Les fondamentaux
Le marché colombien des travaux publics reste dominé par les infrastructures de transport : routes, ferroviaire, ports, aéroports, voies fluviales et mobilité urbaine.
Le réseau routier concédé approche 8 000 km ; les programmes 4G et 5G représentent respectivement environ 18,6 Md USD et 3,8 Md USD de CAPEX.
En 2026, le ferroviaire connaît une relance marquée : plus de 1 500 km de corridors sont en études, structuration ou exécution, dont La Dorada–Chiriguaná, Bogotá–Belencito, Buenaventura–Palmira et Villavicencio–Puerto Gaitán. La Dorada–Chiriguaná, première grande APP ferroviaire du pays, a été attribuée en 2025. L’ANI poursuit parallèlement les concessions routières, portuaires et aéroportuaires. Le secteur s’appuie sur les APP, concessions et marchés publics, avec ANI, INVIAS, Aerocivil et les collectivités comme principaux donneurs d’ordre. La résilience des ouvrages devient plus stratégique face aux glissements, inondations et risques sismiques. Le nouveau gouvernement affiche une politique favorable à l’investissement privé et aux infrastructures, mais la contrainte budgétaire devrait renforcer le recours aux concessions et financements privés. Les besoins de reconstruction après le séisme d’août 2026 pourraient également générer de nouveaux travaux.
Opportunités pour l'offre française
Le portefeuille colombien offre des opportunités sur le ferroviaire, les concessions routières, les aéroports, les ports et la reconstruction d’infrastructures. La relance du rail ouvre des besoins en études, signalisation, systèmes, ouvrages d’art, maintenance et gestion de projet. Les extensions aéroportuaires, la modernisation portuaire et les plateformes logistiques créent aussi des débouchés en ingénierie, équipements et digitalisation. Le séisme d’août 2026 devrait accélérer les diagnostics, renforcements parasismiques et travaux de reconstruction ; la Banque mondiale a déjà mobilisé 200 M USD pour la réponse et le relèvement. Dans un contexte de contrainte budgétaire, les APP, concessions et financements multilatéraux devraient gagner en importance. Les entreprises françaises sont bien placées sur le ferroviaire, les tunnels, les ouvrages complexes, la gestion des actifs, la résilience climatique et les solutions numériques, idéalement en consortium avec des partenaires locaux.
Source : ANI, MinTransporte, Banque mondiale, Business France (11/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les maîtres d’ouvrage recherchent des solutions capables d’améliorer la performance sur l’ensemble du cycle de vie des infrastructures. Les expertises attendues portent sur l’interopérabilité des données BIM, les jumeaux numériques, le suivi en temps réel des actifs et la maintenance prédictive. La modélisation des risques climatiques, hydrologiques et géotechniques devient également stratégique pour prioriser les interventions et renforcer la résilience. Sont aussi valorisés les outils d’aide à la décision, la traçabilité des matériaux et des travaux, ainsi que les méthodes permettant de réduire coûts, délais et empreinte carbone. L’enjeu est désormais de passer d’une logique de construction à une gestion intelligente et durable des actifs.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les infrastructures de transport sont encadrées notamment par la Loi 1682/2013 et le Décret 1076/2015. Les projets relevant du régime de licence environnementale doivent obtenir l’autorisation de l’ANLA ou de l’autorité régionale compétente, sur la base selon les cas d’un diagnostic d’alternatives et d’une étude d’impact environnemental. Les obligations portent notamment sur l’eau, la biodiversité, les émissions, le bruit, les déchets de chantier, les compensations et la restauration. Le Décret 0510/2024 a toutefois simplifié le régime applicable à certains projets ferroviaires urbains électriques ou bas carbone, désormais dispensés de licence environnementale. La résilience climatique est également davantage intégrée à la conception des infrastructures.
Labels et certifications
Il n’existe pas de label unique obligatoire pour les travaux publics. Les certifications ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001 sont toutefois fréquemment valorisées pour la qualité, la gestion environnementale et la sécurité. Le référentiel Envision, dédié aux infrastructures durables, commence aussi à se développer en Colombie : le corridor Carrera Séptima à Bogotá a obtenu en 2025 la première certification Envision du pays. Ces démarches renforcent la crédibilité des entreprises dans les grands appels d’offres.
Source : ANI, UPIT, DNP, ICONTEC, Institute for Sustainable Infrastructure (01/01/1970)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les partenaires à privilégier sont les concessionnaires, les sociétés d’ingénierie et de construction, les EPC, les intégrateurs et les fournisseurs déjà référencés sur les grands projets. Pour une PME française, s’associer à un acteur colombien facilite l’accès aux donneurs d’ordre, la qualification technique, l’installation et le service après-vente. L’approche commerciale doit privilégier la démonstration de performance, les références internationales et une présence régulière sur le marché. Les consortiums sont particulièrement adaptés aux projets complexes ou multidisciplinaires. La Cámara Colombiana de la Infraestructura (CCI) constitue un relais utile pour identifier partenaires et décideurs du secteur.
La réglementation spécifique
Les équipements et matériaux importés suivent le régime douanier colombien : inscription de l’importateur au RUT, déclaration d’importation et, selon la nomenclature, enregistrement ou licence préalable via la VUCE. Les produits soumis à un règlement technique doivent démontrer leur conformité avant mise sur le marché : notamment le RETIE, actualisé en juin 2026, pour les matériels électriques, et la NSR-10 pour les constructions sismorésistantes. Pour les marchés publics, les entreprises étrangères sans domicile ni succursale en Colombie ne sont pas tenues de s’inscrire au RUP ; leurs capacités et références sont vérifiées directement par l’entité contractante.
Niveau de taxation
Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 35 %. La TVA est fixée à 19 % ; pour les contrats de construction immobilière, elle s’applique aux honoraires du constructeur ou, à défaut, à la marge bénéficiaire réalisée sur le contrat. Les entreprises sont également susceptibles d’être soumises à l’ICA, impôt municipal sur les activités économiques, dont le taux varie selon la ville et la nature des prestations. Les droits de douane applicables aux équipements et matériaux importés dépendent de leur classement tarifaire, avec des préférences prévues pour les produits d’origine européenne dans le cadre de l’accord commercial UE–Colombie.
Source : Business France, Cámara Colombiana de la Infraestructura, Colombia Compra Eficiente, MinCIT, DIAN, MinEnergía, MinVivienda (11/08/2026)