pays recense 517 projets miniers et, début 2026, plus de 600 projets d'exploration portent sur les métaux critiques, dont 79 sont prêts pour l'investissement. L'activité se concentre en Australie-Occidentale, qui regroupe environ un tiers des mines en exploitation, devant le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud.
Les négociations de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Australie ont été conclues le 24 mars 2026. L'accord prévoit la suppression des droits de douane européens sur les minéraux critiques, le lithium et l'hydrogène australiens. Une fois en vigueur, il facilitera les échanges et l'investissement entre les deux partenaires.
Opportunités pour l'offre française
L'Australie cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, tout en "verdissant" son exploitation minière pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. La France peut y apporter une expertise reconnue : procédés à plus faible impact, électrification des process, énergies renouvelables sur site, captage et stockage du carbone, hydrométallurgie, recyclage et économie circulaire.
Les opportunités existent sur toute la chaîne de valeur, de l'exploration et de l'extraction jusqu'à la transformation, au raffinage et au recyclage. L'Australie soutient cette montée en gamme par plusieurs outils publics : le plan Future Made in Australia, l'extension de la Critical Minerals Facility, un crédit d'impôt à la production des minéraux critiques à partir de 2027 et une réserve stratégique.
La conclusion de l'accord de libre-échange UE-Australie renforce ces perspectives. La suppression des droits de douane entre UE et Australie stimulera flux commerciaux et l'investissement entre les deux marchés.
Source : Department of Industry, Science and Resources (industry.gov.au) ; DFAT (dfat.gov.au) (19/05/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L'industrie minière australienne est un précurseur dans l'adoption des technologies mobiles et portables. Les investisseurs se montrent de plus en plus exigeants en matière de transparence, de respect de l'environnement et de gestion des risques. L'électrification des mines est considérée comme l'une des transformations les plus urgentes, car elle permet l'automatisation de précision et la numérisation des opérations, réduit la dépendance aux énergies fossiles, tout en améliorant les performances environnementales et sanitaires. Les entreprises privilégient désormais les investissements stratégiques plutôt qu'une simple expansion, afin d'optimiser leur production et de valoriser leur performance environnementale.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
L'environnement minier est encadré au niveau fédéral et au niveau des États. Les principaux textes fédéraux sont la loi EPBC de 1999 sur la protection de l'environnement et de la biodiversité, la loi NGER de 2007 sur la déclaration des émissions et de l'énergie, le mécanisme de sauvegarde (Safeguard Mechanism) pour les installations très émettrices, et la loi Native Title de 1993 sur l'accès aux terres avec les propriétaires traditionnels. Depuis 2025, le reporting de durabilité devient obligatoire pour les grandes sociétés, avec les normes ASRS et les normes IFRS S1 et S2. Chaque État applique en complément ses propres règles sur le bruit, les émissions et les déchets.
Labels et certifications
Le gouvernement fédéral travaille avec les États à un système national de certification éthique des minéraux critiques. Le Future Battery Industries Cooperative Research Centre (FBICRC) développe des outils de traçabilité de la chaîne d'approvisionnement des batteries. Du côté européen, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) impose désormais aux importateurs de tenir compte des émissions liées à la production de certains matériaux. La vérification de l'origine responsable devient un critère important pour les acheteurs européens.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L'Australie est un marché très ouvert à l'international, avec des droits de douane faibles, de 0 à 5 %. Le niveau de réglementation est élevé sur la sécurité, la santé et les conditions de travail. Plusieurs structures permettent de s'implanter selon les besoins juridiques et fiscaux : entreprise individuelle, société, trust, partenariat ou représentant. Les autorités développent une politique industrielle visant à structurer les filières autour des minéraux critiques, ce qui ouvre des occasions de partenariat. L'accord UE-Australie réduira encore les droits de douane une fois en vigueur.
La réglementation spécifique
Les sociétés minières versent des redevances aux gouvernements des États pour l'extraction des ressources. La taxe sur la rente des ressources pétrolières (PRRT), de 40 %, s'applique aux projets pétroliers et gaziers, y compris l'extraction de gaz en mer, sur les bénéfices après déduction des dépenses éligibles. Selon l'administration fiscale (ATO), l'industrie minière est le premier contributeur du pays à l'impôt sur les sociétés. Les sociétés minières représentent plus de la moitié des vingt premiers contribuables australiens, Rio Tinto, BHP et Glencore occupant les trois premières places.
Niveau de taxation
Les sociétés minières sont soumises au taux normal de l'impôt sur les sociétés, soit 30 % du revenu imposable. Le taux et le calcul des redevances varient selon l'État et la ressource. En Australie-Occidentale, la redevance est d'environ 7,5 % pour le minerai de fer et de 2,5 % pour l'or. Au Queensland, la redevance sur le charbon suit des taux progressifs selon le prix, et celle sur le pétrole est d'environ 10 %. La PRRT de 40 % s'applique en plus aux projets pétroliers et gaziers, sur les bénéfices après déduction des dépenses éligibles.
Source : ato.gov.au ; industry.gov.au ; minerals.org.au (19/05/2026)