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Être contactéDerrière un bâtiment encore en chantier se cache une infrastructure impressionnante : sur six étages, 10 000 processeurs graphiques Nvidia sont déployés, soutenus par près de 20 petabytes de stockage et un petabyte de mémoire vive. De quoi répondre aux besoins croissants de secteurs comme l’automobile ou l’industrie mécanique, où les produits et les lignes de production sont de plus en plus simulés sous forme de « jumeaux numériques » pour optimiser les chaînes de production. Selon l’entreprise allemande de télécommunications Deutsche Telekom, cette installation augmentera de près de 50 % la capacité de calcul dédiée à l’IA en Allemagne.
Cette nouvelle usine du numérique, qui représente un investissement d’1 Md EUR pour sa première phase, vise à fournir aux entreprises une infrastructure très performante, tout en garantissant un hébergement des données intégralement en Allemagne. La Deutsche Telekom s’appuie sur Nvidia pour les composants matériels et sur SAP pour rendre la plateforme accessible aux services publics comme aux entreprises industrielles.
L’ouverture du site a été saluée par de nombreuses personnalités politiques. Le ministre des Finances Lars Klingbeil et le ministre du Numérique Karsten Wildberger y voient un « signal fort de souveraineté économique » et une étape clé dans la réduction de la dépendance technologique vis‑à‑vis des États‑Unis. Le ministre‑président bavarois Markus Söder parle quant à lui d’un « début impressionnant d’un rattrapage industriel » pour l’Allemagne, soulignant que le site pourrait être étendu à 10 000 puces supplémentaires si la demande le justifie.
Mais cette ambition soulève aussi quelques réserves. Malgré la volonté d'ancrer la souveraineté technologique en Europe, la dépendance aux puces Nvidia, et donc aux chaînes d’approvisionnement américaines et chinoises, demeure le talon d’Achille du projet. Le patron de la Deutsche Telekom, Tim Höttges, reconnaît « qu’il serait préférable d’avoir un Nvidia allemand », même s’il estime que l’infrastructure développée est un compromis solide et conforme au droit européen.
La dimension environnementale n’est pas oubliée : le centre est refroidi grâce à l’eau du canal voisin, l’Eisbach, dont la chaleur résiduelle servira à chauffer les immeubles aux alentours. Reste désormais à voir si les entreprises industrielles feront massivement appel à cette capacité de calcul pour justifier une éventuelle extension du site.
Source : Tagesschau - 4.02.2026