Les fondamentaux
Le marché colombien de l’architecture évolue dans un secteur de la construction contrasté ; après une reprise des ventes de logements neufs en 2025 (+12,4 %), le premier semestre 2026 marque un ralentissement : ventes -9,9 %, lancements -15,8 % et mises en chantier -19,6 % sur un an. Le DANE (Institut national de statistique de Colombie) confirme cette faiblesse, avec une baisse de 8,2 % de la valeur ajoutée des bâtiments résidentiels et non résidentiels au T1 2026.
Des signaux de reprise existent toutefois : en mai 2026, 1,92 M de m² ont été autorisés à construire, soit +33,2 % sur un an. Le marché reste porté par les besoins en logement, le renouvellement urbain, les équipements publics, la santé, l'éducation, la mobilité et l'adaptation climatique, notamment dans les grandes métropoles et villes intermédiaires. La construction durable se généralise : en 2025 un logement livré sur deux disposait d’une certification de durabilité et la Colombie dépassait 20 M de m² certifiés EDGE. La Résolution 0194/2025 renforce les exigences d’économie d’eau et d’énergie pour les bâtiments neufs. BIM, conception bioclimatique, préfabrication, rénovation et outils numériques progressent. Le nouveau gouvernement, en fonction depuis août 2026, affiche une priorité à la relance de la construction, au logement et à l’investissement privé. Compte tenu du caractère récent de changement d'exécutif, les mesures opérationnelles et leur impact concret sur les projets urbains restent à préciser.
Opportunités pour l'offre française
Le marché non résidentiel représente près de 4,6 M de m² construits par an et environ 25 000 Md COP d’investissements, offrant des débouchés dans la santé, l’éducation, le tourisme, les équipements culturels, les bureaux et les infrastructures de transport. Les expertises françaises sont particulièrement pertinentes sur la conception bioclimatique, la rénovation et reconversion du bâti, le BIM, l’efficacité énergétique et les projets urbains complexes. La montée des certifications durables et les nouvelles exigences d’économie d’eau et d’énergie renforcent cette demande. Les projets hospitaliers, éducatifs et de renouvellement urbain, ainsi que la relance annoncée de l’investissement et des infrastructures par le nouveau gouvernement, peuvent créer de nouvelles opportunités. Les concours internationaux et projets soutenus par l’AFD ou les bailleurs multilatéraux constituent des points d’entrée privilégiés.
Source : Camacol, ANI, MinVivienda (11/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les maîtres d’oeuvre recherchent des solutions conciliant performance environnementale, confort d’usage et maîtrise des coûts. Les expertises attendues portent sur la conception bioclimatique, l’efficacité hydrique et énergétique, les matériaux à faible empreinte carbone, l’économie circulaire et les solutions basées sur la préservation et la protection de la nature. Le BIM, la modélisation 3D, la conception paramétrique et les outils collaboratifs progressent également. La Résolution 0194/2025 renforce les objectifs d’économie d’eau et d’énergie des bâtiments neufs, tandis que la diffusion d’EDGE, CASA Colombia et LEED favorise une approche fondée sur la performance mesurable. Résilience climatique, accessibilité, qualité des espaces et intégration au tissu urbain sont aussi valorisées.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La construction durable est principalement encadrée par la Résolution 0194/2025, qui remplace la Résolution 0549/2015 et renforce les objectifs obligatoires d’économie d’eau et d’énergie applicables aux bâtiments neufs selon leur usage, leur localisation et leur zone climatique. La gestion des déchets de construction et démolition (RCD) relève des Résolutions 472/2017 et 1257/2021, qui imposent des mesures de prévention, tri, réemploi, valorisation et traçabilité. Les projets susceptibles de générer des impacts environnementaux significatifs peuvent être soumis à licence au titre du Décret 1076/2015, avec étude d’impact, plans de gestion, mesures de prévention, compensation et suivi. Selon la nature et l’implantation du projet, des exigences spécifiques peuvent également s’appliquer à la gestion de l’eau, aux émissions atmosphériques, au bruit, à la biodiversité et aux risques naturels.
Labels et certifications
Les certifications les plus présentes sont EDGE, LEED et CASA Colombia. EDGE, développée par l’IFC, mesure notamment les économies d’énergie, d’eau et le carbone incorporé ; LEED est largement utilisée pour les bâtiments tertiaires à haute performance. CASA Colombia, portée par le CCCS, cible le logement durable et sain. Volontaires, ces certifications renforcent l’attractivité des projets et peuvent faciliter l’accès à des financements verts. La Résolution 0194/2025 permet aussi l’homologation de labels comme moyen alternatif de vérification des exigences de construction durable.
Source : MinVivienda, MinAmbiente, ANLA, CCCS, IFC/EDGE, USGBC (11/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les partenaires à privilégier sont les promoteurs et développeurs immobiliers, cabinets d’architecture et d’ingénierie, entreprises de construction/EPC et opérateurs publics chargés de structurer ou exécuter les projets. Pour une agence française, l’alliance avec un partenaire colombien facilite l’accès aux concours, la maîtrise des normes locales et le suivi opérationnel. Une présence régulière sur le marché, des références internationales adaptées au contexte local et une capacité à travailler en espagnol sont déterminantes. Pour les projets publics, il est essentiel de suivre SECOP II et les consultations d’ENTerritorio. Camacol est également un relais utile pour accéder à l’écosystème de la construction.
La réglementation spécifique
La conception et l’exécution des projets doivent respecter le Plan d’Ordenamiento Territorial (POT) de chaque commune, les règles d’usage du sol et le régime des licences urbanistiques du Décret 1077/2015. Les constructions soumises à permis doivent également respecter la norme parasismique NSR-10, modifiée notamment en 2023 et 2025. Les licences sont délivrées par les curadurías urbanas ou l’autorité municipale compétente. L’exercice de l’architecture est réglementé par la Loi 435/1998 : les architectes étrangers domiciliés à l’étranger et intervenant en Colombie doivent obtenir une licence temporaire spéciale auprès du CPNAA. Selon le projet, des études de sols, mobilité, patrimoine ou environnement peuvent aussi être exigées.
Niveau de taxation
Les prestations d’architecture sont en principe soumises à la TVA (IVA) au taux général de 19 %. Le taux général de l’impôt sur les sociétés est de 35 %. S’y ajoute l’ICA, impôt municipal sur les activités économiques, dont le taux varie selon la ville et l’activité exercée. Les services fournis depuis l’étranger à un client établi en Colombie peuvent également être soumis à l’IVA et à des retenues fiscales selon leur qualification. Les certifications EDGE, LEED ou CASA Colombia n’ouvrent pas, à elles seules, droit à une exonération fiscale nationale. Les avantages existants concernent surtout certains investissements certifiés en efficacité énergétique ou en amélioration environnementale.
Source : DIAN, MinAmbiente, UPME, MinVivienda, CPNAA (11/08/2026)