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Être contactéLa Chine élève la robotique et l’intelligence incarnée au rang de priorité nationale dans son 15ᵉ plan quinquennal 2026–2030, marquant une accélération dans sa quête d’autonomie technologique et de leadership industriel.
Ces technologies sont désormais intégrées comme des leviers transversaux, dans des domaines aussi variés que la fabrication avancée, les soins aux personnes âgées, la sécurité nationale ou même la culture. Le document, qui cite l’intelligence artificielle plus de 50 fois, place l’IA incarnée parmi les dix « nouvelles pistes industrielles » prioritaires, aux côtés des semi-conducteurs, de la biotechnologie et de l’aérospatiale.
L’IA incarnée et la robotique figurent parmi les « industries du futur », aux côtés de la technologie quantique ou de la 6G, ce qui leur ouvre l’accès à des fonds publics importants et à des financements locaux, comme le fonds lancé par Shenzhen. Les résultats sont déjà visibles : en 2024, la Chine a installé 295 000 robots industriels (54 % du total mondial) et domine le marché naissant des robots humanoïdes, avec des entreprises comme Unitree ou UBTech représentant 90 % des ventes mondiales en 2025. Pourtant, des défis persistent, notamment la dépendance aux composants haut de gamme encore importés du Japon ou d’Allemagne.
Ce qui distingue l’approche chinoise, c’est son caractère systémique. En intégrant ces technologies dans les achats publics, la formation professionnelle et les normes industrielles, la Chine ne se contente pas de développer un secteur, elle crée un écosystème autoportant, où la demande intérieure garantie et les économies d’échelle rendront sa domination difficile à contester. Pour ses concurrents, le défi n’est pas seulement technologique, mais structurel.
Source : The Diplomat, 14 mars 2026