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Interview de Louis Margueritte, directeur général de Business France

Le Programme France Export 2027 : les bonnes opportunités pour les bonnes entreprises, au bon moment

Comment trouver de nouveaux clients à l'international dans un environnement toujours plus concurrentiel ? Pour Louis Margueritte, directeur général de Business France, la réponse passe par « les bonnes opportunités pour les bonnes entreprises, au bon moment ». Avec plus de 460 rendez-vous internationaux répartis sur 15 zones géographiques, le Programme France Export 2027 entend offrir aux entreprises françaises un parcours concret pour transformer leurs ambitions export en résultats. Cette ambition s'appuie sur l'un des principaux atouts de Business France : un réseau de près de 700 experts présents dans 55 pays, qui identifient au quotidien les évolutions des marchés, les projets d'investissement et les besoins des donneurs d'ordre internationaux afin de mieux orienter les entreprises françaises. 

Accéder au Programme France Export 2027 

La programmation export de Business France pour 2027 vient de sortir : quelle ambition porte-t-elle ? 

Cette programmation 2027 traduit une conviction forte : dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle et incertaine, le salut ne vient pas de l’immobilisme ni du repli, mais d’une plus grande diversification, d’une meilleure anticipation et d’une meilleure information. Je suis convaincu que les entreprises françaises peuvent accéder rapidement à des relais de croissance à l’international si elles se font accompagner de façon ciblée. C’est ce que cette programmation propose : les bonnes opportunités aux bonnes entreprises, au bon moment. 

Concrètement, comment se traduit cette vision dans vos opérations ? 

Le Programme France Export (PFE) 2027 a été pensé pour offrir aux entreprises des parcours adaptés à leurs niveaux de maturité et leurs ambitions : à une entreprise qui débute, nous proposons des missions de découverte, des rencontres d’acheteurs ciblés selon les besoins ou une présence collective sur un salon pour tester son offre et trouver des interlocuteurs qualifiés. À des entreprises plus aguerries à l’export, nous suggérons des programmes d’accélération plus intensifs qui permettent d’ouvrir de nouveaux marchés. Au total, la programmation regroupe plus de 460 rendez-vous internationaux répartis sur 15 zones géographiques et intégrant une diversité de formats : plus qu’une logique de catalogue, c’est une logique de parcours que nous développons.  

La priorité, c’est d’ouvrir de nouveaux marchés ? 

Il y a une double exigence : la diversification et la consolidation. D’un côté, je suis convaincu que les entreprises qui réussiront demain seront celles qui sauront anticiper les transformations du commerce international et diversifier leurs débouchés ; c’est dans cet esprit que la programmation 2027 adresse des marchés de conquête à fort potentiel sur plusieurs continents (Asie-Océanie, Amérique Latine, Afrique, Balkans, Proche et Moyen-Orient,). Mais d’un autre côté, le commerce international exige de la constance et du suivi : mieux vaut sélectionner un nombre limité de marchés et y conduire une démarche structurée que multiplier les initiatives sans continuité. Au-delà des opportunités nouvelles au grand export, il y a donc des efforts de renforcement à mener sur notre premier marché « naturel » qu’est l’Europe, ou de sécurisation sur les marchés historiques majeurs que sont les États-Unis et la Chine. 

L’Europe n’est-elle pas devenue un marché de « reconquête » ? 

Effectivement l’Europe est devenue hautement concurrentielle, avec des positions à reconquérir et à défendre dans plusieurs secteurs, comme l’agroalimentaire par exemple – raison pour laquelle nous lançons deux programmes Booster, dans le domaine de l’alimentation et des vins, et dans la filière des équipements de viti-viniculture. Et puis, il y a un travail à mener pour s’insérer dans les nouvelles chaines de valeur industrielles et technologiques que sont la défense, la santé, l’IA et la cybersécurité (pour ne citer qu’elles) : des opérations comme le French Healthcare Europe, le Booster Défense Europe ou le Booster Industrie Europe visent précisément à accélérer les opportunités dans ces filières. Je n’oublie pas non plus les enjeux liés à la décarbonation, à la mobilité et à la transition énergétique qui offrent toujours autant de débouchés aux savoir-faire français en Europe et qui restent des domaines d’expertise prioritaires : nous serons notamment présents en marge du salon WindEurope sur l’éolien. L’Europe n’est pas seulement un voisinage, c’est notre premier marché. Notre responsabilité est d’aider davantage d’entreprises françaises à transformer ce potentiel en contrats, en exportations et en croissance 

Les secteurs que vous évoquez sont ceux du plan France 2030 : y a-t-il une priorité accordée à ces filières ? 

