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Découvrez l’édition 2027 du guide « Où Exporter » Agro, coproduit par Business France et le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-Alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.

2025 restera comme l’année où la politique commerciale est redevenue le premier facteur d’incertitude pour les exportateurs agricoles et agroalimentaires. Droits de douane américains, représailles chinoises, boycott de produits américains au Canada, enquêtes anti-dumping, aléas climatiques : les flux mondiaux se sont réorientés plus vite que prévu. Pour les entreprises françaises, la question « où exporter ? » n’a jamais été aussi stratégique.
Un commerce mondial qui résiste, mais qui se recentre
Malgré le choc tarifaire d’avril 2025, les échanges agricoles et agroalimentaires mondiaux ont progressé de 2,7 % pour atteindre 2 042 Mds EUR. Mais cette croissance masque une divergence inédite. Les exportations américaines (-6,9 %), canadiennes (-5,3 %) et chinoises (-3,2 %) ont reculé, tandis que celles de l’Union européenne ont progressé près de quatre fois plus vite que celles du reste du monde (+5,6 % contre +1,4 %). Avec 791 Mds EUR, l’UE pèse désormais 39 % du marché mondial.
Cette performance a un revers : 70 % des exportations européennes restent dans l’UE, contre 65 % en 2020. Les ventes vers les pays tiers n’ont progressé que de 2 %, pénalisées par le repli des flux vers les États-Unis (-5 %) et la Chine (-33 % depuis 2020). Dans le même temps, du côté de l’offre, le climat a continué de brouiller les cartes, des incendies californiens à la canicule historique en Espagne.
France : le basculement
Les exportations françaises progressent de 3 % et dépassent leur niveau de 2022 (83,6 Mds EUR) et l’Europe en absorbe désormais 73 %, contre environ 67 % depuis 2015. Mais 2025 marque aussi un tournant historique : portées par la flambée du cacao et du café, les importations ont bondi de 8 %, et la balance agricole et agroalimentaire tricolore est devenue déficitaire d’environ 1 Md EUR, une première depuis 1978.
Les grands marchés lointains ont pesé dans ce résultat. Les États-Unis (-14 % en 2025) et la Chine (-27 %) deviennent les 7e et 9e clients de la France, et l’Algérie s’effondre (-83 %). Les boissons alcoolisées, qui représentent encore près de 22 % de nos exportations sectorielles, concentrent l’essentiel du recul : 15,5 Mds EUR (-8 %), avec des vins en baisse pour la 3e année consécutive (-4 %) et des spiritueux en chute de 17 %.
À l’inverse, les produits alimentaires font figure de moteur (54 Mds EUR, +4 %), portés par les produits laitiers, dont les exportations atteignent un record en valeur (9,5 Mds EUR), et par la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie. Les équipements agricoles et agroalimentaires renouent également avec la croissance (28 Mds EUR, +4 %), et les solutions pour l’élevage progressent de 13 % (8,2 Mds EUR).
Quels relais de croissance pour 2027 ?
- L’Europe, plus large que l’UE. La proximité redevient un atout : la Suisse (+7 %), la Norvège (+8 %), la Turquie (+19 %) et l’Ukraine (+18 %) ont été parmi les marchés extra-UE les plus dynamiques pour les exportateurs européens en 2025. Au sein de l’UE, l’Espagne, l’Italie ou encore la Pologne font figure de relais de croissance significatifs pour la France depuis 2020.
- Le Proche et Moyen-Orient. Zone qui se distingue par la plus forte progression des exportations françaises en 2025 (+10 %, +48 % depuis 2020), avec l’Arabie saoudite (+34 %) en tête. Les Émirats arabes unis, qui importent 85 % de leurs besoins alimentaires, se distinguent également.
- Les marchés couverts par un accord de libre-échange. Le bilan est contrasté, mais le Canada, la Corée du Sud et le Mexique progressent nettement plus vite que la moyenne hors UE, tandis que le Japon et Singapour sous-performent. Au Canada, le retrait des alcools américains des rayons des monopoles a notamment ouvert un espace aux vins et spiritueux français.
- L’Afrique. Le Maroc (+20 %) et l’Afrique subsaharienne (+4 %) offrent des perspectives, à condition de les aborder avec méthode : l’Afrique du Nord, dans son ensemble, recule de 12 % à cause du marché algérien.
Nouvelles attentes, nouveaux segments
La consommation d’alcool recule : plus des deux tiers des Européens déclarent en boire moins. Un marché mondial des boissons sans alcool en croissance de 51 % depuis 2020, où la France n’est que 10e exportateur, constitue un champ d’opportunités (boissons fonctionnelles, fermentées, low-sugar). Côté vins, la demande reste dynamique pour les blancs vifs et les mousseux. Du côté des spiritueux, les liqueurs et les formats prêts à boire résistent mieux. Dans l’élevage, les épizooties de 2025 (PPA, dermatose nodulaire, influenza aviaire) font monter la demande en biosécurité et en automatisation, un domaine où l’offre française a des atouts.
Côté assiette, la demande se porte sur des produits pratiques, aux compositions courtes et plus transparents sur leur origine. La boulangerie-viennoiserie-pâtisserie en est l’illustration : 3e exportateur mondial, la France y progresse de 87 % depuis 2020 (contre +69 % pour le marché mondial), portée par le snacking et la consommation nomade. L’épicerie, les produits laitiers et les alternatives végétales suivent la même logique, entre clean label, moins de sucre et de sel, protéines et fibres. Du côté des viandes, le recentrage européen (+13 %) compense le repli hors UE (-10 %), freiné par les épizooties.
Ce que dit le guide aux exportateurs
La proximité européenne est un actif stratégique, mais elle ne saurait tenir lieu de stratégie à elle seule. Dans un monde de droits de douane et de volatilité, la diversification devient une condition de résilience : adapter son positionnement à chaque marché, intégrer les effets des tarifs dans sa politique de prix, segmenter son offre et s’inscrire dans la durée.
Le guide « Où Exporter Agro 2027 » vous donne les repères chiffrés pour arbitrer : synthèse mondiale, européenne et française, 18 fiches thématiques et 40 fiches pays pour faire le tour des marchés à prospecter et optimiser sa réussite.