Les fondamentaux
Le secteur des travaux publics et des infrastructures routières en Algérie maintient une dynamique soutenue, avec une croissance estimée à +4,1 % en volume réel, portée par des investissements publics massifs et un appui financier international.
Sur le plan routier, plusieurs chantiers structurants marquent l’année : l’Autoroute Est-Ouest (1 216 km) a été achevée en 2023 après 17 années de travaux ; la Rocade d’Alger (262 km) poursuit son ouverture progressive ; la pénétrante de Tizi Ouzou (48 km, avec viaducs et tunnels) doit entrer en service mi-2025 ; et l’Autoroute des Hauts Plateaux (~1 020 km) avance, notamment dans sa partie Est autour de Batna et Khenchela.
Le secteur énergétique joue un rôle moteur dans cette croissance. Sonelgaz prévoit en 2025 un programme d’investissement de 5 milliards USD destiné à moderniser la production et la distribution d’électricité et de gaz, à développer des réseaux intelligents et à intégrer davantage d’énergies renouvelables. En parallèle, GE Vernova, via sa coentreprise GEAT, équipera 134 postes de transformation haute tension d’ici 2028.
Le pays bénéficie également d’un financement de 3 milliards USD de la Banque islamique de développement sur trois ans, destiné à renforcer les infrastructures, notamment ferroviaires, et améliorer la connectivité des zones économiques.
Ces projets confirment la volonté de l’Algérie de moderniser massivement ses infrastructures pour soutenir sa croissance, améliorer la mobilité et créer de nouvelles opportunités pour les acteurs locaux et internationaux du secteur BTP et des équipements.
Chiffres du secteur
≈3.2 Mds EUR
Chiffre d’affaires 2024
141 500 km
Taille du réseau routier
2 541km (2×3) 6459km 2*2
Taille du réseau autoroutier total
~ 92 % ≈117 000KM
Part de routes revêtues
≈11500 (P&V)48 tunnels
Ouvrages d’art (ponts, viaducs)
Opportunités pour l'offre française
Le pipeline prioritaire reste celui des pénétrantes autoroutières : 10 projets totalisant 702 km, dont 357 km déjà réceptionnés et le solde en achèvement ou en relance en 2025. Les besoins portent sur le génie civil lourd, les équipements de sécurité, la signalisation/ITS et l’ingénierie de supervision - segments où l’offre française est compétitive. En parallèle, l’État a lancé en 2025 une étude nationale de dédoublement pour hiérarchiser les axes à passer en 2×2 voies, ouvrant des marchés d’études, de contrôle et d’équipements (sécurité active/passive).
Plusieurs mises en service créent des corridors logistiques à équiper : premier tronçon de la liaison Port d’Oran - A1 (autoroute Est-Ouest) ouvert en août 2024 ; la pénétrante Djendjen (Jijel) - El Eulma (Sétif) a livré 14 km en janvier 2025, avec d’autres sections programmées ; côté dédoublements, la RN 21 Annaba - A1 est entrée en service en mai 2025, et la RN 27 (Constantine) est annoncée pour le T4 2025. Ces chantiers tirent la demande en ouvrages d’art, équipements de tunnels, télégestion, comptage/SCADA, contrôle qualité et maintenance.

Source : ONS, APS , Ministere Travaux Publics et des Infrastructures de Base (22/07/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Algérie, les projets d’infrastructures exigent des solutions innovantes et une expertise technique élevée. Les maîtres d’ouvrage attendent des technologies avancées comme l’exploitation des données, l’intelligence artificielle, le BIM, les jumeaux numériques ou les systèmes ITS pour optimiser la gestion et la maintenance. Les solutions durables, telles que les enrobés recyclés, les ciments à faible empreinte carbone et l’optimisation énergétique des chantiers, sont particulièrement valorisées. La maîtrise d’ouvrages complexes (viaducs, tunnels) et l’intégration d’équipements de sécurité modernes renforcent la compétitivité des entreprises. Le transfert de compétences vers les équipes locales et un service après-vente réactif, soutenu par un stock et une maintenance sur place, constituent enfin des leviers clés pour remporter les grands projets et se démarquer face à la concurrence internationale.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
En 2025, l’Algérie a renforcé sa réglementation environnementale dans le secteur minier et industriel avec la loi n° 25-12 du 3 août 2025.
