Date de publication :

Secteur Industrie
Pays concerné
Corée du Sud, République

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Pohang, ville emblématique de l’acier en Corée du Sud, abrite 265 entreprises sidérurgiques et 355 usines, dont 317 sont actuellement en activité. Les 38 restantes ont cessé leurs opérations en raison de coûts de production devenus non rentables, conséquence directe de la chute des prix des produits sidérurgiques, de la hausse des coûts énergétiques et d’une demande atone.
Image info sectorielle

Les grands groupes ne sont pas épargnés. Hyundai Steel a suspendu cette année l’activité de son usine n°2 à Pohang, après 25 ans de fonctionnement. Ce site, acquis en 2000 lors du rachat de Gangwon Industries par Hyundai Motor Group, était encore il y a moins de dix ans un pilier stratégique, avec des exportations dépassant 50 M USD. L’entreprise précise que la reprise des opérations reste incertaine.

La sidérurgie coréenne devrait continuer à connaître des difficultés en 2026. La stagnation structurelle, le poids des droits de douane et la faiblesse de la demande dans l’immobilier et la construction devraient perdurer.

À l’échelle mondiale, l’industrie sidérurgique traverse sa première crise structurelle depuis une décennie. En 2016, le secteur avait déjà connu un ralentissement lié à la baisse des marchés étrangers et à la surproduction. Aujourd’hui, la situation est inégale selon les régions. D’après la World Steel Association, la production mondiale d’acier brut a atteint 1,8826 milliard de tonnes en 2024, en recul de 0,8 % par rapport à l’année précédente. En Corée du Sud, la production annuelle a chuté de 4,7 %, à 63,5 millions de tonnes, soit une baisse plus marquée que la moyenne mondiale. Entre janvier et novembre 2025, la production cumulée d’acier brut en Corée s’est établie à 56,1 millions de tonnes, en baisse de 3,7 % sur un an. Si la tendance se poursuit, la production annuelle pourrait tomber à 61 millions de tonnes, son plus bas niveau depuis 2010.

Le déclin de la sidérurgie sud-coréenne s’est amorcé il y a quatre ans, aggravé depuis 2022 par l’afflux d’acier chinois à bas prix sur les marchés mondiaux. Cette concurrence, combinée à une demande intérieure faible, a entraîné une chute des exportations sud-coréennes, en recul de 21,2 % dès septembre 2022, avec une tendance négative prolongée sur sept mois consécutifs jusqu’à fin 2025.

Les droits de douane imposés par les principaux marchés, notamment les États-Unis et l’UE, pèsent lourdement sur la sidérurgie sud-coréenne. Les tarifs américains, pouvant atteindre 50 %, ont entraîné une baisse des exportations de 8,8 % en 2025, pour un total de 27,8 Mds USD, avec une chute de 16 % vers les États-Unis en septembre. Le coût des droits est estimé à 276 M USD. Le Canada a réduit ses quotas et appliqué une taxe de 25 %, l’UE a restreint ses contingents, et le Vietnam a instauré des droits antidumping.

La faiblesse persistante de l’immobilier et de la construction, moteurs essentiels de la demande intérieure, accentue la crise. La consommation d’acier pour la construction s’est établie à 47,8 millions de tonnes en 2024, poursuivant une tendance en baisse depuis dix ans. Avec une réduction de l’offre jusqu’en 2029, la reprise de la demande pour les aciers de construction reste lointaine. Les permis de construire ont chuté de 18,1 % par rapport à la moyenne décennale et les mises en chantier de 16 % l’an dernier. L’investissement dans la construction devrait se contracter de 9 % en 2026, son plus bas niveau depuis la crise asiatique de 1998.

Malgré la proposition de la loi spéciale « K-Steel » visant à renforcer la compétitivité et la transition carbone, le secteur juge ces mesures insuffisantes. Les acteurs réclament des subventions directes pour la production d’acier décarboné à l’hydrogène, des tarifs électriques réduits et un soutien accru aux entreprises de taille intermédiaire, alors que l’industrie évolue vers des aciers à haute valeur ajoutée et faible empreinte carbone, dominée par les grands groupes. Le décret d’application de la loi devrait être publié d’ici février, mais son orientation à long terme suscite des interrogations quant à la capacité du gouvernement à soutenir le secteur jusqu’à la reprise de la demande.

Source : The Chosun Daily, Janvier 2026 - https://www.chosun.com/english/industry-en/2026/01/05/7GZLTVCHZNFIFAHPS5APPTR7K4/