Les fondamentaux
L'Algérie possède 9 millions d'hectares de terres agricoles utilisables, représentant 17,4 % de sa superficie totale. Le secteur agricole est déterminant pour l'économie, employant plus de 25 % de la population active à travers 1,6 million d'exploitations, dont 65 % sont mécanisées, bien que 95 % des équipements soient importés.
En 2020, l'agriculture, l'élevage et la pêche ont contribué à environ 14 % du PIB, employant environ 10 % de la population active. Entre 2009 et 2023, l'Algérie a importé pour plus de 20 Mds USD de poudre de lait et de lait infantile, malgré des investissements de plus de 25 Mds USD dans la filière lait, qui dépend encore à 60 % des importations.
Pour diversifier l'économie et garantir la sécurité alimentaire, l'Algérie vise à augmenter sa production agricole. Les secteurs prioritaires incluent les grandes cultures, la production de semences de pommes de terre, la tomate industrielle, l'oléiculture, la viticulture, la phoeniciculture et la production de fruits. L'objectif est d'atteindre l'autosuffisance alimentaire en étendant les surfaces irriguées, en intensifiant la production et en optimisant les rendements. En 2025, le marché agricole algérien devrait atteindre 5,09 Mds USD et croître à un taux de 4,65 % pour atteindre 6,38 milliards USD d'ici 2030. Les tendances vers l'AgTech, les produits biologiques et « healthy » nécessitent des améliorations dans les équipements, les intrants et le savoir-faire.
Opportunités pour l'offre française
En 2024, l’agriculture algérienne connaît une forte expansion, marquée par l’ajout de 230 000 exploitations et la modernisation des pratiques, notamment en agriculture saharienne et en irrigation.
La France demeure un partenaire stratégique, fournissant intrants, équipements laitiers et avicoles, matériel d'irrigation, et expertise technique. Cette dynamique favorise la sécurité alimentaire locale et ouvre des perspectives pour l’offre française, grâce à son savoir-faire en valorisation de sous-produits agricoles, respect des chaînes de valeur, agriculture de précision, systèmes ERP et technologies connectées. L’accompagnement dans la formation, la transition agroécologique et le développement de filières bio est aussi recherché.
Le potentiel pour la France dans la vente de matériel agricole d’occasion est significatif, sous réserve du respect des exigences algériennes : moins de 5 ans d’âge, conformité technique et procédure d’homologation. L’innovation, la gestion durable des ressources et la montée des fermes urbaines et pédagogiques soutiennent l’émergence d’une agriculture intelligente et entrepreneuriale.

Source : Compilation de données Bureau Business France en Algérie (08/07/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L'agriculture algérienne se transforme en adoptant des technologies modernes, notamment dans l’irrigation intelligente et raisonnée, la valorisation des fertilisants organiques et la qualité des sols, la génétique. Les fermes urbaines et exploitations pédagogiques se multiplient, témoignant d’une volonté d’innover dans la production et la transmission du savoir agricole.
Le pays favorise l’entrepreneuriat des jeunes diplômés en agronomie à travers des dispositifs dédiés ; des incubateurs spécialisés dans l’AgriTech, FoodTech et AquaTech émergent pour stimuler l’innovation et optimiser les productivités. La collaboration entre innovateurs, producteurs et organismes de recherche optimise la performance du secteur, tout en minimisant son impact environnemental et ses coûts. L’Algérie réaffirme ainsi son engagement à moderniser son agriculture pour la rendre plus productive, durable et compétitive.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le changement climatique exerce un effet notable sur l’agriculture algérienne, modifiant le cycle de croissance des cultures, raccourcissant les saisons agricoles et bouleversant les rythmes naturels. La gestion de l’eau devient cruciale : la fertilité des sols se dégrade, la production et la biodiversité diminuent, tandis que la pression sur les ressources hydriques s’accroît, impactant l’irrigation.
En réponse à ces enjeux, l’Algérie déploie le Plan National Climat, un ensemble de mesures adaptant les écosystèmes et la société aux nouvelles réalités climatiques, à limiter les impacts négatifs et à garantir la pérennité du secteur agricole. Ce programme comprend des actions pour renforcer la résilience face aux inondations et à la sécheresse, lutter contre l’érosion, restaurer les terres dégradées et intégrer le climat dans les stratégies sectorielles clés telles que l’agriculture, la gestion de l’eau ou la santé.
Labels et certifications
Depuis 2023, l’Algérie valorise les produits agricoles du terroir grâce aux labels IGP et AOC, favorisant la qualité, la traçabilité et l’accès aux marchés internationaux. Ces certifications, intégrées dans les politiques publiques, protègent l’authenticité des produits, notamment pour l’huile d’olive, les dattes, le miel, les figues et les céréales locales. De nouvelles lois facilitent la reconnaissance officielle des produits, soutenues par un portail numérique et l’essor de coopératives locales. La labellisation accroît la compétitivité et assure la préservation des savoir-faire.

Source : MADRP, ALGEX, ITAF-V, PASA, AgriAlgérie
(08/07/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
La Loi de Finances 2023 autorise l'importation de tracteurs et d'équipements agricoles d'occasion âgés de moins de sept ans via le public PMAT ou autres importateurs privés, revendeurs ou utilisateurs finaux. Pour les équipements rénovés qui ne sont pas produits localement, un autofinancement d'au moins 30 % est requis, accompagné d'un dossier spécifique. La taxation appliquée varie en fonction du type de matériel, de l'activité concernée et des accords internationaux signés par l'Algérie, tels que ceux avec l'UMA, l'UE, le G-ZALE et la ZLECAF, s'avérant très avantageux.
Les salons professionnels, tels que le SIPSA-FILAHA, salon de référence, ou d'autres salons régionaux plus spécifiques pour les grandes cultures, dattes, pomme de terre, agriculture saharienne & steppique sont des plateformes privilégiées.
La réglementation spécifique
Les taxes et droits aux importations varient selon le produit, l’activité agricole, les revenus et la taille de l’exploitation. Conditions pour l'importation de matériel agricole rénové non produit en Algérie : autofinancement d'au moins 30 % du coût, matériel non produit localement, équipements de moins de 10 ans, durée de vie minimale de 10 ans après rénovation. Contrôle de conformité par des bureaux accrédités par ALGERAC ou organismes analogues. Dossier : autorisation de dédouanement, formulaire de demande, copie du registre de commerce, fiche technique, attestation de rénovation par ALGERAC.
Niveau de taxation
Exonération de TVA : Certaines catégories de produits agricoles bénéficient d'une exonération de TVA.
Revenus agricoles : La base de l'IRG pour les revenus agricoles est déterminée selon les tarifs et les charges liées à l'exploitation, fixés par la commission de la wilaya/préfecture.
Arrêté : Les matériels et équipements produits en Algérie, utilisés dans l'agriculture et l'élevage, et acquis dans le cadre du crédit-bail, sont exemptés de TVA sur les loyers.
LF22 : Un taux réduit d'IBS de 10 % est appliqué aux bénéfices réalisés sur les productions, à concurrence du montant ayant servi lors de l'exercice à l'acquisition d'un bien d'équipement lié à l'activité.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site officiel de la Direction Générale des Douanes https://douane.gov.dz/

Source : Direction générale des Douanes algériennes
Minsitère du Commerce / Commerce extérieur
Minsitère de l'Industrie (09/07/2025)