La programmation prévoit en effet une place accrue pour les filières du plan France 2030, avec plus de 60 % des évènements qui leur sont consacrés. C’est une proportion en augmentation par rapport aux autres années, ce qui témoigne de notre volonté de renforcer l’accompagnement sur ces secteurs de pointe : défense, sécurité, numérique, énergie, santé, mobilité… Mais cela ne doit pas se faire au détriment d’autre secteurs-clés comme l’agriculture et l’agroalimentaire, les industries culturelles et créatives et les secteurs de l’art de vivre, qui restent des piliers de l’offre française à l’international. L'enjeu n'est pas d'opposer les filières traditionnelles et les filières d'avenir. L’enjeu est de permettre à chacune de trouver sa place sur les marchés internationaux où elle peut créer le plus de valeur. 

Dans ces domaines, nous proposons des démarches ciblées et différenciantes qui visent les segments à forte valeur ajoutée. La marque France doit être plus que jamais visible et reconnue à l’étranger ! 

Revenons sur les marchés dits « de conquête » ou « à fort potentiel » : comment se matérialise votre engagement sur ces destinations ? 

Dans ces pays, l’enjeu est de coller aux besoins immédiats des marchés, c’est-à-dire d’être très réactifs pour projeter la bonne entreprise au bon endroit, en valorisant les avantages comparatifs de l’offre française. Il y a un vrai travail d’identification fine des meilleures opportunités. C’est pour cette raison que nous organisons des opérations comme les French Tech Days sur le GITEX AI India, le nouvel événement dédié à l’IA à Bangalore en Inde, ou une présence sur la première édition d’InnoTrans Asia à Singapour, dans le domaine des mobilités. En Amérique Latine, nous enregistrons une vingtaine de missions collectives de conseil avec des RDV B2B ciblés et l’organisation de trois nouveaux salons au Brésil. En 2026, nous avons ouvert un nouveau bureau au Kazakhstan, à Almaty, preuve de notre ambition de nous rapprocher des marchés d’Asie centrale. 

Ces opérations témoignent de la vitalité de nos experts implantés dans ces pays, qui échangent directement et quotidiennement avec les écosystèmes économiques en place pour positionner au mieux l’offre française. Derrière chacune de ces opérations, il y a surtout le travail de notre réseau international. Business France s'appuie sur près de 700 experts présents dans 55 pays qui échangent quotidiennement avec les acheteurs, industriels, investisseurs, prescripteurs et autorités locales. C'est grâce à cette connaissance de terrain que nous sommes capables d'identifier les secteurs porteurs, d'anticiper les besoins émergents et de proposer aux entreprises françaises des opportunités réellement qualifiées. Notre valeur ajoutée n'est pas seulement d'organiser des événements ; elle est d'apporter une intelligence économique et commerciale directement issue du terrain. 

Quel rôle jouent les grands événements en France et à l’étranger dans ces explorations de marchés ? 

Les grands événements constituent des temps forts de rencontres et de découvertes de marchés, en même temps qu’une vitrine de l’offre française. Qu’ils s’agissent des Pavillons France déployés sur les salons internationaux de référence ou des grands Forums organisés en France pour mettre en avant un pays ou une zone, ce sont de formidables accélérateurs, en parallèle de nos programmes intensifs Boosters ou de nos missions de rencontres d’acheteurs.  

En 2027, nous souhaitons donc déployer notre présence sur 100 salons internationaux (dont 35 en Europe), avec des blockbusters récurrents (Medica, Vitafood, CES Las Vegas, Mobile World Congress, Aircraft Interiors, etc.), mais également des nouveautés comme le salon IT-SA Nuremberg (cybersécurité) ou le salon CPHI Francfort (industrie pharmaceutique). Du côté des grands forums géographiques en France, même ambition de développement : cette année, nous ouvrons le forum d’Affaires France-Kazakhstan-Ouzbékistan, qui s’ajoute à la liste des forums de référence (Ambition Africa, Vision Golfe, etc). 

Quid des marchés américain et chinois ? Faut-il réduire les efforts les concernant ? 

