Date de publication :
Secteur Equipements et Solutions pour l'Agriculture et l'Agroalimentaire
Pays concerné
Inde
Je souhaite aller plus loin, je veux être contacté(e) par un expert gratuitement.
Être contactéAlors que le conflit en Asie de l’Ouest perturbe les routes maritimes et les flux énergétiques mondiaux, l’Inde fait face à un risque accru de pénurie d’engrais. Très dépendant des importations pour le phosphate (DAP) et la potasse, le pays tente néanmoins d’amortir l’impact géopolitique grâce à une augmentation de sa production nationale d’urée et à une stratégie d’approvisionnement diversifiée. Cet article présente les principaux enjeux et les réponses mises en place par New Delhi pour sécuriser un intrant aussi stratégique que vital pour son agriculture.
Un choc géopolitique qui menace les approvisionnements
Selon les experts du secteur maritime, l’Inde pourrait faire face à des difficultés majeures dans l’approvisionnement en engrais en raison des tensions régionales et des perturbations autour du détroit d’Hormuz. En effet, une part importante des engrais importés provient du Golfe, et les risques liés au transit maritime ont fortement augmenté. Comme le souligne The Times of India, cette situation est particulièrement préoccupante à l’approche de la saison des semis, car tout retard ou rupture d’approvisionnement pourrait avoir des répercussions directes sur la sécurité alimentaire du pays.
Une dépendance structurelle aux engrais importés
L’Inde dispose d’une production domestique d’urée significative — 306,67 LMT pour l’année 2024‑2025 — ce qui lui permet de couvrir une grande partie de sa demande nationale. En revanche, pour d’autres fertilisants essentiels, la dépendance extérieure demeure très élevée :
- 50 à 60 % pour le DAP,
- près de 100 % pour la potasse (MOP).
Cette dépendance rend le pays particulièrement vulnérable aux tensions internationales, aux fluctuations des prix et aux perturbations logistiques.
La stratégie indienne : renforcer la production nationale et diversifier les importations
Face à ces risques, le gouvernement indien a adopté une stratégie multi‑dimensionnelle visant à sécuriser ses approvisionnements en engrais. Comme l’explique Chemical Industry Digest, l’objectif est de combiner une hausse de la production domestique d’urée avec une politique d’importation renforcée et planifiée.
Les actions entreprises incluent notamment :
- Priorisation de l’approvisionnement en gaz naturel pour les usines d’urée, afin de maintenir voire augmenter la production malgré la baisse des flux de GNL en provenance du Qatar.
- Diversification des sources d’importation grâce à des appels d’offres internationaux lancés en avance afin d’assurer l’arrivée des cargaisons avant la saison agricole.
- Augmentation de l’offre en gaz spot, avec l’acquisition de 7,31 mmscmd supplémentaires, permettant d’augmenter la capacité des usines d’urée de 23 %
Grâce à ces mesures, la production nationale d’urée devrait progresser de manière notable, passant d’environ 54 500 tonnes/jour à 67 000 tonnes/jour.