Les fondamentaux
L’Arabie saoudite comptait 35,3 M d’habitants en 2024 selon l’autorité générale des statistiques (GASTAT). Cette croissance démographique, associée à l’urbanisation rapide et à l’industrialisation, accroît fortement les besoins en infrastructures et services liés à l’eau.
Parmi les pays les plus touchés par le stress hydrique, le Royaume dépend largement de ressources non conventionnelles. Selon la Stratégie nationale de l’eau, la demande reste élevée, l’agriculture représentant la majeure partie de la consommation d’eau, devant les usages municipaux et industriels.
Le dessalement constitue aujourd’hui la principale source d’approvisionnement. Premier producteur mondial d’eau dessalée, l’Arabie saoudite dispose d’une capacité supérieure à 16 M de m³ par jour, couvrant plus de 80 % des zones habitées. Dans le cadre de la Vision 2030, le pays vise à réduire sa dépendance aux ressources souterraines non renouvelables en développant davantage le dessalement et la réutilisation des eaux usées traitées.
En parallèle, les enjeux environnementaux restent majeurs. En 2024, le volume total des déchets générés a atteint 135,1 M de tonnes, principalement issus de l’agriculture (46,9 Mt), de la construction (32,2 Mt), des ménages (20,5 Mt) et de l’industrie manufacturière (18,3 Mt). Les déchets municipaux solides représentent à eux seuls 26 M de tonnes par an, soit environ 2,02 kg par habitant et par jour.
La qualité de l’air demeure également un défi : selon IQAir, la concentration moyenne annuelle de PM 2,5 s’établissait à 25,1 μg/m³ en 2024, soit plus de cinq fois la valeur guide recommandée par l’OMS.
Opportunités pour l'offre française
La transformation du secteur de l’eau en Arabie saoudite génère de nombreuses opportunités dans le dessalement (membranes, prétraitement, efficacité énergétique), le traitement et la réutilisation des eaux usées, la valorisation des saumures et la digitalisation des infrastructures hydriques. Les investissements des opérateurs publics dans les compteurs intelligents, la détection des fuites, l’intelligence artificielle appliquée aux réseaux, la gestion des actifs, la maintenance prédictive, l’instrumentation, l’automatisation, le monitoring, la cybersécurité et la décarbonation favorisent l’émergence de projets à forte valeur ajoutée sur l’ensemble de la chaîne de l’eau.
La transformation du secteur des déchets en Arabie saoudite ouvre d'importantes opportunités dans le recyclage, la valorisation énergétique, le traitement des déchets industriels, dangereux et médicaux, ainsi que dans les solutions numériques de gestion des déchets. Portée par la Vision 2030, MWAN et SIRC, cette transition s'appuie sur plus de 500 opportunités d'investissement et le développement de près de 900 infrastructures à travers le Royaume.

Source : Saudi Investment Recycling Company (SIRC), SWA, Saudi National Water Strategy 2030, MWAN. (30/12/2025)
Responsabilité sociétale
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
La réglementation saoudienne autorise les entreprises étrangères à vendre directement à des clients publics et privés en Arabie saoudite. Toutefois, dans de nombreux secteurs, le recours à un distributeur, un partenaire local ou la création d'une présence commerciale locale demeure un levier important pour accéder au marché, développer les relations commerciales et répondre aux exigences de certains appels d'offres.
Les investisseurs étrangers peuvent détenir jusqu'à 100 % du capital dans la plupart des secteurs ouverts, sous réserve de l'obtention d'une licence du MISA. Ils peuvent opérer via différentes structures, notamment des filiales, succursales, bureaux techniques ou sièges régionaux (RHQ).
La réglementation spécifique
Depuis le 1er janvier 2024, les multinationales souhaitant accéder aux marchés publics saoudiens doivent en principe disposer d’un siège régional (RHQ) en Arabie saoudite, sous réserve de certaines exemptions autorisant la participation d’entreprises non établies localement à des appels d’offres spécifiques.
L'impôt sur les sociétés (Corporate Income Tax) est fixé à 20 % sur les bénéfices imposables attribuables aux actionnaires étrangers. Les actionnaires saoudiens et ressortissants des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sont soumis à la zakat. Dans les sociétés à actionnariat mixte, l'impôt sur les sociétés et la zakat s'appliquent respectivement aux parts détenues par les investisseurs étrangers et les investisseurs saoudiens/CCG.
Niveau de taxation
La TVA est entrée en vigueur le 1er janvier 2018 avec un taux initial de 5 %. Depuis le 1er juillet 2020, le taux standard applicable est de 15 %.
Le modèle dominant pour les nouveaux projets de dessalement est désormais celui des Independent Water Projects (IWP), dans lequel des consortiums privés financent, construisent, possèdent et exploitent les installations dans le cadre de contrats d'achat d'eau à long terme conclus avec Sharakat, principal acheteur de l'eau produite.
Les projets de dessalement développés sont majoritairement structurés sous forme BOO (Build, Own, Operate). Toutefois, certains projets de transport d'eau, de traitement des eaux usées ou de dessalement peuvent encore être développés selon différentes structures contractuelles (BOO, BOT ou PPP), selon les besoins du projet et de l'autorité contractante.
Source : Ministry of Investment (MISA), Saline Water Authority, Sharakat, Presse locale (30/12/2025)