Date de publication :
Je souhaite aller plus loin, je veux être contacté(e) par un expert gratuitement.
Être contactéLe secteur viticole allemand traverse une crise profonde, marquée par une surproduction (30 % de vin en trop) et une chute durable de la demande. Selon la professeure Simone Loose, directrice de l’Institut d’économie du vin et des boissons, la consommation de vin baisse, notamment à cause du vieillissement de la population et d’une tendance générale à consommer moins d’alcool. Les générations les plus consommatrices (plus de 55 ans) ont réduit leur consommation de 10 % entre 2021 et 2024, tandis que les plus jeunes ménages ont diminué de 20 à 30 %.
Cette crise est aggravée par la hausse des coûts (salaires minimum, énergie, intrants). Les prix du vin chutent. À terme, il est probable que seule la moitié de la production actuelle sera nécessaire.
Les exploitations les plus touchées sont celles qui ont beaucoup investi et dépendent de la main-d’œuvre extérieure : elles font face à une crise de liquidités. Les petits producteurs, souvent proches de la retraite, tiennent plus longtemps mais ne représentent pas l’avenir du secteur. Le renouvellement générationnel est difficile, car la rentabilité n’est plus assurée et la transmission des exploitations devient problématique.
La professeure Loose recommande une évaluation lucide de chaque exploitation, avec l’aide de conseillers, pour décider de la poursuite ou non de l’activité. Elle conseille aux vignerons de 40 ans de se reconvertir et de chercher une autre source de retraite. Habituellement, les vignerons en fin d'activité pouvaient revendre leurs parcelles et ainsi assurer leur retraite mais à l'heure d'aujourd'hui, ce n'est plus aussi facile. Le secteur a aussi besoin d’un réseau de conseil renforcé et d’une réflexion sur l’avenir des surfaces viticoles, notamment via des échanges de parcelles et la mise en jachère temporaire de certaines vignes.
L’exportation pourrait être une solution, mais elle nécessite des investissements et n’est accessible qu’aux exploitations solides. Les innovations, comme le vin sans alcool, restent limitées pour l’instant. Enfin, la restructuration du secteur est inévitable : seuls les domaines bien organisés, ayant investi dans le marketing et la gestion, continueront à croître et à gagner des parts de marché. Soutenir les modèles non viables serait contre-productif.
Sources : DDW, Université de Geisenheim - août 2025