Les fondamentaux
Le Vietnam s’impose comme l’un des marchés de santé les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Porté par la croissance économique, l’amélioration de l’accès aux soins et la transition démographique, le pays connaît une forte progression de la demande pharmaceutique, stimulée par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et les besoins croissants en traitements spécialisés. Cette dynamique soutient à la fois la consommation de médicaments conventionnels et le développement de segments à plus forte valeur ajoutée.
Si les médicaments conventionnels et génériques représentent encore près de 60 % de la consommation, de nouveaux segments gagnent du terrain : biomédicaments, biosimilaires, vaccins, diagnostics moléculaires, thérapies cellulaires et géniques, ainsi que médecine personnalisée. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie nationale de développement pharmaceutique (Décision 1165/QĐ-TTg, 2023), qui vise à renforcer l’industrie locale, favoriser les transferts de technologie et s’aligner sur les standards internationaux. Malgré plus de 242 sites GMP-WHO, dont 21 certifiés EU-GMP, le Vietnam demeure dépendant des importations (90 % des matières premières) et encore limité en biotechnologies. Dans ce contexte, la France bénéficie d’un positionnement spécifique : l’accord intergouvernemental France-Vietnam, structuré depuis 1993, où la santé occupe une place centrale. Cette relation renforce la légitimité de l’offre française dans la bioproduction, les essais cliniques, le contrôle qualité, la chaîne du froid et les partenariats technologiques.
Marché biotech au Vietnam
Taille et croissance
2,98 Mds EUR2025
Marché biotech
7,76 Mds EUR2034
Projection
Opportunités pour l'offre française
La volonté vietnamienne d’accroître la production locale ouvre des opportunités dans les vaccins, biomédicaments, biosimilaires et autres médicaments spécialisés. Environ 90 % des matières premières utilisées dans la fabrication de médicaments doivent encore être importées, tandis que les capacités locales en biotechnologies restent limitées.
Les opportunités françaises concernent le transfert de procédés, les lignes aseptiques, la culture cellulaire, la purification, le remplissage, la lyophilisation, la chaîne du froid, la validation GMP, les équipements de contrôle biologique, les intrants critiques et l’accompagnement réglementaire.
Source : Team France Export ; VNVC ; Sanofi ; VietnamPlus ; Nhân Dân (16/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent sur des solutions capables d’améliorer la qualité, la sécurité et la soutenabilité de la production pharmaceutique et biotech. L’expertise française peut répondre à ces besoins à travers des technologies de fabrication avancées, des procédés plus sobres en ressources, des lignes aseptiques performantes, le contrôle qualité, la validation des procédés, la pharmacovigilance et la traçabilité des lots. Les entreprises françaises peuvent aussi contribuer à réduire l’empreinte carbone des chaînes d’approvisionnement, notamment via l’optimisation de la chaîne du froid, la réduction des pertes, la maîtrise des intrants critiques et l’amélioration du suivi logistique. Ces apports soutiennent la montée en gamme du secteur vietnamien tout en renforçant la sécurité sanitaire, la conformité internationale et l’accès à des médicaments fiables.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le secteur pharmaceutique et biotech est soumis à la loi vietnamienne sur la protection de l’environnement de 2020 et aux règles relatives aux déchets dangereux et biomédicaux. Les fabricants doivent assurer le traitement des effluents, la gestion sécurisée des substances chimiques et biologiques, l’élimination contrôlée des produits non conformes ou périmés, ainsi que la traçabilité des lots et des rejets. Pour les vaccins, biomédicaments et thérapies cellulaires, les exigences GMP renforcent la maîtrise des procédés aseptiques, des zones propres, de la chaîne du froid et des contrôles biologiques. Les projets industriels d’envergure peuvent être soumis à une évaluation d’impact environnemental et à des autorisations spécifiques avant mise en exploitation.
Labels et certifications
La certification GMP doit correspondre au site, à la ligne de production et aux formes pharmaceutiques concernées. Le WHO-GMP constitue la référence la plus répandue pour la production locale. L’EU-GMP ou le PIC/S-GMP apporte un avantage pour les médicaments stériles, vaccins, produits biologiques, transferts de technologie et projets d’exportation. La chaîne logistique doit également respecter les bonnes pratiques de stockage et de distribution, notamment pour les produits thermosensibles. Une certification générale de l’entreprise ne suffit donc pas : l’acheteur doit vérifier le périmètre certifié, l’autorité émettrice, la date de validité et les opérations effectivement couvertes.
Source : Team France Export ; Drug Administration of Vietnam ; Nhân Dân ; Environmental Protection Law 2020 (16/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché débute par un importateur-distributeur vietnamien agréé, maîtrisant l’enregistrement, les appels d’offres hospitaliers, la pharmacovigilance et, pour les biomédicaments, la chaîne du froid. Pour piloter ce partenaire et développer durablement les relations avec hôpitaux, laboratoires et autorités, le recours à un V.I.E constitue une étape intermédiaire avant l’ouverture d’une filiale. Sa mission peut couvrir la prospection, le suivi réglementaire, l’animation du distributeur et l’identification de projets de transfert technologique. Le V.I.E peut être hébergé à Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville par une structure référencée, avec bureaux, domiciliation et soutien opérationnel.
La réglementation spécifique
Le cadre a été renforcé par cinq textes structurants. La Loi n° 44/2024/QH15 modifie la loi pharmaceutique et encadre les chaînes de pharmacies, la vente en ligne, l'importation et les prix. Le Décret n° 163/2025/NĐ-CP en précise l'application. La Circulaire n° 12/2025/TT-BYT encadre l'autorisation de mise sur le marché, et la Circulaire n° 30/2025/TT-BYT la qualité et les rappels de médicaments. Depuis le 1er juin 2025, le Décret n° 70/2025/NĐ-CP impose aux pharmacies l'émission de factures électroniques reliées à l'administration fiscale, renforçant la traçabilité des ventes et la fiabilisation des stocks, prix et flux comptables.
Niveau de taxation
Les droits de douane sur les produits pharmaceutiques sont globalement faibles et en baisse. Dans le cadre de l’accord EVFTA, environ 71 % des lignes tarifaires pharmaceutiques sont exonérées immédiatement, le reste étant progressivement supprimé sur une période maximale de 10 ans. Les taux MFN restent applicables hors accords mais demeurent modérés. La TVA applicable aux médicaments et matières premières pharmaceutiques est fixée à un taux réduit de 5 %, contre 10 % en régime standard, ce qui limite l'impact fiscal à l'importation comme à la distribution.
Source : Ministère de la Santé ; VIR ; VCCI (16/08/2026)