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Le 16 juin prochain, au stade de New York New Jersey aux États-Unis, l’équipe de France de football entrera en lice face au Sénégal dans la phase finale de la Coupe de Monde FIFA 2026TM. Un événement suivi avec attention par les acteurs français de la filière Sport, et pas seulement pour des raisons sportives : « Le Mondial de football constitue une réelle opportunité pour les entreprises de se rendre visibles auprès des donneurs d’ordre américains et de mieux échanger sur le marché », explique Céline Hédiard, chargée d’export senior sur le Sport en Amérique du Nord pour Business France.

 Avec ses collègues des bureaux de New York et de Los Angeles, elle organise en effet le France Football Club, un dispositif événementiel de networking et de démonstrations, qui mettra en scène l’offre française sur deux journées (les 15 et 16 juin). Au programme : des rendez-vous d’affaires, des conférences et une « Watch Party » le soir du match. « L’objectif est d’accélérer les échanges avec nos partenaires américains et d’expliquer les opportunités du marché aux candidats français à travers un Business Playbook qui sera présenté à ce moment-là », précise Céline Hédiard.

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Un marché US du sport en pleine explosion

L’ambition est affichée : profiter du momentum événementiel américain pour accélérer le business de la filière. Car les rendez-vous sportifs à venir sur le sol américain ne manquent pas : outre le Mondial 2026, les États-Unis accueilleront le World Baseball Classic 2026, la Coupe du Monde de Rugby en 2031 et surtout les Jeux Olympiques et Paralympiques d’Été de Los Angeles en 2028. Des locomotives qui tirent une demande sportive déjà en pleine explosion : +5% à 10% de croissance annuelle selon les segments entre 2025 et 2029, dans un marché qui recense 250 millions de sportifs amateurs et près de 200 millions de spectateurs (à la télévision ou en streaming).

 « Le marché américain est non seulement le plus important du monde (avec environ 40% de parts de marché mondiales[1]) mais également l’un des plus dynamiques, explique Céline Hédiard. Dans certaines verticales comme la sportech ou le sport féminin, la croissance atteint même deux chiffres » – 17,8 % de croissance annuelle pour le sport analytics[2] et 16 % d’ici 2030 pour le sport féminin[3]. Un engouement pour les secteurs innovants qui ressort dans les études de marché de Business France : « Le marché américain se conquiert sur une allégation d’innovation davantage que sur un prix ou une origine France, même si l’expertise française est reconnue dans le domaine du sport. Il faut jouer sur la différenciation tech ou sur des besoins précis du marché en matière de performance, de durabilité, d’inclusion ou encore d’engagement des fans ».

 L’exemple de Team Green

Un conseil qui n’est pas passé inaperçu pour Team Green, acteur aindinois du gazon naturel et de l’équipement des pelouses. « Notre discours commercial fait mouche sur les technologies de luminothérapie et de robotique que nous proposons pour l’entretien des gazons : c’est une solution qui n’existe pas encore dans les golfs et les stades américains, », explique Cédric Martinotti, directeur du développement.

En 2024, après plusieurs années d’export et d’expériences sur les grands événements sportifs (dont la récente Coupe d’Afrique des Nations), il s’est lancé à l’assaut des États-Unis, convaincu par l’ampleur du marché. « Nous équipions déjà vingt-sept pays d’export mais les États-Unis, c’est une autre dimension : 18 000 golfs, 680 stades de haut niveau… c’est la moitié de l’infrastructure mondiale ! ».

 Un gigantisme qui nécessitait toutefois une approche concertée, en plusieurs séquences, « le temps de comprendre le marché, et notamment les ligues professionnelles, les consultants, les États qui structurent l’écosystème et entrent dans la décision des clients ». Cédric Martinotti participe alors une première fois aux French Sport Days de Business France en novembre 2024 pour rencontrer ces acteurs et tester son offre. Puis une deuxième fois, en 2025, pour affiner sa proposition de valeur. « C’est à ce moment-là que le projet d’implantation a pris sa forme finale, témoigne-t-il. Plutôt que la Californie, nous choisissons une première implantation en Floride pour sa simplicité d’accès et son important réseau de golfs. Quitte à cibler la Californie dans un second temps ».

 Cryo Control : l’appel d’air des JOP

Une approche progressive que partage Bertrand Avignon, dirigeant de Cryo Control. Basée à Toulouse, l’entreprise est spécialisée dans les bains froids de récupération, un segment en pleine expansion. « Nous voulons tirer parti des Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028 pour déployer notre technologie dans les centres de préparation et d’entraînement professionnels. Mais notre ambition est aussi de capitaliser à plus long terme sur le marché domestique où l’intérêt des Américains pour les équipements de bien-être et de performance ne cesse de croître », explique-t-il. Une dynamique confirmée par les chiffres : le marché afficherait ainsi une croissance annuelle de 18 % !

 L’objectif LA 2028 est donc assumé pour Cryo Control qui connaît bien l’exercice des JOP après avoir œuvré sur toutes les éditions depuis Londres 2012. « À Paris 2024, nous avions notamment équipé le centre de préparation de la délégation américaine à Eaubonne », rappelle Bertrand Avignon. Un atout mais pas une garantie suffisante : le dirigeant veut s’ancrer durablement sur le marché américain pour éviter l’essoufflement post-événement souvent observé chez les distributeurs. « Les échanges sur place, notamment lors des French Sport Days 2024 et 2025, m’ont convaincu de la nécessité de créer une filiale locale, à la fois pour acculturer nos partenaires à notre modèle et, à terme, développer une unité de production ». Le projet se concrétise : une implantation en Californie du Sud est à l’étude, avec une mise en œuvre envisagée courant 2026.

