Les fondamentaux
La Thaïlande dispose d’un socle industriel, logistique et touristique générant des besoins continus en infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, hydrauliques et urbaines. Le marché thaïlandais de la construction est estimé à 27,7 Mds EUR en 2026, contre 26,2 Mds EUR en 2025. Dans les infrastructures, la commande publique et les partenariats public-privé restent les principaux moteurs : le budget 2026 du ministère des Transports atteint 7,1 Mds EUR, en hausse de 8,5 % sur un an. Les investissements se concentrent sur les axes routiers et expressways autour de Bangkok, les liaisons vers les zones touristiques, le doublement des voies ferrées du Sud, l’extension de quatre grands aéroports et les infrastructures de l’Eastern Economic Corridor. La réalisation des grands projets reste sensible aux transitions politiques, aux délais d’approbation budgétaire, aux acquisitions foncières, aux revues environnementales et aux négociations de partenariats public-privé. Au premier trimestre 2026, l’activité de construction a progressé de 6,2 % sur un an, portée notamment par la construction publique. Au-delà des nouveaux projets d’infrastructure, la demande concerne la rénovation du parc immobilier, l’adaptation des ouvrages aux inondations et aux autres risques climatiques, la maintenance des infrastructures existantes ainsi que le recours à des bétons et ciments à plus faible empreinte carbone.
Répartition des onze mégaprojets de transport proposés en 2026
Valeur des projets routiers, ferroviaires et aéroportuaires en attente d’approbation gouvernementale.
4,5 Mds EUR6 projets
Routes et autoroutes
2,7 Mds EUR 3 sections
Doublement ferroviaire
2,4 Mds EUR 4 projets
Extensions aéroportuaires
Opportunités pour l'offre française
Les onze projets prioritaires de 2026 créent des débouchés en études, supervision, systèmes de transport intelligents (ITS), signalisation, péage, cybersécurité, équipements de voie et maintenance prédictive. Les voies doubles du Sud, les extensions des quatre grands aéroports, l’autoroute M8 et l’Expressway de Phuket constituent les dossiers les plus lisibles. La phase 3 de Laem Chabang, les métros de Bangkok et l’EEC offrent des besoins en intégration multimodale et gestion numérique des actifs. Le nouveau cadre d’achats publics verts, en vigueur pour l'exercice 2026, favorise le béton bas carbone, l’analyse du cycle de vie et l’efficacité énergétique. Une approche en consortium avec un partenaire thaïlandais demeure indispensable pour les lots d’exécution.
Source : https://secutechthailand.tw.messefrankfurt.com/bangkok/en/facts-figures/Major_projects/thailand-plans-37-billion-smart-city-to-support-industrial (19/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les donneurs d’ordre recherchent des solutions permettant de réduire l’empreinte du ciment et du béton, d’optimiser l’usage de l’eau, de valoriser les déchets de chantier et de prolonger la durée de vie des ouvrages. Le cadre thaïlandais d’achats publics verts entre en application durant l’exercice 2026, avec des agences pilotes et des catégories de produits soutenues. Il vise notamment la décarbonation du ciment, du béton, de l’acier et des matériaux industriels. Les offres différenciantes combinent déclarations environnementales, analyse du cycle de vie, traçabilité des matériaux, BIM, capteurs structurels, maintenance prédictive et mesure vérifiable des émissions. En zone urbaine ou littorale, la maîtrise du bruit, des poussières, des eaux de ruissellement, des risques d’inondation et de l’érosion constitue également un critère technique important.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les projets relevant des catégories fixées par le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement doivent obtenir l’approbation d’une étude d’impact environnemental avant les travaux. Une évaluation environnementale et sanitaire renforcée s’applique aux opérations susceptibles d’affecter gravement les ressources naturelles, la santé ou la qualité de vie. Le dispositif couvre notamment certaines infrastructures ferroviaires, aéroportuaires, portuaires, routières et industrielles, ainsi que des remblaiements maritimes. Réalisé par un consultant habilité, le dossier doit prévoir les mesures d’évitement, de réduction et de suivi, ainsi que la participation du public, avant examen par le comité d’experts compétent. Les prescriptions approuvées s’imposent durant la construction et l’exploitation ; toute modification substantielle peut nécessiter une actualisation du dossier.
Labels et certifications
TREES est le référentiel thaïlandais de performance énergétique et environnementale des bâtiments. Il couvre la gestion de projet, l’énergie, l’eau, les matériaux, les déchets et la qualité de l’air intérieur, selon quatre niveaux de certification. LEED s'applique aux projets ciblant une reconnaissance internationale. Le Thai Green Label (écolabel ISO 14024 Type I) certifie des produits et services à impact réduit sur leur cycle de vie, appuyant la commande publique verte. ISO 14001, ISO 45001 et les EPD complètent le dispositif.
Source : https://thaipublica.org/2025/05/tbcsd-green-public-procurement-framework-tonet-zero/ (19/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour les travaux principaux, privilégier un consortium ou un accord de sous-traitance avec Italian-Thai Development, CH. Karnchang, STECON Group, Unique Engineering & Construction ou un entrepreneur spécialisé déjà préqualifié. Pour les systèmes, l’ingénierie et les équipements, rechercher un intégrateur local disposant de références auprès du ministère des Transports, de la SRT, de la MRTA, du Department of Highways, de l’Expressway Authority, d’AOT ou de la Port Authority. L’offre doit prévoir documentation en thaï, formation, transfert de compétences, maintenance locale, disponibilité des pièces et engagement de performance. Une présence à Bangkok facilite le suivi des consultations, tandis qu’un relais dans l’EEC est pertinent pour les dossiers de Chonburi, Chachoengsao et Rayong.
La réglementation spécifique
Une société détenue à au moins 50 % par des intérêts étrangers relève du Foreign Business Act. La construction et certains services d’ingénierie peuvent relever de la liste 3 : une Foreign Business Licence est alors requise, sauf exemption ou certificat du Board of Investment. Les marchés publics relèvent du Public Procurement and Supplies Administration Act et sont publiés sur le système électronique national. Les appels d’offres peuvent exiger immatriculation locale, préqualification, références, garanties bancaires et licences thaïlandaises. Les prestations réglementées d’architecture et d’ingénierie doivent être signées ou supervisées par des professionnels autorisés en Thaïlande. Les autorisations foncières, de construction et environnementales doivent être obtenues avant travaux.
Niveau de taxation
La TVA sur les ventes de biens, services et importations est maintenue à 7 % jusqu’au 30 septembre 2026 ; le taux pourrait alors passer au taux "normal" de 10 %. À l’importation, elle est calculée sur la valeur en douane majorée des droits et taxes. Les droits de douane varient selon le code tarifaire, l’origine et les préférences conventionnelles : aucun taux générique ne couvre l’ensemble des machines, matériaux ou systèmes de travaux publics. La classification doit être vérifiée dans la base tarifaire des douanes thaïlandaises avant chiffrage. Les entreprises locales sont soumises à l’impôt sur les sociétés et aux retenues applicables à certains services, loyers, intérêts ou paiements transfrontaliers. Les avantages fiscaux et douaniers du Board of Investment ou de l’EEC dépendent de l’activité, de la localisation et de l’agrément obtenu ; ils ne sont pas automatiques.