Les fondamentaux
En 2025, la Turquie confirme sa position de puissance maritime émergente à la croisée des routes commerciales mondiales. Le secteur représente environ 2 % du PIB du pays avec près de 300 000 emplois directs et indirects. La flotte marchande turque est classée au 11ᵉ rang mondial en termes de tonnage avec une capacité de plus de 53 M de tonnes de port en lourd et plus de 2 200 navires en activité.
En 2025, 87,2 % du commerce extérieur turc en volume et 58,2 % en valeur transitent par la mer. Les ports turcs ont manutentionné 553,3 M tonnes de marchandises, dont 271,7 M tonnes à l’import, 142,8 M tonnes à l’export, 69,7 M tonnes en cabotage et 69,2 M tonnes en transit. Le pays dispose d’un réseau dense d’infrastructures : 85 chantiers navals, 65 marinas, 23 installations de recyclage de navires et environ 950 structures côtières actives. La construction navale reste orientée export, réparation, navires spéciaux, défense, yachts, remorqueurs et navires verts, avec une production de plus en plus liée à l’électrification, aux carburants alternatifs, aux systèmes hybrides et à la décarbonation.
Chiffres clés du secteur maritime
169,7 Mt30,7 %
Vrac liquide
160,9 Mt 29,1 %
Vrac solide
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités se concentrent sur la décarbonation et la modernisation : rétrofit énergétique, motorisations hybrides ou électriques, LNG, hydrogène, ammoniac, efficacité énergétique portuaire, électrification d’équipements, shore power, systèmes de mesure carbone et conformité environnementale. Les ports recherchent aussi des solutions Smart Port, cybersécurité, traçabilité, optimisation des escales, gestion du trafic, connectivité ferroviaire et logistique intermodale. Les chantiers navals et armateurs constituent des cibles directes pour équipements marins, propulsion, électronique de navigation, sécurité, matériaux innovants, refit vert, maintenance et ingénierie. Les besoins sont renforcés par le programme UE de décarbonation maritime et par l’orientation des yards turcs vers les navires verts exportés vers l’Europe.
Source : Ministère des Transports, Chambre turque du Commerce Maritime (27/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent sur l’efficacité énergétique, les carburants alternatifs, les navires hybrides/électriques, l’autonomie, la maintenance prédictive, la cybersécurité et l’intégration numérique des ports. Les chantiers turcs ont déjà développé ou construit des projets de navires électriques, hybrides, LNG, remorqueurs autonomes et navires spéciaux ; ils recherchent des solutions conformes aux standards européens pour préserver leur compétitivité à l’export. Les ports attendent des technologies de réduction des émissions, d’électrification des équipements, de gestion énergétique et d’intégration de renouvelables.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Depuis le 1er mai 2025, la Méditerranée est une zone de contrôle des émissions de soufre au titre de MARPOL Annexe VI : les navires y opérant doivent utiliser un fuel à 0,10 % de soufre maximum, contre 0,50 % hors zones ECA. En Turquie, le règlement Yeşil Liman encadre la certification des installations côtières afin de réduire les impacts environnementaux des opérations navires/cargaisons et d’améliorer l’efficacité énergétique. Les critères incluent systèmes ISO, reporting, réduction des émissions, énergie, déchets et audits.
Labels et certifications
Les certifications pertinentes sont Yeşil Liman / Green Port pour les installations portuaires, ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001, ISO 14064-1 et ISO 50001 pour les systèmes qualité, environnement, sécurité, carbone et énergie. Le label Mavi Bayrak / Blue Flag est valorisé pour les marinas et le tourisme maritime : en 2025, la Turquie compte 29 marinas, 18 bateaux touristiques et 8 yachts individuels labellisés. Les classifications navires, certificats CE et conformité aux standards IMO/UE restent essentiels selon l’équipement.
Source : Journal officiel (Resmî Gazete), IMO, ministères des Transports (27/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’approche recommandée est double : contact direct avec les donneurs d’ordres — chantiers navals, armateurs, opérateurs portuaires, marinas, sociétés de réparation — et appui local via agent, distributeur ou intégrateur technique pour assurer suivi commercial, SAV et conformité. Les partenaires pertinents sont les fournisseurs de chantiers, bureaux d’ingénierie, sociétés de classification, intégrateurs de systèmes portuaires, équipementiers et opérateurs logistiques.
La réglementation spécifique
L’importation repose sur la classification GTIP/HS, la déclaration douanière et la mise en libre pratique. Les documents exigibles varient selon le produit : certificats de conformité, contrôles produits, normes, restrictions, quotas, CE, permis ou autorisations spécifiques. Pour les produits industriels en libre circulation UE-Turquie, l’union douanière permet l’exonération des droits de douane sous certificat A.TR
Niveau de taxation
La Turquie est en union douanière avec l’Europe depuis 1996 et n’applique pas de droits de douanes sur les produits industriels importés. Le taux de TVA est de 20 %.
Source : ministère du Commerce, Invest in Türkiye (27/07/2026)