Le projet Paks II en Hongrie est une initiative majeure d'expansion de la centrale nucléaire existante, visant à répondre aux besoins énergétiques croissants tout en réduisant l'empreinte environnementale du pays. Ce projet ne se limite pas à l'ajout de nouveaux réacteurs, mais intègre également des solutions architecturales et techniques innovantes. Avec l'ambition d'accroître la part de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité à 70 %, tout en réduisant les émissions de dioxyde de carbone et la dépendance au gaz naturel, Paks II est une pierre angulaire de la politique énergétique hongroise. Un des aspects les plus remarquables du projet Paks II est l'intégration d'une solution architecturale novatrice pour la gestion de l'eau de refroidissement des réacteurs. Cette eau, après avoir été utilisée dans le processus de refroidissement, sera renvoyée dans le Danube en passant par un pont-canal dédié. Cette infrastructure est inspirée du pont-canal de Magdebourg, en Allemagne, le plus long d'Europe, qui relie les routes maritimes du Rhin et de Berlin. Le projet de Magdebourg, avec sa structure imposante et ses défis techniques, sert de référence aux ingénieurs de Paks II qui cherchent à mettre en place un système de gestion de l'eau tout aussi robuste et durable. Lors de leur visite à Magdebourg, les experts hongrois ont acquis de précieuses informations sur la conception et l'exploitation d'un tel ouvrage. Le pont-canal de Magdebourg, mesurant 43 mètres de large, se compose de deux sections, l'une longue de 780 mètres et l'autre de 220 mètres. Cette infrastructure impressionnante a été conçue pour durer au moins 100 ans, et les experts estiment qu'avec un entretien adéquat, sa durée de vie pourrait atteindre 200 ans. Paks II bénéficiera de ces enseignements pour concevoir son propre pont-canal, qui devra transporter l'eau de refroidissement des réacteurs sans impacter négativement l'environnement, notamment en ce qui concerne la charge thermique sur le Danube. Le pont-canal de Paks II, bien visible dans les plans de la centrale, fait partie intégrante du système de refroidissement avancé de la nouvelle infrastructure. Ce système a été conçu pour minimiser l'impact écologique, en particulier pour réduire la charge thermique sur le fleuve. Cela permettra à Paks II de fonctionner en conformité avec des normes environnementales strictes, même lorsque les six réacteurs seront en exploitation simultanée. Le projet d'expansion de la centrale nucléaire de Paks progresse à un rythme soutenu. Le ministre hongrois du Commerce extérieur et des Affaires étrangères hongrois a régulièrement mis en lumière les avancées notables du chantier. Lors de son discours à l'Assemblée générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a souligné que la Hongrie considérait l'énergie nucléaire comme une voie vers une politique énergétique plus rationnelle et durable. En effet, l'expansion de Paks II, avec l'aide de partenaires internationaux, démontre que la coopération dans le domaine du nucléaire peut transcender les frontières et apporter des solutions pragmatiques aux défis énergétiques mondiaux. Actuellement, plus d'un millier de personnes travaillent sur le site, et des étapes clés, comme l'enfoncement de 25 000 pieux dans le sol, ont déjà été franchies. La consolidation du sol, qui est à 35 % terminée, précède les travaux de creusement jusqu'à une profondeur de 27 mètres sous le futur bloc 6 de la centrale. Les premiers blocs nucléaires devraient voir leur béton coulé avant la fin de l'année, marquant une étape cruciale dans le projet. Le gouvernement hongrois travaille également à prolonger la durée de vie des quatre réacteurs existants, assurant ainsi une continuité dans la production d'énergie tout en augmentant la capacité globale de la centrale. Cela est d'autant plus important que la Hongrie cherche à diversifier son approvisionnement énergétique, à réduire sa dépendance au gaz naturel et à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de carbone. L'un des aspects les plus marquants de l'expansion de Paks II est la coopération internationale qui sous-tend le projet. En plus de l'implication de Rosatom, la société russe en charge de la construction des nouveaux réacteurs, des entreprises américaines, françaises, allemandes, autrichiennes et suisses participent également à différents aspects de l'infrastructure. Cela montre que, malgré les tensions géopolitiques actuelles, le nucléaire reste un domaine où la collaboration internationale est non seulement possible, mais nécessaire. L'expansion de Paks II s'inscrit dans une stratégie plus large de transition énergétique pour la Hongrie. En augmentant la part de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique, le pays cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, notamment au gaz naturel, et à diminuer ses émissions de CO2. Selon les estimations, cette expansion devrait permettre la réduction de consommation de gaz de 3 Mds de m3 et les émissions de CO2 de 17 M de T, des chiffres significatifs dans la lutte contre le changement climatique. Paks II représente donc un projet stratégique pour la Hongrie, tant sur le plan énergétique qu'environnemental. Grâce à des solutions architecturales novatrices, une coopération internationale étendue et une attention rigoureuse aux enjeux environnementaux, ce projet pourrait servir de modèle pour d'autres pays cherchant à allier développement énergétique et protection de l'environnement.
Sources : - https://magyarepitok.hu/iparagi-hirek/2024/09/kulonleges-epitmeny-lesz-a-paks-ii-csatornahidja - https://magyarepitok.hu/mi-epul/2024/09/igy-halad-a-paks-ii-es-beruhazas - https://magyarnemzet.hu/kulfold/2024/09/szijjarto-peter-a-paksi-bovites-mutatja-hogy-a-nuklearis-egyuttmukodes-visszahozhatja-a-racionalitast-a-vilagpolitikaba |