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La France demeure un acteur important des échanges internationaux de fruits et légumes, malgré une balance commerciale durablement déficitaire et une forte dépendance aux marchés européens voisins. Les fruits restent le principal moteur de la valeur exportée, portés par des productions compétitives, tandis que les légumes évoluent dans un environnement plus contraint, marqué par une concurrence intra-européenne intense. En 2025, les trajectoires des deux filières divergent, les exportations de fruits progressent, alors que celles des légumes enregistrent un léger recul.

1. Une filière tournée vers l’export mais structurellement déficitaire

Les données 2025 mettent en évidence une filière exportatrice mais durablement déficitaire. Les exportations françaises de fruits atteignent 1,83 Md EUR, en hausse de 37 % depuis 2020 et de 9 % sur un an, pour un volume de 992 981 T (+5 % par rapport à 2024). Les exportations de légumes s'élèvent à 1,49 Md EUR, soit +36 % depuis 2020, mais accusent un repli de 5 % en 2025. Dans le même temps, la balance commerciale française reste négative à hauteur de -4,66 Md EUR pour les fruits et de -1,69 Md EUR pour les légumes. Cette situation reflète notamment la dépendance aux importations de bananes, d'agrumes et de fruits tropicaux, mais aussi la pression concurrentielle sur les productions européennes de contre-saison.

17 300 exploitations fruitières (recensement 2020) produisent un peu plus de 2,5 millions de tonnes, ce qui positionne la France au 5ᵉ rang européen, mais avec une tendance baissière sur deux décennies. La valeur générée au stade de la production de fruits et légumes atteint 9 Mds EUR (2024). En aval, la distribution pèse environ 20 Mds EUR de chiffre d’affaires pour les seuls fruits et légumes frais, témoignant d’un marché intérieur puissant qui absorbe une large part de la production nationale et explique la tension permanente entre débouchés domestiques et objectifs d’export.

2. Les fruits moteur des exportations à dominante européenne

Les fruits constituent le principal poste exportateur de la filière, avec 1,83 Md EUR exportés en 2025. La France n'occupe que le 24e rang mondial des exportateurs de fruits, ce qui traduit un positionnement davantage européen que mondial. La hausse annuelle des exportations, de 9 % en valeur et de 5 % en volume, montre néanmoins une capacité de rebond après les difficultés climatiques récentes. Elle ne suffit pas à compenser un déficit commercial de -4,66 Md EUR, largement lié aux importations de produits peu ou pas cultivés en France, notamment les bananes, les agrumes et les fruits tropicaux.

La géographie des exportations de fruits confirme la centralité du marché européen, même si les marchés lointains restent des débouchés intéressants pour nos pommes. En 2025, la Suisse et les Pays-Bas constituent les deux premiers clients de la France, avec chacun 14 % des exportations en valeur, devant l'Allemagne (13 %). Les Pays-Bas se distinguent par leur dynamisme et leur rôle de plateforme de réexportation : ils représentent 254 M EUR d'achats et affichent une progression de 32 % sur un an. L'Espagne, à la fois concurrente et partenaire commercial, constitue également un débouché important avec 235 M EUR d'importations de fruits français et une hausse de 20 % en 2025. Cette proximité logistique est un avantage pour les produits périssables, mais elle impose aux exportateurs français de se différencier par la qualité, les variétés, l'origine et la traçabilité.

3. Légumes, flux croisés et enjeux de compétitivité en 2025

Pour les légumes, les données consolidées de 2025 confirment un commerce extérieur marqué par la concurrence européenne et des flux croisés d'importation, de réexportation et d'expédition. Les exportations françaises atteignent 1,49 Md EUR, ce qui place la France au 9e rang mondial. Elles progressent de 36 % par rapport à 2020, mais reculent de 5 % sur un an, tandis que le déficit commercial s'établit à 1,69 Md EUR. L'Allemagne est le premier client avec 23 % des exportations françaises en valeur, devant les Pays-Bas et l'Espagne, qui représentent chacun 11 %. Les réexportations restent importantes dans l'organisation des flux via les marchés de gros et les plateformes logistiques.

Les résultats de 2025 illustrent deux trajectoires distinctes. Les fruits bénéficient d'un rebond des exportations et d'opportunités sur certains marchés européens et lointains, tandis que les légumes subissent davantage la pression des concurrents espagnols, italiens et néerlandais. Dans ce contexte, les marchés du Nord et du Sud de l'Europe offrent des perspectives ciblées pour les légumes : le Danemark enregistre une hausse de 83 % des achats de légumes français en 2025, le Portugal progresse de 40 % et la Suède de 7 %.

Pour les deux filières, la compétitivité repose sur la maîtrise de la logistique et de la chaîne du froid, la valorisation de l'origine France, les certifications, les labels, ainsi que le développement d'une prospection B2B et de partenariats commerciaux adaptés aux marchés de proximité.

Source : Business France d'après sources diverses (France Agrimer, Agreste, GTA)