Les fondamentaux
Le sous-sol algérien figure parmi les plus riches d’Afrique du Nord, avec d’importants gisements stratégiques. Le pays dispose de plus de 2,8 milliards de tonnes de phosphate (Djebel Onk) et de 800 millions de tonnes à Bled El Hadba, certaines estimations évoquent jusqu’à 1,2 milliard de tonnes , faisant de l’Algérie le 3ᵉ détenteur mondial de réserves. En matière de fer, le gisement de Gara Djebilet représente près de 2 milliards de tonnes de minerai à 58,5 % de teneur, avec un potentiel de production de 40 à 50 millions de tonnes par an à l’horizon 2026.
À l’échelle nationale, le secteur intègre également des ressources diversifiées : manganèse à Guettara (2,97 millions de tonnes), zinc et plomb à Oued Amizour – Tala Hamza (34 millions de tonnes), baryte, bentonite, carbonate de calcium, ainsi que des indices d’or, cuivre, lithium et terres rares. L’exploitation industrielle de ces ressources est pilotée par des opérateurs publics majeurs tels que MANAL, ASMIDAL et Sonatrach, souvent en partenariat avec des groupes étrangers.
Les infrastructures associées se modernisent : de nouvelles lignes ferroviaires, comme celle reliant Djebel Onk au port d’Annaba (capacité de plus de 23 millions de tonnes/an), visent à fluidifier la chaîne logistique minière. L’État favorise les investissements grâce à un cadre réglementaire révisé en 2025, autorisant jusqu’à 80 % de participation étrangère dans les projets miniers et simplifiant les procédures administratives.
Chiffres clés du secteur
~ 3–4 Mt/an50M/T-2030
Production de fer 2024
170 000 t/an ZINC
Production Zinc (Démarrage industriel prévu 2026)
30 000 t/anPlomb
Production Plomb (Démarrage industriel prévu 2026)
2 millions/T10M/T-2027
Production de phosphate 2024
272 000 t/an 2022-2024
Production de baryte
Opportunités pour l'offre française
L’Algérie accélère la valorisation de ses ressources minières, soutenue depuis juin 2025 par un cadre juridique assoupli autorisant jusqu’à 80 % de participation étrangère. Parmi les projets structurants, le complexe intégré de phosphate de Bled El Hadba, lancé fin 2024 classé parmi les plus importants au monde (2,2 Mds t de réserves), vise d’ici 2027 une production de 6 Mt/an d’engrais et 10 Mt/an de phosphate brut, appuyée par un raccordement ferroviaire opérationnel depuis septembre 2024.
Dans le secteur du fer, le gisement de fer de Gara Djebilet, en phase pilote (2-3 Mt/an), prévoit d’atteindre 50 Mt/an dès 2026 après l’achèvement de la ligne ferroviaire de 950 km vers Béchar. Le projet de zinc et plomb d’Oued Amizour (Tala Hamza) doit démarrer en 2026 avec 170 000 t/an de concentré de zinc et 26 000 t/an de plomb.
En parallèle, une unité de production de carbonate de calcium à Bounouara (Constantine) est en cours de finalisation pour une mise en service en 2025. La filière baryte poursuit ses études sur les gisements de Draïssa et Guelb-en-Nhas, tandis que des travaux de relance visent les anciens sites aurifères du Hoggar (Tirek, Amesmessa, In Abegui).

Source :
ONS, Manal, APS, El Moudjahid, ministère de l’Industrie et des Mines (28/05/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Algérie, le secteur minier attend de ses partenaires étrangers un apport significatif en innovation et en expertise technique.
Les priorités portent sur l’automatisation des opérations, la transformation sur site des minerais, la réduction de l’impact environnemental et un service après-vente rapide.
Le développement de procédés de transformation locale des minerais est également central, afin de créer plus de valeur ajoutée sur place. Les solutions respectueuses de l’environnement, notamment la réduction de l’empreinte carbone, le traitement des eaux usées et la gestion optimisée des déchets miniers, sont de plus en plus exigées.
