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Être contactéLongtemps relégué au second plan derrière le transport de passagers, le fret aérien s’impose désormais comme un relais de croissance attractif pour ces compagnies low-cost, qui ne disposent pas d’avions-cargos dédiés et opèrent généralement avec des appareils de plus petite taille. Jusqu’ici peu impliquées dans le transport de marchandises, les LCC ont vu la pandémie de Covid-19 bouleverser la donne.
Pendant la crise sanitaire, l’effondrement du trafic passagers a provoqué des pertes trimestrielles s’élevant à plusieurs centaines de M USD pour les compagnies à bas coût. À l’inverse, les transporteurs traditionnels ont atténué l’impact en se tournant vers le fret à forte valeur ajoutée, comme les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques ou l’électronique grand public. Chez Korean Air, la part du fret dans le chiffre d’affaires est passée de 21,3 % en 2019 à près de 77 % en 2021.
Portée par l’explosion du commerce en ligne mondiale et les envois massifs de petits colis en provenance de Chine via AliExpress, Temu ou Shein, la demande de fret aérien connaît un net regain d’activité. Selon le ministère sud-coréen du Territoire, des infrastructures et des transports, le volume total de fret aérien du pays a atteint 4,39 millions de tonnes en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.
Les LCC pénètrent ce marché principalement par le biais du « belly cargo », en utilisant les soutes des avions de ligne, plutôt que par des avions-cargos dédiés, qui nécessitent des investissements importants et restent principalement l’apanage des compagnies traditionnelles.
Eastar Jet a lancé ses activités de fret en janvier, transportant notamment des composants électroniques et automobiles sur la ligne Incheon–Bangkok. La compagnie prévoit d’étendre ses services à Zhengzhou, en Chine, et à Osaka, au Japon.
Transporteur hybride lancé en 2017, Air Premia mise désormais sur une stratégie plus audacieuse. Après avoir longtemps eu recours à des intermédiaires, la compagnie a mis en place cette année sa propre division cargo, qui propose des services de fret sur plus de 90 liaisons. Elle prévoit également d’étendre son réseau vers l’Amérique du Nord et la région Pacifique, avec notamment l’ouverture de vols à destination d’Hawaï dès juillet. Le fret, qui représentait 13 % de son chiffre d’affaires l’année dernière, est devenu un levier majeur de rentabilité. Air Premia est parvenue à maintenir sa rentabilité pour la deuxième année consécutive.
T’way Air développe aussi son activité cargo, desservant 15 destinations au Japon, en Asie du Sud-Est et en Asie centrale. Depuis l’acquisition d’avions A330 plus grands en 2022, son volume de fret a presque triplé, passant de 7 800 tonnes en 2022 à 19 000 tonnes l’année dernière.
Une grande partie de cette croissance récente est alimentée par le commerce en ligne chinois. Au premier trimestre 2025, la Chine est devenue le premier partenaire cargo aérien de la Corée du Sud, avec 175 226 tonnes transportées, dépassant de peu les États-Unis.
Cependant, des vents contraires pourraient freiner cette dynamique. Le président américain Donald Trump a réintroduit une série de droits de douane (incluant une taxe de base de 10 % et des prélèvements de 25 % sur les importations d’acier et d’automobiles) faisant craindre un ralentissement des échanges.
D’après une compagnie low-cost sud-coréenne, les augmentations de droits de douane constituent un véritable risque à court terme. Toutefois, avec l’instabilité grandissante de la demande passagers, le fret ne peut plus être considéré comme une activité annexe : il occupe désormais une place centrale dans leurs stratégies à long terme.
Source : The Chosun Daily, Mai 2025