Nous le savons : le contexte de ces marchés évolue très vite. Ils restent des marchés majeurs mais ils nécessitent une approche sélective, fondée sur des opérations à forte valeur ajoutée plutôt que sur une logique de présence. Aux États-Unis, notre mission est de favoriser l’insertion dans des écosystèmes partenariaux de haut niveau – via des opérations comme les French Space Days@SmallSat Conference par exemple, ou les Business Meetings ONU États-Unis. Et en Chine, l’objectif est de consolider nos positions dans les secteurs d’avenir et sur les segments où l’offre française conserve un avantage compétitif reconnu : nous organiserons ainsi les French Aeronautics Days et un programme Booster Access Chine. Les questions d’accès au marché et la qualité des partenariats locaux demeurent des points de vigilance importants pour nous. 

Vous accompagnez un nombre grandissant de PME et ETI à fort potentiel : pour vous, quels sont les indicateurs d’une programmation réussie ? 

Les PME et les ETI sont toutes deux essentielles à la dynamique export française, mais elles ne répondent pas aux mêmes enjeux. Les PME constituent le principal vivier de nouveaux exportateurs : c'est souvent avec elles que débute l'aventure internationale, et leur accompagnement demeure au cœur de notre mission. Dans le même temps, nous avons fait le choix de renforcer notre action auprès des ETI, car ce sont souvent elles qui disposent du potentiel le plus important pour changer rapidement d'échelle à l'international. C'est dans cette logique qu'en 2025, 1 750 ETI ont été accompagnées par Business France, contre 1 000 en 2020. Nous souhaitons porter ce chiffre à 3 000 d'ici fin 2027. Au total, ce sont plus de 23 000 entreprises distinctes, PME comme ETI, qui ont sollicité nos services au cours des quatre dernières années. Mais je ne considère pas qu'une programmation réussie se mesure au nombre d'opérations organisées ou au nombre de participants. Ce qui compte avant tout, c'est la transformation durable des entreprises que nous accompagnons. 

Combien d’entreprises ont trouvé un partenaire ? Combien ont généré un courant d’affaires ? Combien ont ouvert une implantation avec, par exemple, un V.I.E ? Tous ces éléments qualitatifs sont suivis de près par nos services et par des évaluateurs externes qui objectivent ainsi les retombées économiques dans la durée. En 2025, le Net Promoter Score (NPS)1 de Business France a ainsi progressé de 8 points : c’est un signal que les entreprises nous voient comme un vrai partenaire ! Par ailleurs, 75% des clients accompagnés déclarent atteindre leurs objectifs grâces à la Team France Export ! 

Vous ne travaillez d’ailleurs pas seuls à cet objectif… 

Le PFE est, par construction, une œuvre collective : les Régions, les fédérations professionnelles, et bien évidemment les CCI dans le cadre de l’alliance Team France Export y contribuent activement en remontant les besoins des entreprises et les dynamiques de filières, nous permettant ainsi de mieux cibler les opérations à proposer. Certaines opérations initiées par des fédérations, des chambres de commerce françaises à l’étranger ou des opérateurs privés, intègrent l’agenda national via une labellisation : ainsi, sur les 460 rendez-vous internationaux de cette année, 74 proviennent de partenaires et opérateurs labellisés. J’ajoute que les opérations proposées dans la programmation sont élaborées conjointement dans une perspective Export et dans une perspective d’attractivité – l’autre axe majeur de Business France – afin d’accélérer les synergies sur ces deux axes de développement international. 

Pour terminer, quels sont vos souhaits pour demain ? Quelle programmation à horizon 2030 ? 

Je souhaite que nous allions toujours plus loin dans la personnalisation de l'accompagnement. Je veux notamment que Business France développe des programmes multi-marchés pour les ETI – des parcours associant préparation, immersion, rencontres d’affaires et suivi commercial – ainsi que des opérations favorisant l’accès aux grands projets et aux financements internationaux. Je pense également qu’une programmation n’est pas figée : elle doit pouvoir s’adapter rapidement à des conditions de marché changeantes ou des opportunités commerciales émergentes ! C'est précisément ce que nous permet notre réseau de près de 700 experts implantés dans le monde entier. Parce qu'ils sont au contact permanent des acteurs économiques locaux, ils détectent les évolutions des marchés, identifient les projets à venir et nous permettent de proposer aux entreprises françaises un accompagnement de haut niveau fondé sur une connaissance très concrète du terrain. 

Partout sur nos territoires, des PME et ETI démontrent leur capacité d'innovation, leur savoir-faire et la qualité de leurs offres : notre enjeu est de détecter leur singularité pour mieux les projeter à l’international et de continuer à être à l’écoute des besoins dans le monde entier pour positionner leurs offres. Dans un contexte économique incertain, je reste convaincu que l’export est un formidable levier de croissance et de résilience : à nous de transformer l’essai à leurs côtés. 

Accéder au Programme France Export 2027 

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