Date de publication :

Secteur Industrie
Pays concerné
Belgique

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Le spécialiste des gaz industriels Air Liquide et le gestionnaire belge d'infrastructures gazières Fluxys prévoient de s'associer via deux coentreprises pour développer une chaîne logistique dédiée au CO₂ dans le port d’Anvers. Toutefois, la décision d'investissement ne devrait pas intervenir avant la fin 2025, avec un retard de deux ans sur le calendrier initial.
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Un projet européen validé
Ce lundi, la Commission européenne a donné son accord à la création de deux entités communes entre Air Liquide et Fluxys, dans le cadre de l’initiative Antwerp@C. Ce projet vise à installer une infrastructure ouverte pour la gestion du dioxyde de carbone industriel : captage, liquéfaction, transport jusqu’à des terminaux portuaires, puis expédition en mer du Nord pour un stockage géologique à long terme.

Selon Tim De Vil, porte-parole de Fluxys, les deux sociétés participeront à parts égales dans les deux structures : l’une dédiée à l’exploitation d’un terminal de liquéfaction de CO₂, l’autre à la gestion du réseau de canalisations dans la zone portuaire. La répartition exacte des participations n’est pas encore déterminée. D'autres industriels impliqués dans Antwerp@C – tels que BASF, ExxonMobil, TotalEnergies ou Borealis – pourraient également rejoindre ces entités à terme.

Un déploiement ralenti
Lancé en 2022 avec pour objectif une réduction de 50 % des émissions de CO₂ du port d’ici 2030, Antwerp@C prend du retard. Initialement attendue en 2027, la mise en service de la première phase semble désormais repoussée à 2028 voire 2029. "Parler d’un démarrage avant 2027 serait exagérément optimiste", admet Tim De Vil.

Ces délais sont en partie dus aux incertitudes entourant certains projets de captage de CO₂. Fin mars, BASF a exprimé des doutes quant à son projet Kairos@C, chiffré à 1 Md EUR, en raison de contraintes économiques.

Malgré ces freins, Fluxys reste confiant sur la pérennité du soutien européen : 144,6 M EUR avaient été octroyés au projet en 2022 dans le cadre des réseaux énergétiques transeuropéens. Pour l’entreprise, le calendrier change, mais les fondations du projet restent solides.

Vers un réseau CO₂ à l’échelle nationale
Parallèlement à ce cluster portuaire, Fluxys prépare l’extension de son réseau de transport de CO₂ en Flandre et en Wallonie, via la structure Fluxys C-Grid. Ce consortium réunit également Socofe (10 %), Pipelink (10 %) et SFPIM (2,5 %). La reconnaissance officielle par les régions reste nécessaire, car la législation actuelle considère le CO₂ comme un déchet, relevant donc de compétences régionales.

Comme pour l’hydrogène, la rentabilité du réseau dépendra directement des volumes de CO₂ transportés, eux-mêmes liés aux ambitions industrielles de décarbonation.

Vers d’autres pôles de captage ?
L’expérience anversoise pourrait-elle être répliquée ailleurs ? "Des zones comme Gand, le canal Albert ou la vallée de la Meuse pourraient accueillir de tels clusters", envisage De Vil. En Wallonie, toutefois, aucune initiative similaire n’a encore été lancée.

Source : L'Echo