Les fondamentaux
Le marché colombien de la sécurité et de la défense est mature et vaste, mêlant défense nationale, sécurité publique et sécurité privée. Le pays est confronté à des menaces persistantes et à une situation sécuritaire dégardée : groupes armés - dont on estime qu’ils comptent 6 500 membres de plus qu’en 2022, narcotrafic, criminalité urbaine, et cyberattaques.
La défense est pilotée par le ministère éponyme dont dépend la police nationale, avec un budget de 11 Mds USD en 2026, estimé à 12,85 Mds en 2027, dont près de 1,5 Md USD alloué spécifiquement aux investissements, à taux de change constant de 2025. Le marché est tiré par la cybersécurité, les systèmes anti-drones, le C4ISR, la modernisation aérienne, navale et terrestre, ainsi que la protection des infrastructures critiques.
La sécurité publique mobilise des solutions de vidéosurveillance, d’alerte précoce, d’interopérabilité radio, ainsi que des technologies d’analyse prédictive pour les grandes villes.
Enfin, la sécurité privée emploie près de 400 000 agents encadrés par la Superintendencia de Vigilancia. Elle représente un marché de plus de 5 Mds USD en 2025, couvrant principalement gardiennage, transport de valeurs, blindage de véhicules, contrôle d’accès, détection électronique, services intégrés et centres de contrôle.
Ce triptyque crée un environnement propice à l’entrée de solutions étrangères robustes combinant haute technologie, cybersécurité, intégration logicielle et accompagnement long terme.
2026 marque un rapprochement avec les Etats-Unis via le « Plan Patriot 2.0 » et Israel après un refroidissement des liens ces dernières années.
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités sont nombreuses et concernent entre autres la modernisation des systèmes de communication sécurisés, la surveillance frontalière, maritime & fluviale, la protection et cybersécurité des infrastructures critiques publiques et industrielles, le C2/C4ISR, la sécurité urbaine intelligente, la simulation, et le maintien en condition opérationnelle.
Les grandes villes (Bogotá, Medellín, Cali) cherchent des partenaires pour leurs centres de contrôle intégrés, systèmes vidéo intelligents (CCTV + IA), contrôle d’accès biométrique et plateformes de gestion de crise.
La croissance de la sécurité privée ouvre aussi des débouchés pour la biométrie, la protection des données, les services managés (SOC) et les technologies embarquées pour véhicules de sécurité.
Les propositions de co-développement, de formation et de transfert de technologie sont particulièrement valorisées par les autorités.
Source : Business France, MinDefensa (19/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent sur des solutions interopérables, cyber-résilientes et duales : protection des infrastructures critiques, gestion des risques et incidents, cyberdéfense, simulation tactique, anti-drones, IA appliquée à la détection et systèmes sécurisés de commandement.
L’expertise recherchée inclut donc gestion des menaces hybrides, traitement massif des données (IA, analyse comportementale, fusion multisource), cybersécurité embarquée, cryptographie, supervision centralisée. La capacité à évoluer en milieu tropical est fortement appréciée.
CODALTEC confirme l’intérêt local pour cybersécurité, simulation et CTI.
Certains grands contrats de défense intègrent aussi des offsets et transferts de connaissance. Les solutions intégrant formation locale, maintenance sur site, transfert de technologie ou capacité à évoluer en milieu tropical sont ainsi privilégiées.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les projets de défense et de sécurité restent soumis au cadre environnemental colombien de droit commun.
Pour les infrastructures susceptibles d’avoir des impacts significatifs, une licence environnementale peut être requise, sous contrôle de l’ANLA (Agence Nationale des Licences Environnementales) ou des autorités régionales compétentes (CAR).
Les équipements électroniques (CCTV, capteurs, radios, IT, systèmes C4ISR) relèvent du régime RAEE : Loi 1672/2013, Décret 284/2018 et Résolution 851/2022, avec obligations de collecte et de gestion en fin de vie pour les producteurs/importateurs. Les batteries font l’objet de règles spécifiques.
La Loi 1931/2018 encadre par ailleurs l’intégration du changement climatique, tandis que la commande publique intègre de manière croissante des critères de durabilité et de cycle de vie.
Labels et certifications
ISO 9001 (management de la qualité), ISO 14001 (management environnemental) et ISO 45001 (santé et sécurité au travail) sont les principales références.
Selon les produits, des normes techniques et certifications spécifiques peuvent s’ajouter, notamment en cybersécurité (ISO/IEC 27001) et pour les équipements électriques/électroniques. Leur exigence dépend toutefois des appels d’offres et des spécifications techniques.
Source : ANLA, MinAmbiente, MinTIC (19/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Le marché colombien de la sécurité et de la défense exige une approche institutionnelle structurée, associant diplomatie économique, présence terrain et compréhension fine des circuits d’achat publics. Il est recommandé de s’adosser à des partenaires locaux disposant d’habilitations officielles et d’un accès aux grands donneurs d’ordre (Ministères, Police Nationale, grandes mairies).
Une offre packagée, combinant intégration technologique, conformité réglementaire, veille sécuritaire et support long terme, renforce la crédibilité commerciale. Le succès repose sur la capacité à négocier en direct, à sécuriser les agréments techniques, et à inscrire son offre dans une logique de coopération bilatérale ou multilatérale.
Expodefensa à Bogotá constitue le salon de référence régional du secteur.
La réglementation spécifique
Les activités de sécurité privée sont encadrées par le Décret-Loi 356/1994 : les entreprises fournissant surveillance, transport de valeurs, conseil, blindage ou certains équipements doivent obtenir les autorisations de la Supervigilancia.
Les armes, munitions, explosifs, les produits régulés par l’OIAC et certains équipements spécialisés sont soumis au contrôle d’INDUMIL et à des permis préalables d’import/export via VUCE, notamment au titre du Décret 2535/1993.
La Ley 1621/2013 encadre par ailleurs l’accès et la protection des informations classifiées. Les marchés publics passent par SECOP II.
Niveau de taxation
Le cadre fiscal et douanier offre plusieurs leviers aux fournisseurs étrangers. L’accord commercial UE–Colombie permet une réduction ou suppression des droits de douane pour de nombreux produits européens éligibles, sous réserve des règles d’origine et d’une preuve d’origine valide (notamment EUR.1).
La TVA standard à l’importation est de 19 %, avec certaines exemptions ciblées, notamment pour des biens destinés aux Forces militaires et à la Police.
Les zones franches offrent des avantages douaniers et, pour les utilisateurs industriels, un taux d’impôt sur les sociétés de 20 % sur les revenus d’exportation, tandis que les autres revenus sont généralement taxés à 35 %.
Des incitations fiscales spécifiques existent aussi pour la R&D et certaines technologies de transition énergétique.
Source : Business France, DIAN, INDUMIL, SuperVigilancia (19/08/2026)