Les fondamentaux
Le Japon dépend largement de l’offre étrangère pour s’alimenter, avec un taux d’autosuffisance calorique de 40%, un des plus faibles des pays industrialisés. Le Japon consomme plus de viande que de poisson depuis 2011. En 2025, les importations japonaises de viande reculent de 6,11 % pour s'établir à 8,96 Mds EUR, après une année 2024 particulièrement dynamique. Malgré ce tassement ponctuel, le marché conserve des perspectives favorables à moyen terme, la croissance des importations étant restée relativement soutenue sur la période récente.
La volaille est la viande la plus consommée au Japon et a une utilisation assez variée. C'est une viande d'utilisation quotidienne avec une production locale abondante et en augmentation constante.
Le porc est une viande appréciée dans une variété de plats mais sa consommation est moins fréquente que le poulet. En 2025, le Japon demeure de loin le 1er pays au monde importateur de viande de porc en valeur. Pour la charcuterie, le Japon consomme essentiellement des saucisses et du jambon cru.
Sur le bœuf, il existe à la fois une offre bas de gamme pour consommation en fastfood, du type « Gyudon » et une offre haut de gamme, notamment la Wagyu avec le célèbre bœuf de Kobe, principalement à destination des restaurants.
Pays fournisseur de viande en valeur en 2025
Exportation française par catégorie en 2025
Opportunités pour l'offre française
• La France exporte majoritairement de la viande porcine et ses produits dérivés vers le Japon. En 2019, à la faveur de l’Accord UE-Japon, les importations japonaises de viande porcine française avaient enregistré une très belle progression avant d'être affectées par le Covid, puis de montrer une reprise favorable dans les années qui ont suivi. Malgré une baisse relative des exportations en 2025, la dynamique est soutenue et favorable sur le long terme : entre 2015 et 2024, les exportations françaises de porc vers le Japon ont doublé en valeur, passant de 41 à 84 M EUR.
• L’opportunité sur le segment de la charcuterie connait un nouveau souffle à la faveur de la suspension des exportations de porc espagnol, qui s’ajoute à celle touchant l’Italie. Les exportations françaises de salaisons, qui constituent le deuxième produit carné le plus exporté vers le Japon, enregistrent une hausse de 3,6 % pour atteindre 4,12 M EUR. Il s’agit d’une occasion de consolider la position de la France sur ce secteur et de fidéliser des clients. A noter enfin que pour cette catégorie de produits les taxes douanières sont faibles et devraient entièrement disparaitre à l’horizon 2028.
Source : GTA – S&P Global, Businessfrance (09/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Il existe un discours émergent sur une viande plus "naturelle", encore marginal. La consommation de viande au Japon est en hausse constante, la priorité restant la productivité.
C’est particulièrement vrai pour la volaille — viande la plus consommée au Japon — où l’élevage en cage et l’usage d’antibiotiques sont la norme. Toutefois, une niche qualitative se développe, portée par des marques répondant aux attentes croissantes des consommateurs. Certaines revendiquent une alimentation sans antibiotiques ni agents antibactériens de synthèse, séduisant un public soucieux de santé.
Depuis octobre 2021, Aeon, acteur majeur de la distribution, propose sous sa MDD Top Value un « natural pork ». Bien que marginal, ce phénomène s’accompagne de l’émergence d’opérateurs ultra spécialisés en viande organique.
La popularité croissante des régimes hyperprotéinés devrait stimuler la hausse de la consommation de viande au Japon.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le Japon dispose d’une réglementation encadrant les produits biologiques et d’un label Organic JAS Japanese Agricultural Standard.
Le Japon reconnaît aujourd’hui l’équivalence des normes bio européennes (dont françaises) pour les produits animaux (vivants ou non transformés).
Les produits bio européens peuvent désormais être importés via un importateur certifié JAS Organic, qui appose le logo JAS, ou faire l’objet d’une demande directe de reconnaissance d’équivalence auprès des autorités japonaises compétentes.
Cet accord d’équivalence en vigueur est valable jusqu’au 31 décembre 2026. La Commission européenne et le Parlement européen négocient actuellement en vue de prolonger cet accord jusqu'en 2036.
Labels et certifications
Le Japon dispose d’une réglementation encadrant les produits biologiques et d’un label Organic JAS (Japanese Agricultural Standard).
Les produits européens d’origine animale contenant plus de 5 % d’ingrédients d’origine animale peuvent aujourd’hui obtenir la certification JAS Organic par équivalence ou via un importateur agréé.
Source : ministère de l’Agriculture, Business France, Euromonitor (09/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Il est possible de travailler avec deux types d’importateurs différents :
- pour les produits gourmets (luxe), il existe un petit nombre d’importateurs spécialisés en produits carnés, un certain nombre d’entre eux étant des francophiles à même de promouvoir les produits dans le réseau Horeca / grands magasins / supermarchés gourmets ;
- pour les « commodities », il est nécessaire de passer par de très gros acteurs alimentant les transformateurs japonais notamment les grandes maisons de commerce japonaises (sogo shosha),ou des maisons de commerce spécialisées.
La réglementation spécifique
Seuls les produits dont l’ouverture du marché est acquise peuvent être exportés vers le Japon, à condition :
- d’avoir été manipulés par des établissements disposant des agréments requis pour le Japon ;
- d’être accompagnés du certificat sanitaire approprié signé par un vétérinaire de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) ;
- d’être en conformité avec les conditions sanitaires d’exportation négociées entre la France et le Japon ;
- d’être conforme à la réglementation japonaise locale.
Consulter le site du ministère de l'agriculture : expadon 2 pour le détail des conditions sanitaires d'exportation propre à chaque viande.
Niveau de taxation
TVA : 8 % pour les produits alimentaires vendus dans le circuit off-trade ; 10 % si vendus dans le circuit on trade.
Le tarif douanier de base est le tarif OMC et s'applique par défaut si les bénéfices de l'accord APE ne sont pas demandés/obtenus.
L’accord UE-Japon permet d’éliminer progressivement les droits de douane sur certains produits de viande. Pour d’autres, il ne s'agira que d’une baisse. Dans la plupart des cas, les éliminations de droits interviennent dans un contingent limité et attribué aux seuls produits européens, au terme d’un calendrier de plusieurs années et uniquement aux importateurs ayant obtenu une allocation du contingent.
Par exemple, les salaisons de porc relevant de la sous-position 0210.19.20 bénéficient d’une réduction progressive des droits de douane dans le cadre de l’APE UE‑Japon. Le taux préférentiel applicable aux produits européens est de 0,7 % en 2026 et doit atteindre 0 % en 2028.
Source : Business France, Expadon 2, Japan Customs
(09/07/2026)