Elle impose désormais :
1) Étude d’impact environnemental obligatoire : avant toute exploitation, l’opérateur doit identifier les risques pour l’air, l’eau, le sol et la biodiversité, et proposer des mesures de prévention et de réduction.
2) Plans de réhabilitation post-exploitation : financés et exécutés par l’entreprise, ces plans doivent restaurer le site et limiter son empreinte écologique.
3) Permis unique “exploration + exploitation” : valable jusqu’à 30 ans, mais uniquement accordé aux projets conformes aux normes environnementales nationales et internationales.
4) Suivi et contrôle renforcés : inspections régulières et sanctions accrues en cas de non-respect (amendes, suspension ou retrait de permis).
Labels et certifications
En Algérie, la conformité aux normes ISO (9001, 14001, 45001), CE et IANOR est essentielle pour accéder aux marchés.
Depuis 2025, les projets d’infrastructures exigent de plus en plus des certifications environnementales et labels bas carbone (HQE ou équivalents), offrant un avantage concurrentiel, un accès facilité aux financements verts et une meilleure image auprès des donneurs d’ordre.
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Source : ONS, APS , Ministere Travaux Publics et des Infrastructures de Base (13/08/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
En 2025, une entreprise peut se développer en Algérie via un partenaire local pour l’importation, la revente et le SAV, un représentant commissionné pour les services ou gros équipements, ou la création d’une filiale.
La règle 51/49 ne concerne plus que les secteurs stratégiques (hydrocarbures, énergie, mines, transports, pharmacie, importation en l’état), permettant ailleurs une détention à 100 % du capital.
Le partenariat local reste un atout pour la proximité client et un ancrage rapide.
La réglementation spécifique
Pour l’ingénierie, le décret n° 68-652 du 26 décembre 1968 fixe les conditions dans lesquelles les personnes physiques ou morales peuvent conclure des contrats ou marchés d’études avec le ministère chargé des Travaux publics et de la Construction. Ce texte est resté inchangé dans ses dispositions essentielles. Pour les travaux publics et le BTP, l’obligation de détenir un certificat de qualification et de classification professionnelles demeure en vigueur.
Initialement instaurée par le décret n° 83-135 de 1983, elle est aujourd’hui encadrée par le décret exécutif n° 14-139 du 20 avril 2014 et complétée par plusieurs arrêtés de 2016 qui précisent les critères, la procédure de délivrance et les catégories de classement. Ce certificat est indispensable pour participer aux marchés publics.
Niveau de taxation
La fiscalité en Algérie pour les importations et prestations étrangères reste structurée autour de plusieurs niveaux :
Droits de douane : 5 % pour les matières premières, 15 % pour les biens semi-finis, 30 % pour les produits finis et jusqu’à 60 % pour certains produits disponibles localement (environ 35 catégories).
Accord UE–Algérie : les marchandises d’origine européenne bénéficient de droits réduits, voire nuls, selon les produits.
TIC : une taxe intérieure de consommation de 30 % est appliquée à certains biens importés pour favoriser la production locale.
Fiscalité sur prestations étrangères : retenue à la source forfaitaire de 24 % sur les revenus des sociétés étrangères sans établissement en Algérie.
TVA : taux normal de 19 %, taux réduit de 9 % pour certaines activités et produits spécifiques.
Ces dispositions sont confirmées par la Loi de finances 2025 et du ministère des Finances et de la Direction générale des douanes.
Source : ONS, APS , Ministere Travaux Publics et des Infrastructures de Base (13/08/2025)