Date de publication :

Secteur Tech et Services
Pays concerné
Brésil

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L’intelligence artificielle s’impose comme le principal levier de l’industrie de la mode pour traiter un problème structurel évalué à plusieurs dizaines de milliards : l’excédent de stocks. Chaque année, une part significative de la production mondiale n’est jamais vendue (souvent estimée à 20–30 % selon les études), soit jusqu’à 140 Mds USD de ventes perdues. Maîtriser la demande et les stocks devient donc un impératif à la fois économique et écologique. Le modèle de production à la demande, popularisé par les géants du secteur, ancre désormais le mouvement. En testant l’appétit des consommateurs avec de petits lots, puis en ajustant la production en fonction des ventes, les marques ramènent le taux d’invendus à des niveaux nettement inférieurs aux standards historiques, une évolution cohérente avec le thème de l’excellence d’inventaire mis en avant par The State of Fashion. Dans le commerce de détail, le recours à des agents IA permet une gestion bien plus efficiente du capital immobilisé. Des enseignes internationales s’en servent pour calibrer précisément quantités, tailles et couleurs, en réduisant les excédents et en garantissant que le bon produit arrive au bon endroit, au bon moment. Au‑delà de l’optimisation en magasin, l’IA agit dans les coulisses de la supply chain : automatisation et jumeaux numériques améliorent l’exactitude des prévisions et accélèrent les cycles industriels, parfois de plusieurs mois, comme l’illustrent des cas d’usage récents en planification et en agilité supply chain.
Image info sectorielle

Au Brésil, la dynamique reflète les tendances globales, avec des déploiements concrets d’IA et de RFID pour améliorer la prévision de la demande, l’approvisionnement d’assortiment et l’approche omnicanale. Côté macro, l’industrie du textile et de l'habillement a atteint ≈ 203,9 Mds BRL en 2024 (≈ 40,8 Mds USD). En parallèle, les ventes au détail ont progressé de + 4,7 % en 2024 (meilleure performance depuis 2012), les segments tissus, habillement et chaussures sont parmi les contributeurs positifs, selon l’IBGE.

Cette montée en puissance s’inscrit dans un marché en consolidation. La fusion Arezzo&Co + Grupo Soma, approuvée par le CADE en mars 2024, a donné naissance à un ensemble d’environ ≈12 Mds BRL (≈ 2,29 Mds USD) de chiffre d’affaires, 34 marques et ~ 2 000 magasins, sous la bannière Azzas 2154, une taille critique propice à la mutualisation des données, aux investissements IA/omnicanal et à l’optimisation industrielle.

L’optimisation des stocks figure en tête de l’agenda des dirigeants. The State of Fashion 2026 (McKinsey) souligne la priorité donnée à l’amélioration des marges et à une gestion millimétrée de l’inventaire, alors que les délais d’écoulement ont atteint un pic historique en 2024, poussant les entreprises à rechercher des gains de trésorerie via l’IA et des modèles plus flexibles.

Reste un paradoxe environnemental : si l’IA limite le gaspillage d’invendus, elle peut également accélérer le rythme des collections, risquant de neutraliser une partie des gains écologiques. À l’échelle globale, la mode représente environ 2 à 8 % des émissions de gaz à effet de serres (GES) selon les sources, d’où l’exigence d’un équilibre entre efficacité et responsabilité (écoconception, allongement de la durée de vie, re commerce, traçabilité).

En synthèse, la combinaison IA + RFID + omnicanal démontre, au Brésil comme ailleurs, des gains mesurables en prévision, allocation et visibilité de stock : des leviers majeurs pour réduire les invendus et démmobiliser le capital, à condition d’ancrer ces technologies dans une trajectoire compatible avec la décarbonation et la circularité du secteur.

Sources : E‑Commerce Brasil16/03/2026 ; IBGE (2025) ; ABIT/CNN Brasil (2025) ; CADE/gov.br (2024) ; McKinsey (2025‑26)