Date de publication :

Secteur Tech et Services
Pays concerné
États-Unis d'Amérique

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Le département d’État des États‑Unis a annoncé qu’il interdisait l’entrée sur le territoire à cinq ressortissants européens accusés d’avoir exercé des pressions sur les grandes plateformes technologiques américaines pour qu’elles censurent ou limitent certaines opinions en ligne.

Cette décision s’appuie sur une nouvelle politique de visas introduite plus tôt en 2025, visant à refuser l’entrée aux étrangers jugés responsables de la suppression de la liberté d’expression protégée aux États‑Unis. 

Parmi les personnes visées figurent :

  • Thierry Breton, ancien commissaire européen et l’un des principaux architectes de la Digital Services Act (DSA) de l’UE ;
  • ​​​​​​​​​​​​​​Imran Ahmed (Centre for Countering Digital Hate) ;
  • ​​​​​​​Clare Melford (Global Disinformation Index) ;

La Maison‑Blanche, via le secrétaire d’État Marco Rubio, présente ces interdictions comme une réponse à ce qu’elle décrit comme des tentatives d’imposer des normes étrangères à des plateformes américaines, et donc de restreindre des discours protégés par le Premier Amendement.

Cette mesure a suscité une réponse vigoureuse de la part de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et du Royaume‑Uni, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une ingérence injustifiée dans des régulations adoptées démocratiquement et menacent de répliquer.

La décision américaine d’interdire l’entrée à plusieurs responsables européens liés à la régulation du numérique signale une posture très assertive des États-Unis contre l’influence des normes étrangères sur les plateformes locales. Pour les entreprises européennes opérant aux États-Unis, cela crée un environnement réglementaire incertain, où appliquer les obligations européennes (comme le Digital Services Act) pourrait être perçu comme contraire aux intérêts américains.

Cela augmente les risques de sanctions, enquêtes ou contraintes opérationnelles, obligeant ces entreprises à ajuster leurs politiques de modération et de conformité. Le clivage transatlantique rend également la planification stratégique plus complexe, avec des tensions potentielles sur les relations commerciales et la coopération technologique. Enfin, cette mesure souligne l’importance pour les entreprises européennes de développer des stratégies différenciées par marché, en anticipant les divergences entre réglementations locales et européennes.

Sources : Associated Press - 24 décembre 2025