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Être contactéEn 2024, la Roumanie a récolté 968.000 t de pommes de terre, soit une baisse de 18 % par rapport à 2023. Pour 2025, les prévisions MARS annoncent le plus faible rendement de l’UE, à 14,7 t/ha, contre plus de 41 t/ha en Allemagne et en France. Les grands producteurs locaux estiment qu’en 2025 la production nationale chutera encore d’au moins 20%, à environ 800.000 t. Les causes principales sont les conditions climatiques : excès de pluies au début de l’été, suivi d’une sécheresse prolongée et de températures élevées, qui ont compromis le développement des tubercules.
Dans le département de Covasna, Peter Kiss (Solfarm) indique des rendements allant de 8 t/ha sans irrigation à 40-45 t/ha avec irrigation, bien en dessous des standards ouest-européens. Selon lui, sans investissements massifs dans l’irrigation, la Roumanie ne peut rester compétitive. Nicolae Şerban (Şerban Holding) souligne également que la culture de légumes-racines comme la pomme de terre est devenue quasi impossible sans irrigation. Même dans les zones traditionnellement favorables, la hausse des températures bloque la croissance au-delà de 23°C. Avec irrigation, ses rendements atteignent 38-50 t/ha.
Au-delà des volumes, la crise des prix frappe durement le secteur. En Allemagne, les surplus hors contrat se négocient à 50 EUR/t, tendance suivie par la Roumanie. Les coûts de production avoisinent 0,4 EUR/kg, alors que les prix de vente sont tombés à 0,2-0,3 EUR/kg. Les producteurs sous contrat avec des transformateurs restent rentables, mais les petits exploitants enregistrent des pertes.
La moitié de la consommation roumaine est couverte par la production nationale, le reste provenant des importations, qui ont atteint en 2024 105 M EUR, faisant de la pomme de terre le deuxième poste d’importation de légumes après la tomate. En distribution, les prix varient entre 0,34-0,4 RON/kg pour les produits standards et 0,8-1 EUR/kg pour les pommes de terre lavées et emballées. Ainsi, la filière reste fragilisée par des rendements faibles, une dépendance aux importations et des prix de marché trop bas pour couvrir les coûts des producteurs locaux.
Source : Ziarul Financiar, septembre 2025