 Los Angeles, capitale du Sport ? Les French Sport Days

Un chantier ambitieux qui illustre bien la force d’entraînement des JOP de Los Angeles sur l’offre française : Metalu Plast (équipements de terrains), Odiho (solutions de sonorisation), Touch2See (streaming pour malvoyants)… autant d’entreprises qui se positionnent en vue de l’événement. « Même si les appels d’offres sont fléchés en priorité sur des entreprises qui créent de l’emploi et de la valeur locale, les organisateurs s’intéressent également aux critères de qualité et de fiabilité sur les délais de livraison. Et sur ces points, la filière France a des arguments à revendre, notamment après l’expérience de Paris 2024 », confie Céline Hédiard.

En janvier 2024, comme un symbole de continuité avec Paris, l’équipe Business France a d’ailleurs ouvert son bureau dans la Cité des Anges, afin de mieux observer l’écosystème local et saisir toutes les opportunités d’accélération (outre les JOP, la ville organisera également le NBA All Star Games 2026 et le Super Bowl 2027).

 C’est également à Los Angeles que se déroulera la prochaine édition des French Sport Days, du 12 au 15 octobre prochains, un événement toujours apprécié des candidats au marché américain : « En quatre jours c’est très stimulant, on rencontre 60 à 80 personnes », raconte Cédric Martinotti, qui rempile cette année pour une troisième édition. « J’ai pu croiser des gros donneurs d’ordre comme des représentants d’Etats locaux : c’est un premier pied à l’étrier et, après, c’est à nous de faire le travail de conviction ». Rendez-vous personnalisés, visites de sites et workshops plus opérationnels : l’objectif est de concentrer les apports d’informations et de valeur pour les dix à douze entreprises participantes.

 Club Sport, Connect Invest, RIGES… Un vrai collectif France

« Les French Sport Days sont un événement structurant de notre année, confirme Céline Hédiard, mais ce n’est pas la seule activation locale : avec un collectif France aussi fort et des opportunités aussi nombreuses, il nous semblait nécessaire d’ouvrir de nouvelles portes ». En mars 2026, les équipes se sont attaquées à la cible des investisseurs, avec l’organisation du Connect Invest en mars 2026, un programme destiné aux entreprises souhaitant lever des fonds auprès de VCs américains.

 Mais c’est surtout au sein du Club Sport, véritable instance de dialogue entre les entreprises installées aux États-Unis et celles qui prospectent le pays, que l’agence accélère la « chasse en meute ». Piloté par le ministère des Sports avec l’appui local de Business France, le Club Sport offre un espace de rencontres tous les trois mois à ceux qui n’ont pas encore les clés du marché : « C’est très opérationnel et très adapté à nos besoins de petites entreprises, témoigne Bertrand Avignon. Des rencontres comme celles-là nous permettent de débloquer des situations, d’obtenir des contacts ou des infos locales… on va beaucoup plus vite ».

 Le contexte douanier et réglementaire ? Il est abordé régulièrement pour rendre compte de la situation. « Une contrainte anticipée dès le business plan », glisse Cédric Martinotti pour qui le sujet n’impacte pas la valeur globale du marché. L’actualité réglementaire devrait d’ailleurs faire partie des thématiques abordées lors des Rencontres Internationales des Grands Evénements Sportifs (RIGES 2026), organisées en juin prochain[1] à Paris : « Chaque année, les États-Unis occupent une place importante sur les RIGES, confirme Céline Hédiard. Cela nous permet de répondre aux questions des entreprises dès les premières étapes de leurs réflexions export ».

 2026, une année sport

RIGES, Club Sport, Connect Invest, French Sport Days… sans oublier le France Football Club lors du Mondial de juin 2026 : l‘agenda de l’équipe de France à l’export est déjà bien chargé pour 2026. Une année qui sonnera le top départ pour Team Green aux États-Unis : en plein enregistrement d’une entité juridique dans le Delaware, Cédric Martinotti devrait ensuite créer sa filiale en Floride avec l’établissement d’un local de production à Tampa. Les courants d’affaires devraient suivre dans la foulée, sachant que de nombreux acteurs du marché ont déjà manifesté leur intérêt.

Quant à Bertrand Avignon, il consacrera l’année 2026 à la planification du « pivôt industriel » de son entreprise : après la création de la filiale, il envisage en effet de s’installer personnellement aux États-Unis et d’embaucher progressivement 40 à 50 personnes pour profiter de la vague très forte du marché. « Et puis il y a aussi la Coupe du monde de Rugby en 2031… on sera là ! »

« Ces exemples ne sont pas isolés, conclut Céline Hédiard. Il y a beaucoup de PME et d’ETI qui percent sur le marché américain à la faveur de l’explosion de la pratique sportive et du momentum des grands évènements. La filière France a des concurrents, mais elle a aussi une expérience reconnue. Plus que jamais, il faut tirer parti du collectif France pour construire des opportunités sur le sol américain ».

Le marché américain du sport

▶️ Replay du webinaire - Los Angeles, terre olympique porteuse d’opportunités pour les entreprises françaises du sport

 [1] https://gis.sport/news/the-size-of-us-sport-a-1-trillion-industry/

[2]  Selon Grand View Research, entre 2026 et 2033

[3]  Selon Reuters

[1] https://gis.sport/news/the-size-of-us-sport-a-1-trillion-industry/

[2]  Selon Grand View Research, entre 2026 et 2033

[3]  Selon Reuters

[4] RIGES 2026, 30 juin 2026, Paris : https://www.b2match.com/e/riges-2026/components/66982/5p28lY2udiLK

[1] RIGES 2026, 30 juin 2026, Paris : https://www.b2match.com/e/riges-2026/components/66982/5p28lY2udiLK

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