Le transfert de compétences, un SAV réactif et l’usage d’outils numériques innovants (IA, jumeaux numériques, data) renforcent la crédibilité et offrent un avantage décisif pour décrocher les projets stratégiques.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
L’Algérie a adopté une nouvelle loi minière (loi n° 25-12 du 3 août 2025) qui renforce fortement les exigences environnementales dans le secteur. Désormais, toute entreprise souhaitant exploiter un gisement doit obligatoirement réaliser une étude d’impact environnemental avant de démarrer les travaux. Cette étude doit identifier les risques pour l’environnement et proposer des mesures de prévention.
La loi impose également la mise en place de plans de réhabilitation pour restaurer les sites après leur exploitation. Ces plans, financés et exécutés par l’opérateur minier, visent à limiter l’empreinte écologique des activités.
Un permis unique, valable jusqu’à 30 ans, couvre désormais à la fois l’exploration et l’exploitation, mais il ne peut être accordé qu’aux projets respectant strictement les normes environnementales.
Labels et certifications
En Algérie, les labels et certifications sont désormais un atout stratégique, surtout depuis le durcissement des règles environnementales en 2025.
Les plus recherchés sont : ISO 14001 (environnement), ISO 9001 (qualité), ISO 45001 (santé et sécurité), ainsi que le marquage CE pour les équipements. Les labels RSE et développement durable renforcent également la crédibilité, notamment auprès des bailleurs internationaux.
Dans les appels d’offres publics, en particulier ceux de MANAL, Sonatrach ou Feraal, disposer de ces certifications augmente nettement les chances de remporter un projet, car elles prouvent le respect des normes et la fiabilité des fournisseurs.

Source : APS (Agence Presse Service), (12/08/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Depuis juin 2025, l’Algérie autorise jusqu’à 80 % de participation étrangère dans les projets miniers (État: 20 %), avec un permis unique valable jusqu’à 30 ans pour exploration et extraction. La règle du 51/49 ne s’applique plus aux secteurs non stratégiques.
Les entreprises étrangères peuvent s’implanter via :
Distributeurs locaux : importation, SAV en monnaie nationale, proximité client.
Représentants commissionnés : ventes directes sans structure juridique locale.
Filiales ou succursales (SARL, SPA) : pour un ancrage durable, avec capital étranger jusqu’à 80 %.
Pour les grands projets, un partenariat avec Manal, Sonatrach ou Feraal facilite l’accès aux concessions et aux décideurs. La réussite passe par une présence locale forte, un SAV réactif et des technologies innovantes et durables.
La réglementation spécifique
Depuis août 2025, la nouvelle loi minière (n° 25-12) autorise jusqu’à 80 % de participation étrangère dans les projets, l’État conservant au moins 20 %. Elle instaure un permis unique valable 30 ans pour exploration et exploitation.
Les équipements miniers spécifiques restent exonérés de TVA et de droits de douane (décret n° 06-257).
En matière d’achats publics, le Code des marchés publics 2023 (loi n° 23-12) s’applique. Les entreprises publiques minières (MANAL, ENOF, SOMIPHOS…) passent la majorité de leurs contrats via appel d’offres, avec une marge de préférence nationale de 25 % accordée aux produits fabriqués en Algérie ou aux entreprises de droit algérien majoritairement détenues par des capitaux nationaux.
Niveau de taxation
Les avantages fiscaux pour le secteur minier en Algérie restent les mêmes que ceux prévus par le décret exécutif n° 06-257 du 30 juillet 2006.
Concrètement :
1) Les équipements spécifiques utilisés directement pour la prospection, l’exploration ou l’exploitation minière sont exonérés de TVA.
2) Les biens d’équipement, matériaux et produits destinés à ces mêmes activités sont également exonérés de droits de douane, taxes et redevances.
3) Pour bénéficier de ces avantages, l’entreprise doit détenir un titre minier valide (autorisation officielle de prospection, d’exploration ou d’exploitation) et fournir une attestation de franchise TVA.
En résumé, si le matériel importé est destiné directement aux opérations minières et que les justificatifs sont en règle, il peut entrer en Algérie sans TVA ni droits de douane.
Source : APS, Manal, ministère de l’Industrie et des Mines (13/07/2025)