Les fondamentaux
L’Inde accélère la production d’énergies renouvelables pour répondre à une demande d’électricité appelée à progresser avec l’industrialisation, l’urbanisation, la climatisation et l’électrification des usages. Le pays prévoit 500 GW de capacités non fossiles d’ici 2030. Cette progression ne signifie toutefois pas une sortie rapide du charbon. Au 30 juin 2026, les centrales au charbon et au lignite représentent 230,78 GW, soit 42 % de la capacité électrique installée du pays. Le charbon devrait donc conserver un rôle important à moyen terme en raison de l’abondance des ressources nationales, du parc thermique existant et de la croissance de la demande. En parallèle, l’augmentation rapide des énergies renouvelables réduit progressivement son poids relatif dans le parc et dans la production électrique. La transition reposera donc sur une hausse continue du solaire, de l’éolien, de l’hydraulique et de la bioénergie, parallèlement au maintien du charbon à moyen terme. La National Green Hydrogen Mission complète cette stratégie en soutenant les électrolyseurs, l’hydrogène renouvelable et ses dérivés, notamment l’ammoniac et le méthanol. Les marchés prioritaires sont les raffineries, les engrais, la sidérurgie, le transport maritime, la mobilité lourde et les exportations.
Opportunités pour l'offre française
L’ampleur des programmes indiens ouvre des débouchés dans tous les segments des EnR et de l’efficacité énergétique. Le solaire reste le principal moteur, porté par la trajectoire d’appels d’offres, les parcs solaires et PM Surya Ghar, avec 44,6 GW ajoutés en 2025-2026, dont 8,7 GW en toiture. L’éolien, qui a gagné 6 GW sur la même période, crée des besoins en turbines, composants, études de ressources, digitalisation et maintenance. L’hydrogène renouvelable entre en phase industrielle, avec 3 GW/an de capacités d’électrolyseurs et 862 000 t/an de production attribuées, avec des achats prévus d’ammoniac renouvelable pour les engrais et d’hydrogène pour les raffineries. La biomasse offre des perspectives en cogénération, biogaz, valorisation des résidus agricoles et hydrogène issu de biomasse. L’efficacité énergétique complète ce potentiel dans les bâtiments, PME et grands sites industriels : HVAC, moteurs, récupération de chaleur, audits, automatismes et contrats de performance. Les offres françaises peuvent se positionner sur les technologies performantes, l’ingénierie, la mesure des gains et la localisation industrielle.
Source : MNRE, Solar Quarter, Bureau of Energy Efficiency, NITI Ayog (29/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les solutions recherchées doivent augmenter la disponibilité des actifs, réduire les pertes réseau et rendre les renouvelables pilotables. Les attentes portent sur les batteries longue durée, systèmes hybrides, prévisions météo-production, automatismes, cybersécurité, contrôle des onduleurs, gestion active de la demande, moteurs à haut rendement, froid efficace et enveloppes performantes. La circularité devient un axe d’innovation pour les batteries, modules photovoltaïques, pales éoliennes et matériaux critiques. Dans l’industrie, la demande se structure autour de l’instrumentation, des audits, de la récupération de chaleur et du suivi carbone. Les fournisseurs doivent documenter les performances en conditions indiennes, la résistance à la chaleur et à la poussière, l’interopérabilité, la réparabilité, la consommation d’eau et la disponibilité des pièces.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
L’Energy Conservation Act encadre les consommateurs désignés, les normes de performance, l’étiquetage, les audits et le marché carbone. L’ECBC fixe des exigences minimales pour les bâtiments commerciaux dont la puissance raccordée atteint 100 kW ou la demande contractuelle 120 kVA ; sa mise en œuvre dépend des États et collectivités. Le Carbon Credit Trading Scheme repose sur des objectifs d’intensité d’émissions, la délivrance de certificats et leur négociation sur les bourses d’électricité. Les projets doivent aussi respecter les procédures environnementales applicables au foncier, à l’eau, aux forêts, aux déchets, aux lignes électriques et aux consultations locales. Pour les équipements en fin de vie, les obligations relatives aux déchets électroniques, batteries et plastiques imposent traçabilité et responsabilité élargie du producteur selon le produit.
Labels et certifications
Les équipements électriques concernés doivent respecter les normes et enregistrements BIS. Le programme Standards & Labelling du BEE classe les appareils selon leur performance énergétique, de une à cinq étoiles. Les modules photovoltaïques utilisés dans les projets publics, subventionnés, en open access ou en net-metering doivent figurer dans l’ALMM List-I ; la List-II encadre les cellules, avec une exemption limitée jusqu’au 31 décembre 2026 pour certains projets. Les essais selon les normes indiennes et la certification NABL des laboratoires restent essentiels pour l’enregistrement et le contrôle du marché.
Source : BEE ; MNRE (02/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Le partenaire peut être un agent technico-commercial, un distributeur, un intégrateur ou un EPC, selon l’offre. Il doit disposer de références sectorielles, d’équipes techniques, d’un service après-vente et d’un accès aux décideurs et appels d’offres dans les États ciblés. Avant tout engagement, un contrôle approfondi est recommandé : actionnariat, comptes, solvabilité, contentieux, réputation, certifications, clients et capacité opérationnelle. Un MoU peut cadrer la phase exploratoire, mais le contrat doit préciser territoire, objectifs, exclusivité conditionnelle, responsabilités, propriété intellectuelle, paiements, garanties et sortie. Le FASEP peut soutenir une étude ou un démonstrateur avec une entité publique indienne bénéficiaire.
La réglementation spécifique
Avant toute exportation, le code HS et la norme indienne applicable doivent être vérifiés. Les produits couverts par un Quality Control Order doivent obtenir une licence ou un certificat du Bureau of Indian Standards et porter la marque standard correspondante ; les fabricants étrangers relèvent du Foreign Manufacturers Certification Scheme, sauf produits électroniques soumis au Compulsory Registration Scheme. Le Solar Systems, Devices and Components Goods Order 2025 encadre notamment les modules, onduleurs et équipements photovoltaïques concernés. Les importations de certains composants solaires et éoliens exigent aussi un enregistrement REEIMS. Pour les projets concernés, l’inscription ALMM des cellules, modules et fabricants doit être contrôlée séparément.
Niveau de taxation
Depuis septembre 2025, les dispositifs solaires, photovoltaïques, éoliens, de biogaz et de valorisation énergétique des déchets bénéficient d’une GST de 5 %. Les électrolyseurs, moteurs, variateurs, automatismes, capteurs, logiciels, audits et autres équipements d’efficacité énergétique relèvent du taux associé à leur code HS ou à la nature du service, souvent 18 %. À l’importation s’ajoutent le droit de douane de base, la surcharge sociale et l’IGST. L’accord de libre-échange UE-Inde, conclu le 27 janvier 2026 mais pas encore en vigueur, devrait réduire progressivement les droits sur des équipements européens et simplifier les procédures douanières. Le bénéfice dépendra toutefois du code HS, du calendrier de démantèlement et du respect des règles d’origine.
Source : CBIC ; PIB ; Commission européenne (08/07/2026)