Les fondamentaux
En 2026, la Colombie continue de s’imposer comme l'un des marchés les plus dynamiques d’Amérique latine dans les énergies renouvelables (EnR) et l’efficacité énergétique. Son mix électrique repose actuellement à 77% sur des EnR dont près de 70 % provient d’hydroélectricité. Le pays poursuit la diversification notamment via des initiatives dans le solaire, l’éolien, et la bioénergie. La géothermie est également considérée. Le cadre réglementaire est solide et favorable aux EnR : les lois n°1715 (2014) et 2099 (2021) offrent notamment des incitations fiscales (impôt sur le revenu, TVA et douane), une stabilité juridique et des outils comme les certificats d’énergie renouvelable.
La stratégie nationale vise une réduction de 51 % des émissions de GES d’ici 2030 par rapport à un scénario de statu quo, et impose la neutralité carbone d’ici 2050. Le programme PROURE encadre la politique d’efficacité énergétique dans les secteurs résidentiel, industriel, tertiaire et public. Le marché s’ouvre à de nouveaux acteurs grâce aux appels d’offres, aux PPP, aux modèles ESCO et aux mécanismes multilatéraux (projets AFD, BID). La transition repose sur une mobilisation conjointe de l’État, des entreprises, des collectivités territoriales et des investisseurs privés.
Le nouvel exécutif élu en juin 2026 a indiqué vouloir poursuivre la transition et combiner les EnR aux hydrocarbures, dont la production est amenée à croître, afin de poursuivre la diversification du mix colombien et garantir la sécurité énergétique du pays dans un contexte de phénomènes climatiques impactant la production hydroélectrique.
Mix électrique colombien, 2025
Un mix dominé par l'hydroélectricité dont la diversification s'accélère, notamment via le solaire.
Opportunités pour l'offre française
La transition énergétique colombienne voulue par le gouvernement national crée des opportunités dans le solaire centralisé et distribué ainsi que dans les services liés aux installations EnR, le stockage, l’efficacité énergétique, l’autogénération par les industriels, la digitalisation énergétique, les solutions et services pour zones non interconnectées (ZNI) et l'électrification rurale, les services d'audit et certification, traçabilité & reporting carbone, et la valorisation des résidus. Certains appels d’offres publics incluent désormais des clauses d’efficacité énergétique et d’innovation technologique.
Les projets multilatéraux (BID, Banque mondiale, AFD) visent les secteurs éducatif, hospitalier, agricole et logistique. Les entreprises françaises peuvent se positionner sur les ESCO, les infrastructures hybrides, les micro-réseaux, la supervision énergétique, l’éclairage intelligent, les batteries avancées et l’hydrogène vert. Le dynamisme des grandes villes couplée à une volonté de décentralisation, ainsi que les zones franches et parcs industriels offrent des voies d’entrée directe pour les PME innovantes.
Source : Business France, Procolombia, MinEnergia, UPME (01/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché colombien valorise fortement les solutions innovantes combinant production renouvelable, efficacité énergétique, monitoring en temps réel, flexibilité réseau et impact mesurable. Les acteurs locaux recherchent des technologies fiables, faciles à intégrer et compatibles avec les contraintes locales (zones rurales, climat, coûts).
En termes d'innovations, sont particulièrement attendus : plateformes intelligentes de gestion énergétique (EMS), maintenance prédictive, capteurs connectés, GTB, outils d’analyse carbone, stockage & batteries intelligentes, micro-réseaux, IA appliquée à l’optimisation énergétique. L’intégration au bâti (BIPV), les systèmes hybrides et les solutions plug & play sont également prisées. L’innovation est aussi attendue dans la contractualisation (modèles de performance garantie) et dans le financement (tiers-investissement, services partagés).
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les projets d'EnR en Colombie sont encadrés par les lois 99 (1993), 1715 (2014) et 2099 (2021). Selon leur nature, leur taille et leur localisation, ils sont soumis à un permis / licence environnementale délivrée par l’ANLA ou les autorités régionales (CAR), comprenant, le cas échéant, une étude d’impact environnemental, un plan de gestion environnementale et une consultation préalable des communautés ethniques concernées (notamment à La Guajira et Amazonie).
Les projets doivent également respecter les règles de raccordement au réseau ainsi que le RETIE - résolution 40284 (2026), qui fixe les exigences de sécurité, protection de l’environnement et conformité des installations électriques. Les projets implantés dans des zones écologiquement sensibles (dont bassins hydriques) font l’objet d’exigences renforcées, et les procédures restent relativement longues malgré les efforts de simplification administrative.
Labels et certifications
Les certifications valorisées incluent RETIE pour les installations et produits électriques, RETILAP/RETIQ pour éclairage et étiquetage énergétique selon les équipements, ISO 50001 pour les systèmes de management de l’énergie, et I-REC pour certifier l’origine renouvelable de l’électricité consommée.
Les projets bénéficiant d’incitations doivent obtenir la certification UPME applicable aux FNCER, à la gestion efficace de l’énergie ou à l’hydrogène.
Source : Business France, MinAmbiente, MinEnergia, UPME (01/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
La réussite d’un projet passe par l’identification de partenaires locaux solides : EPC et intégrateurs techniques, installateurs certifiés, bureaux d’études & d'ingénierie, développeurs ou opérateurs de zones franches. Les alliances avec des groupes énergétiques, des foncières ou des acteurs du BTP facilitent l’accès aux marchés. La connaissance ou les mises en relations par des partenaires locaux reconnus peut faciliter des connexions et augmenter la confiance des interlocuteurs.
Une approche B2B directe est pertinente, et les canaux institutionnels et les bailleurs de fonds (AFD, BID etc.) permettent également de structurer des projets complexes. La participation à des appels d’offres publics ou multilatéraux implique souvent des consortiums. Un accompagnement juridique local est recommandé.
La réglementation spécifique
Le cadre réglementaire colombien repose sur plusieurs textes clés : la loi 99 (1993, protection environnementale), la loi 143 (1994, marché électrique), la loi 1333 (2009, sanctions environnementales), la loi 1715 (2014) et sa mise à jour 2099 (2021, EnR et efficacité énergétique), la CREG (régulation tarifaire, interconnexion, stockage), ainsi que le PROURE (plan de rationalisation de l’énergie).
Les normes RETIE (électricité), RETILAP (éclairage) et ISO 50001 (management de l’énergie) s’appliquent aux installations. Les autogénérateurs doivent respecter les procédures d’enregistrement et de raccordement. Selon leur nature, les projets peuvent être soumis à des permis ou une licence environnementale, ainsi qu’à une consultation préalable des communautés, et bénéficient d’incitations fiscales.
Niveau de taxation
Les lois 1715 (2014) et 2099 (2021) instaurent un régime fiscal favorable aux projets d’EnR et d’efficacité énergétique. Les projets certifiés par l’UPME et validés par les autorités fiscales compétentes peuvent bénéficier sur 15 ans d’une déduction de la base imposable d'impôt sur le revenu équivalente à jusqu’à 50 % de l’investissement réalisé, d’une exonération de TVA (19 %), d’une exemption de droits de douane sur les équipements importés éligibles ainsi que d’un amortissement accéléré des actifs.
Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 35 %, avec un taux préférentiel de 20 % pour les entreprises éligibles situées au sein de zones franches. La Colombie applique également une taxe carbone renforcée en 2022 sur certains combustibles fossiles, renforçant la compétitivité des solutions bas-carbone.
Source : Business France, DIAN, MinEnergia, UPME (01/07/2026)