Les fondamentaux
Le secteur de la santé constitue l'un des piliers de la stratégie de diversification économique des Émirats arabes unis. À travers les visions « We the UAE 2031 », le pays ambitionne de développer un système de santé parmi les plus performants au monde, de renforcer sa souveraineté sanitaire et de s'imposer comme un hub régional de référence pour les soins spécialisés, et le tourisme médical.
Dans cette dynamique, Dubaï a adopté en 2026 une loi créant la Dubai Longevity Authority, chargée de structurer et réguler les thérapies et innovations liées à la longévité, avec pour objectif de positionner l’émirat comme un hub mondial du secteur. Pour soutenir ces ambitions, le pays poursuit des investissements soutenus dans les infrastructures hospitalières, la transformation numérique, la médecine de précision, l'intelligence artificielle et la recherche biomédicale. Les grands groupes hospitaliers, publics comme privés, multiplient les projets d'expansion tandis que de nouvelles initiatives, telles que le développement du Life Sciences Cluster d'Abu Dhabi, visent à attirer les industriels internationaux et à favoriser la production locale de technologies de santé.
Malgré cette volonté de développer une base industrielle nationale, le marché des dispositifs médicaux demeure très largement tributaire des importations, qui représentent plus de 95 % de l'offre disponible. Estimé à 3,18 Mds USD en 2025, il devrait atteindre 4,71 Mds USD d'ici 2030. Cette progression est portée le développement du secteur hospitalier privé, avec des établissements de santé intelligents (smart hospitals).
Opportunités pour l'offre française
Formation, transfert de compétences et partenariats : les Émirats investissent fortement dans la montée en compétences et favorisent les collaborations avec des acteurs internationaux pour développer des pôles d’excellence et accélérer l’intégration de technologies innovantes. Les partenariats hospitaliers et académiques se multiplient, à l’image de la collaboration entre Emirates Hospitals Group et le CHU de Nice, illustrant l’intérêt pour l’expertise clinique française et les formations spécialisées. Santé digitale & IA : le développement des smart hospitals et la pression sur l’expérience patient favorisent l’adoption de solutions combinant dispositifs médicaux, data et services. Les besoins se concentrent notamment sur l’imagerie, le diagnostic in vitro, les dispositifs connectés et les outils d’IA (aide au diagnostic, optimisation des parcours de soins) Prévention et longévité : Lancement en 2026 de Dubai Longevity Authority illustre la structuration du marché autour de la prévention, de la médecine personnalisée et du suivi prédictif, créant des opportunités pour les dispositifs de diagnostic précoce, de monitoring et de suivi patient.
Source : Business France, Divers (15/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché émirien privilégie des solutions technologiques avancées, directement opérationnelles et adaptées aux besoins des établissements privés, avec un fort niveau d’exigence en matière de performance clinique, d’intégration digitale et de retour sur investissement. L’innovation est attendue non seulement sur le produit (imagerie avancée, dispositifs connectés, diagnostic rapide), mais aussi sur la capacité à proposer des solutions complètes intégrant logiciels, data et services associés. Les acheteurs valorisent particulièrement les technologies permettant d’améliorer l’expérience patient, d’optimiser les flux hospitaliers et de renforcer l’efficience des soins.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Dans le secteur des dispositifs médicaux, les Émirats intègrent progressivement des critères environnementaux, notamment via les exigences des grands groupes hospitaliers et les normes appliquées aux infrastructures (LEED, Estidama). Les acheteurs accordent une attention croissante aux équipements permettant de réduire les consommables, d’optimiser la consommation énergétique et de limiter les déchets médicaux, en particulier pour les dispositifs à usage unique. Dans ce contexte, les fabricants proposant des solutions éco‑conçues ou permettant une meilleure gestion du cycle de vie des produits (maintenance, durabilité, recyclabilité) bénéficient d’un avantage compétitif, en particulier dans les appels d’offres des établissements privés.
Labels et certifications
L’accès au marché des DM repose sur une procédure d’enregistrement obligatoire auprès des autorités compétentes, via un distributeur local agréé. Les certifications internationales constituent un prérequis essentiel : le marquage CE est accepté et souvent suffisant pour initier la procédure d’enregistrement, tandis que la certification FDA est également valorisée, notamment pour les segments haut de gamme. Au‑delà de l’approbation réglementaire, les établissements de santé, en particulier privés, accordent une importance croissante aux références internationales, aux validations cliniques et aux standards qualité (ISO), qui jouent un rôle déterminant dans les décisions d’achat.
Source : Business France (15/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché des DM aux Émirats repose quasi systématiquement sur un distributeur local, disposant des agréments nécessaires pour l’enregistrement des produits (MOHAP, DHA, DOH) et d’un accès direct aux groupes hospitaliers, en particulier privés. Le partenaire idéal combine capacités réglementaires, réseau commercial solide et infrastructure technique (SAV, maintenance, formation). Sur un marché très concurrentiel et orienté service, une approche commerciale efficace repose sur une présence terrain régulière, le développement de relations directes avec les décideurs hospitaliers et la capacité à proposer des solutions complètes intégrant produit, support technique et accompagnement clinique. Les cycles de vente sont souvent longs et nécessitent un suivi étroit.
La réglementation spécifique
Les DM doivent être enregistrés auprès du MOHAP ou des autorités locales compétentes, via un représentant local disposant d’une licence d’importation. L’enregistrement repose sur une procédure de classification(classe I à IV selon le niveau de risque), avec des exigences documentaires (dossier technique, marquage CE ou approbation FDA, certificats ISO 13485, rapports cliniques, procédure de vigilance). Le titulaire de l’enregistrement (souvent le distributeur) est responsable de la conformité réglementaire, incluant la traçabilité des produits, la gestion des incidents (materiovigilance) et les obligations de post‑market surveillance. Les dispositifs doivent être étiquetés selon les exigences locales (anglais/arabe), avec numéro d’enregistrement et identification du distributeur.
Niveau de taxation
Droits de douane : 5 % sur la valeur CIF
TVA : taux standard de 5 %, avec application d’un taux 0 % (zero‑rated) pour les dispositifs médicaux enregistrés auprès du Ministry of Health and Prevention (MOHAP)
Source : Business France (15/07/2026)