Les fondamentaux
L’Inde exploite 24 réacteurs répartis sur 7 sites, pour une puissance installée de 8 780 MWe à juin 2026. Le parc associe des PHWR de conception indienne, 2 réacteurs à eau bouillante anciens à Tarapur et 2 VVER russes à Kudankulam. La production cumulée de NPCIL approche 995 TWh depuis 1969 ; sur avril-juin 2026, le parc a produit 16,43 TWh, avec un facteur de charge de 91 %. L’État vise 100 GW en 2047, contre environ 3 % de la production électrique nationale actuellement. La trajectoire repose sur les PHWR de 700 MWe construits en série, les réacteurs russes de Kudankulam, les surgénérateurs, les petits réacteurs modulaires et, à plus long terme, le cycle du thorium. Le SHANTI Act de 2025 autorise désormais, sous licence centrale et contrôle de sûreté, une participation privée limitée à la construction, à la propriété et à l’exploitation d’installations. Le secteur reste néanmoins stratégique : combustible, matières nucléaires, sûreté, responsabilité civile et autorisations restent étroitement contrôlés.
Ambitions nucléaires de l’Inde à l’horizon 2047
8 780 MW
Capacité installée (juillet 2026)
22 480 MW
Objectif 2031-32
10-11 %
Part prévue dans le mix électrique (2047)
~54 GW
Contribution visée par NPCIL seule
Opportunités pour l'offre française
La multiplication annoncée de la capacité par plus de 11 d’ici 2047 crée des débouchés sur l’ensemble du cycle de projet. Les priorités accessibles concernent l’assistance à maîtrise d’ouvrage, les études de sûreté, la simulation, l’instrumentation-contrôle, la cybersécurité, les systèmes électriques, les pompes et vannes qualifiées, les essais non destructifs, la robotique d’inspection, la maintenance prédictive et la prolongation de durée de vie.
Les SMR ouvrent un axe de co-développement pour l’alimentation de sites industriels, le remplacement de centrales fossiles, la production de chaleur, d’hydrogène et le dessalement. Le besoin de production en série favorise les partenariats technologiques avec les industriels indiens, la qualification locale et la formation des fournisseurs. Jaitapur reste un projet vitrine pour l’EPR et sa chaîne industrielle.
Les solutions françaises doivent intégrer contenu local important, un coût compétitif, la responsabilité du fournisseur et l’accompagnement réglementaire.

Source : Roadmap for 100 GW Nuclear Power Capacity by 2047, CEA, 27/06/2025 (17/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les technologies recherchées associent réacteurs modulaires, sûreté passive, fabrication modulaire, combustible avancé, numérique et diversification des usages. Trois concepts indiens sont prioritaires : BSMR de 200 MWe, SMR de 55 MWe et réacteur haute température de 5 MWth. Les besoins englobent simulation multiphysique, jumeaux numériques, contrôle-commande, cybersécurité, robotique en environnement irradiant, inspection en service, fabrication additive qualifiée et hydrogène produit avec chaleur nucléaire. La première criticité du PFBR renforce aussi la demande en technologies sodium, manutention du combustible, matériaux résistants et contrôle des réacteurs rapides.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Une centrale doit obtenir les autorisations de sûreté applicables à chaque étape de son cycle de vie et respecter l’Environmental Protection Act. L’implantation, la construction, la mise en service, l’exploitation et le déclassement font l’objet d’évaluations et d’inspections à plusieurs niveaux. Les rejets radioactifs, l’exposition des travailleurs et du public, le transport des matières ainsi que le stockage et l’élimination des déchets sont réglementés. Les déchets radioactifs relèvent des Atomic Energy Safe Disposal of Radioactive Wastes Rules. Une autorisation de sûreté est requise pour toute activité entraînant une exposition aux rayonnements ionisants. Les projets doivent aussi traiter les prélèvements et rejets d’eau, la biodiversité, les risques naturels et les plans d’urgence hors site.
Labels et certifications
Il n’existe pas de label commercial unique donnant accès au nucléaire indien. L’exigence centrale est la qualification du fournisseur et du produit selon les codes de sûreté, spécifications et programmes d’assurance qualité approuvés par l’exploitant et l’AERB. Les systèmes ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001 sont valorisés, sans se substituer aux autorisations nucléaires. Les composants sous pression, matériaux, soudures et contrôles doivent satisfaire les codes contractuels applicables, les procédures de traçabilité et la qualification du personnel. Les activités radiologiques nécessitent une autorisation AERB, notamment via le dispositif eLORA.
Source : Lois et règlements applicables, AERB Contrôle de la sûreté nucléaire, PIB, 01/04/2026 (17/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché passe prioritairement par NPCIL, BHAVINI, NTPC et leurs coentreprises, puis par les grands ensembliers et fabricants indiens. Une entreprise française doit identifier un partenaire industriel disposant d’usines, d’ingénieurs qualifiés et d’une expérience des appels d’offres publics. L’approche recommandée combine représentation locale, qualification préalable, démonstration de références nucléaires, transfert de savoir-faire et plan crédible de localisation. Les contrats imposent généralement une documentation exhaustive, la traçabilité des matières, des inspections client et des délais longs de qualification. Les rencontres avec le DAE, l’AERB, NPCIL et les industriels doivent précéder toute réponse commerciale.
La réglementation spécifique
Le SHANTI Act soumet la construction, la propriété ou l’exploitation d’une installation, ainsi que la fabrication, le transport, le commerce ou le stockage du combustible, à une licence de l’État central. Toute activité avec exposition radiologique exige une autorisation de sûreté de l’AERB. La responsabilité de l’exploitant est stricte et sans faute ; son plafond varie selon la puissance et la nature de l’installation. L’importateur doit en outre déterminer le classement douanier exact, respecter les restrictions relatives aux matières et technologies nucléaires, fournir les certificats d’origine et d’utilisation finale et vérifier les contrôles indiens et européens sur les biens à double usage.
Niveau de taxation
La fiscalité dépend du code douanier, de la nature du composant et des conditions du projet. Les biens destinés à la production nucléaire classés au tarif 8401 30 00 bénéficient d’une exonération totale du droit de douane de base ; la mesure a également régularisé les importations réalisées du 1er avril 2019 au 31 janvier 2026. L’exonération annoncée pour les équipements requis par les projets nucléaires est prolongée jusqu’en 2035, sous réserve du libellé et des conditions de la notification applicable. La GST n’est pas uniformément nulle : le barème doit être vérifié ligne par ligne selon le code HSN, la fourniture de biens ou de services et la qualification éventuelle de contrat composite. Les prélèvements à l’importation peuvent inclure l’IGST et les surcharges applicables, même lorsque le droit de base est nul.
Source : Notification douanière 53/2026, 11/06/2026 Barèmes officiels GST, CBIC Taux officiels de GST sur les biens, CBIC (17/08/2026)