Date de publication :
Je souhaite aller plus loin, je veux être contacté(e) par un expert gratuitement.
Être contactéLes pharmacies de détail aux États‑Unis traversent une crise financière profonde, marquée par l’érosion des marges, la hausse des coûts opérationnels et la fermeture de milliers d’établissements depuis 2017. Leur modèle traditionnel de tarification, fondé sur des remboursements alignés sur le prix moyen de gros (AWP) et sur un système de subventions croisées entre médicaments génériques
et médicaments de marque, a perdu en efficacité. Le ralentissement de la dispensation de génériques, combiné à l’essor de médicaments de marque comme les GLP‑1, a encore aggravé la pression financière sur des enseignes qui dépendent désormais à 80 % des revenus générés par l’activité pharmaceutique.
Face à cette situation, les stratégies historiquement utilisées pour compenser la baisse de rentabilité, augmentation des volumes, réseaux préférentiels, automatisation, ne suffisent plus. Plus de 9 000 pharmacies ont fermé, tous formats confondus, et certaines chaînes comme Rite Aid ont fait faillite, réduisant l’accès des patients à des services de santé essentiels.
Dans ce contexte émerge une nouvelle approche : les modèles de remboursement fondés sur les coûts, qui calculent le paiement en fonction du coût réel d’acquisition d’un médicament (COGS), auquel s’ajoutent des frais liés aux services pharmaceutiques. Ce système promet davantage de transparence, des marges plus prévisibles et la fin du mécanisme de subvention croisée entre génériques et médicaments de marque. Des acteurs comme Mark Cuban Cost Plus Drug Company ou CVS l’adoptent déjà, et plusieurs PBM développent leurs propres variantes.
Bien que ces modèles ne garantissent pas à eux seuls une amélioration des marges, ils pourraient stabiliser les finances des pharmacies et apporter une meilleure visibilité à tous les acteurs de la chaîne de valeur. Leur déploiement soulève toutefois de nouvelles interrogations : évolution des niveaux de remboursement, ajustements des régimes de couverture, gestion des risques de fluctuation des coûts par les PBM et impact final sur les patients.
Malgré ces incertitudes, le remboursement basé sur les coûts apparaît comme une alternative prometteuse pour revitaliser l’écosystème pharmaceutique, simplifier un système devenu trop complexe et éviter de nouvelles fermetures qui limiteraient davantage l’accès des patients à des services essentiels.
Source: SaludDigital.com, 16 février 2026