Les fondamentaux
En 2025, les ventes au détail de beauté et d’hygiène en Thaïlande ont atteint 7,24 Mds EUR, en hausse de 6 % par rapport à 2024, confirmant un marché déjà mature et très segmenté. Le soin de la peau domine avec 2,85 Mds EUR et structure l’essentiel de l’innovation, devant les soins capillaires, le maquillage et les produits d’hygiène du quotidien.
La demande est fortement conditionnée par les usages locaux : textures légères, résistance à l’humidité, protection UV, réparation de la barrière cutanée, solutions anti-pollution et bénéfices visibles rapidement. Le marché combine une base mass market très large et une montée du premium sur les catégories où la preuve d’efficacité, la désirabilité et la recommandation digitale comptent le plus : 68 % des consommateurs de produits beauté achètent leurs produits en ligne. Le contexte macro reste moins porteur que dans plusieurs autres marchés asiatiques, mais la catégorie résiste mieux que la consommation générale grâce à la premiumisation, à la forte fréquence d’achat, à l’omnicanalité et à la reprise des ventes liées au tourisme. Les touristes jouent un rôle clé dans les ventes de produits de luxe et de soins en cliniques esthétiques.
La Thaïlande reste aussi une base industrielle importante pour les produits finis avec 85 % des produits sur le marché produits localement, des capacités OEM/ODM étendues et une offre T-Beauty plus structurée, plus scientifique et plus offensive qu’auparavant.
Chaque année, la Thaïlande accueille plusieurs salons internationaux pour les cosmétiques : In-Cosmetics Asia, dédié aux ingrédients, Cosmex et COSMOPROF CBE.
Répartition des ventes de produits de beauté et de soins personnels par catégories en Thaïlande en 2025
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités les plus tangibles pour les entreprises françaises en Thaïlande sont en B2B. En effet, la dépendance du pays aux importations d’ingrédients reste très élevée et la production locale de produits finis est très développée.
Les besoins portent sur les actifs anti-âge (tendance "longevity cosmeceuticals"), réparateurs de barrière, anti-pollution, solaires, ingrédients biotech, extraits botaniques tracés, parfumerie, supports de preuve d’efficacité et dossiers techniques.
Les fabricants thaïlandais et les OEM/ODM locaux recherchent des matières premières à forte valeur ajoutée pour se différencier d’une concurrence mass market intense et renouveler rapidement leurs lancements. S’ajoutent des débouchés dans la cosméceutique, les tests, la certification, les emballages plus durables et les solutions permettant de justifier les allégations. Pour le produit fini, les seuls créneaux réellement défendables sont le premium, le luxe et certains usages professionnels (cliniques esthétiques, solutions industrielles, etc.).

Source : Business France, Euromonitor, Federation of Thai Industries, Mintel, Kantar, presse locale (08/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché attend des produits à bénéfice prouvé (tests en laboratoire), des actifs compréhensibles, des formulations science-led et des preuves facilement réutilisables en communication.
Les axes les plus porteurs sont la longévité cutanée, les ingrédients biotech, la réparation de la barrière, l’anti-pollution, la gestion du microbiome, les textures légères adaptées au climat tropical et les solutions hybrides, notamment solaire-soin.
Les jeunes consommateurs se montrent moins sensibles au seul discours naturel qu’aux tests, à la sécurité, à l’efficacité démontrée et à la compatibilité avec leur routine digitale. Cette attente renforce la valeur des fournisseurs capables d’apporter à la fois l’ingrédient, la preuve et le discours technique associé.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les contraintes environnementales se renforcent à la fois sur les sites et sur les emballages. L’industrie cosmétique fait face à des exigences accrues de traitement des effluents, d’amélioration des procédés et d’intégration de solutions d’emballage plus compatibles avec la circularité.
La Thaïlande ne dispose pas encore d’une obligation générale EPR pleinement en vigueur pour tous les emballages, mais le projet de loi sur la gestion durable des emballages continue d’avancer et pousse déjà les industriels à anticiper de futures obligations de reprise, de recyclabilité et de contribution. Dans le même temps, la transition énergétique et l’efficacité des utilités industrielles deviennent des sujets de compétitivité, y compris pour les fabricants voulant rester exportables vers des marchés plus exigeants.
Labels et certifications
L’accès au marché repose sur la notification produit auprès de la Thai FDA et sur un étiquetage conforme en thaï. Pour les sites de production ou d’importation, la référence opérationnelle est l’ASEAN Cosmetic GMP. Les distributeurs et donneurs d’ordre valorisent des dossiers techniques robustes, des tests de sécurité et d’efficacité, la conformité des allégations et la traçabilité. Sur le plan commercial, les labels de naturalité ou de durabilité gagnent en importance, et la norme COSMOS suscite un intérêt croissant chez les acteurs thaïlandais visant une montée en gamme à l’export.
Source : Thai Food and Drug Administration, Thai Cosmetic Manufacturers Association, Federation of Thai Industries (08/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour le produit fini, il faut privilégier un importateur-distributeur disposant d’une capacité d’enregistrement réglementaire, d’un vrai budget d’activation et d’un savoir-faire omnicanal.
Le référencement chez Watsons ou Boots ne suffit plus : il faut aussi maîtriser le social commerce, les KOL, le livestream et les campagnes de conversion. L’entrée par le travel retail, les cliniques esthétiques et les chaînes spécialisées peut accélérer la visibilité premium.
Pour les ingrédients et concentrés, les cibles à privilégier sont les OEM/ODM, fabricants locaux, laboratoires R&D et les importateurs-distributeurs d'ingrédients cosmétiques et pharmaceutiques ; sur ce marché, le produit se vend rarement sans soutien marketing documenté.
La réglementation spécifique
Cosmetic Act 2025, réglementations spécifiques de la Thai Food And Drug Administration
Niveau de taxation
• Parfum, soins de la peau et maquillage : 30 % (+ 10% de droit d’accise sur les parfums)
• Shampooing : 20 %
• Savon : 10 %
• TVA : 7 %
Source : Business France (08/07/2026)