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Être contactéEntre tensions commerciales, ambitions de domination industrielle chinoise, emplois européens, défis climatiques, choix technologiques ou dépendances aux matières premières, tous les ingrédients sont réunis pour que l’automobile revienne au cœur des débats en 2026.
Mais une donne a changé : l’industrie a de nouveau de l’exécutif européen. Le « dieselgate » et la perte d’influence qui s’en était suivie ne sont plus que de lointains souvenirs.
Bruxelles assouplit ses objectifs CO₂ pour l’automobile :
La Commission européenne vient de confirmer un assouplissement des objectifs de réduction des émissions de CO₂ pour le secteur automobile. Certes, le texte doit encore franchir l’étape du Parlement et du Conseil, et plusieurs points restent à préciser, notamment la flexibilité des objectifs intermédiaires. Mais les grandes lignes sont désormais connues.
Les petits véhicules électriques compteront pour 1,3 véhicule dans le calcul des moyennes de CO₂. Quant à la réduction des émissions prévue pour 2035, elle sera de 90 % et non plus de 100 %. En contrepartie, les constructeurs devront obtenir des crédits pour l’acier vert utilisé dans la fabrication des véhicules thermiques ou hybrides. Ils bénéficieront également de crédits pour les biocarburants avancés et de synthèse, rappelle l’ONG Transport & Environment. Selon elle, ces ajustements pourraient permettre aux constructeurs de vendre jusqu’à 25 % de véhicules électriques en moins par rapport à l’objectif initial du 100 % électrique.
Mais derrière ces assouplissements, le véritable enjeu est ailleurs : la compétitivité de l’industrie automobile européenne face à la montée en puissance chinoise, quel que soit le type de motorisation. En Chine, la tentation est forte pour plusieurs marques occidentales de produire localement afin d’exporter et de profiter de la chaîne de valeur locale. Mini Aceman, Smart, Citroën C5 X, Cupra Tavascan ou Dacia Spring sont autant d’exemples de modèles «européens » fabriqués en Chine.
Calendrier des produits : une course contre la montre :
L’assouplissement réglementaire européen ne doit pas faire oublier l’enjeu existentiel qui se profile : composer avec une nouvelle donne concurrentielle mondiale. Et cette concurrence, n’en déplaise à certains, ne se limite pas aux véhicules électriques. Les constructeurs chinois se sont imposés également dans les hybrides et les modèles équipés de prolongateurs d’autonomie, des technologies que des groupes comme BYD regroupent sous l’appellation « nouvelle énergie ».
En 2026, les constructeurs établis en Europe devront poursuivre leur réalignement stratégique et accélérer leur arrivée sur le marché avec des produits adaptés, à des prix compétitifs. L’objectif est clair : proposer une mobilité électrique accessible à tous, comme le promet Volkswagen avec ses modèles d’entrée de gamme.
"Destruction de marché" et incertitude :
L’incertitude et la hausse des prix ont révélé un concurrent inattendu pour l’industrie automobile européenne : l’attentisme. De plus en plus de clients renoncent à l’achat de véhicules neufs au profit de l’occasion. Cette « destruction de marché » peut sembler une bonne nouvelle pour la filière de l’aftermarket et avoir un sens écologique, mais elle donne des sueurs froides aux constructeurs et à leurs fournisseurs.
« Le secteur automobile se trouve actuellement dans une parfaite tempête », aime-t-on dire chez BMW. « Mais est-ce que ce n’est pas juste le nouveau climat ? », s’interrogeait mi-décembre Alexander Wehr, CEO de BMW Belux. Début de réponse en 2026.
Lien : Moment-de-verite-pour-la-competitivite-de-l-auto-europeenne/ - L'Echo belge - 2026