Date de publication :

Secteur Mobilité et Logistique
Pays concerné
Corée du Sud, République

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Les centres de données spatiaux, c’est-à-dire des installations de calcul installées dans l’espace pour maximiser l’efficacité énergétique et opérationnelle, deviennent un nouveau champ de compétition technologique internationale. Après les États-Unis et la Chine, la Corée du Sud a annoncé ses propres mesures pour rattraper son retard. Le 6 novembre, le secteur scientifique et technologique a indiqué que la Korea AeroSpace Administration (KASA) prévoit de lancer, au premier semestre de l’année prochaine, une étude de planification pour un projet de R&D. L’objectif est de sécuriser les technologies clés nécessaires aux centres de données spatiaux, en identifiant les objectifs de développement, le budget prévisionnel et les technologies prioritaires telles que les puces d’IA, les systèmes de communication et le refroidissement. Cette étude servira de base pour soumettre une demande de financement R&D pour 2027.
Image info sectorielle

KASA avait déjà intégré ce projet dans sa « Stratégie de développement satellitaire de la République de Corée », présentée en février, et avait mené des recherches conceptuelles internes sur les tendances mondiales et la pertinence du projet. La nouvelle étude marque la première initiative financée par le gouvernement, officialisant ainsi le lancement de la R&D.

Parmi les technologies envisagées, on retrouve notamment les semi-conducteurs résistants aux radiations, capables de fonctionner malgré l’exposition aux radiations spatiales, et les liaisons inter-satellites (ISL) permettant des communications laser à haut débit entre satellites. KASA examine également l’intégration avec les lanceurs réutilisables, pour assurer la viabilité économique de ces centres. L’agence prévoit de lancer d’abord des projets pilotes à petite échelle pour accélérer le démarrage de la R&D. Selon KASA, pour rester compétitive face aux avancées internationales, la recherche doit débuter en 2027, avec le lancement de satellites de démonstration avant 2030.

Les centres de données spatiaux, équipés de processeurs d’IA sur satellites, permettent des calculs directement dans l’espace avec une production solaire jusqu’à huit fois plus efficace qu’au sol et un refroidissement naturel optimal. Sans limite de site, ils peuvent répondre rapidement aux besoins informatiques des satellites et bases lunaires, constituant ainsi une technologie clé de l’ère spatiale. Le marché pourrait atteindre 39 Mds USD d’ici 2035.

Les États-Unis et la Chine se lancent dans une course aux centres de données spatiaux. Google prévoit son « Suncatcher Project » avec des satellites équipés de puces TPU, testés dès 2027, tandis que la start-up StarCloud vise des installations de 5 GW. Elon Musk évoque l’usage des satellites Starlink V3, et Jeff Bezos envisage des centres spatiaux gigawatts dans les 10-20 ans. La Chine, de son côté, déploie sa constellation « Three-Body Computing » pour créer un supercalculateur orbital de 1 000 pétaflops, rivalisant avec les meilleurs superordinateurs terrestres.

Source : Business Korea, Novembre 2025