Date de publication :

Secteur Produits alimentaires
Pays concernés
Royaume-Uni
Irlande

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Les marchés britannique et irlandais des fruits et légumes offrent des débouchés importants pour les exportateurs, portés par une demande régulière tout au long de l’année. Leur approvisionnement repose toutefois sur un déséquilibre structurel entre une production locale limitée et des besoins élevés, faisant des importations un pilier de l’équilibre du secteur.
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Royaume-Uni : un marché exigeant caractérisé par une demande soutenue et une dépendance accrue aux importations

Le marché britannique des fruits et légumes est un marché de grande taille structurellement dépendant des importations, du fait d’une production nationale insuffisante et fragilisée. Le Royaume‑Uni ne couvre qu’environ 55 % de ses besoins en légumes et seulement 17 % de ses besoins en fruits, ce qui place les importations au cœur de l’équilibre du marché. La production locale est majoritairement concentrée sur les légumes de plein champ – carottes, oignons, choux, brocolis et pommes de terre – ainsi que sur quelques fruits comme les pommes, les poires et les fruits rouges. Elle est fortement exposée aux aléas climatiques, avec des épisodes répétés d’inondations et de sécheresse ces dernières années, qui ont directement affecté les rendements et la régularité des volumes disponibles.

Cette fragilité de la production nationale est renforcée par une diminution continue des surfaces agricoles dédiées aux fruits et légumes, observée depuis plusieurs années. Dans ce contexte, le Royaume‑Uni dépend des importations agroalimentaires à hauteur de plus de 50 %, ce qui explique la place centrale des fournisseurs étrangers dans l’approvisionnement du pays. En 2024, les importations de fruits ont atteint 5,3 milliards d’euros, tandis que celles de légumes se sont élevées à 3,7 milliards d’euros, confirmant le rôle majeur du pays comme débouché pour les origines exportatrices. Les principaux produits importés sont les bananes, les pommes, les raisins et les agrumes pour les fruits, ainsi que les tomates, les oignons, les poivrons, les concombres et les pommes de terre pour les légumes.

La demande britannique est portée par un marché mature, très concurrentiel et largement dominé par la grande distribution, qui exerce une forte pression sur les prix et les conditions commerciales. La consommation de fruits et légumes reste relativement modérée par rapport aux standards européens, mais les attentes évoluent rapidement vers des produits perçus comme plus sains, plus durables et plus pratiques. Les segments les plus dynamiques concernent les produits disponibles toute l’année, les fruits et légumes premium à prix maîtrisé, les formats prêts à l’emploi et les produits à faible empreinte carbone. Le développement du e‑commerce alimentaire et le poids du foodservice, en particulier à Londres et dans le sud‑est du pays, contribuent également à soutenir la demande.

Le secteur fait toutefois face à des contraintes structurelles importantes, notamment le manque de main‑d’œuvre agricole, la hausse des coûts de production et de l’énergie, ainsi que les effets persistants du Brexit. Ce dernier a complexifié les procédures administratives et logistiques, incitant les acheteurs britanniques à privilégier des fournisseurs capables de proposer des volumes réguliers, des offres groupées et une logistique maîtrisée jusqu’à la livraison finale. La fiabilité, la constance de la qualité et la capacité à sécuriser des programmes sont devenues des critères déterminants.

Les perspectives du marché britannique restent néanmoins favorables pour les fournisseurs étrangers. La dépendance aux importations est appelée à durer, voire à s’accentuer, compte tenu des difficultés structurelles de la production locale et de l’impact croissant du changement climatique. Dans ce contexte, la France occupe une position solide, se classant au 5 rang des fournisseurs de fruits et légumes du Royaume‑Uni, avec des opportunités réelles pour renforcer sa présence.

Pour l’offre française, le Royaume‑Uni constitue un marché stratégique mais exigeant. Les atouts français reposent sur la proximité géographique, la diversité de l’offre et l’image de qualité. Les opportunités sont particulièrement marquées sur les pommes, certains légumes de saison venant compléter l’offre locale, ainsi que sur des produits différenciés à valeur ajoutée. La réussite passe toutefois par une adaptation fine aux attentes du marché, notamment en matière de compétitivité prix, de calibres, de conditionnements, de capacité à proposer des prix fixes et une livraison DAP, ainsi que par un effort accru de marketing et de communication. Une approche de long terme est indispensable sur un marché très concurrentiel où les relations commerciales se construisent dans la durée.

 

Irlande : une consommation de fruits et légumes parmi les plus élevées d’Europe

Le marché irlandais des fruits et légumes se caractérise par une consommation particulièrement élevée associée à une production nationale très limitée, ce qui en fait un marché fortement dépendant des importations. En 2023, 83 % des fruits et légumes frais consommés en Irlande étaient importés, illustrant le déséquilibre structurel entre l’offre locale et la demande. La production nationale est majoritairement légumière et fortement saisonnière, avec une concentration sur les pommes de terre, les carottes, les choux, le brocoli et quelques autres légumes de plein champ. Le nombre de producteurs horticoles est en déclin, limitant encore les capacités de développement du secteur. La production fruitière reste marginale et ne couvre qu’une part très réduite des besoins du marché.

La consommation de fruits et légumes en Irlande est parmi les plus élevées d’Europe. Environ un tiers des Irlandais déclarent consommer cinq portions ou plus par jour, ce qui place le pays parmi les premiers consommateurs de fruits de l’Union européenne selon l’OCDE. La consommation de fruits et légumes est soutenue par des politiques publiques de sensibilisation. Dans le cadre de l’initiative Healthy Ireland, les recommandations officielles encouragent la consommation de 5 à 7 portions quotidiennes. Cette approche est complétée par des campagnes grand public (Life is Better with Fruit & Vegetables) et par des programmes éducatifs dans les écoles (Food Dudes), contribuant à un niveau de consommation parmi les plus élevés d’Europe. Cette dynamique se traduit par un marché retail de taille significative, avec 1,9 milliard d’euros de ventes de fruits et légumes, et par un recours massif aux importations pour satisfaire la demande tout au long de l’année. En 2024, les importations de fruits et légumes ont atteint 210 millions d’euros, confirmant le rôle clé des fournisseurs étrangers dans l’approvisionnement du pays.

Les importations concernent principalement les pommes de terre, les oignons, les tomates, les carottes et les choux pour les légumes, ainsi que les bananes, les pommes, les agrumes et les raisins pour les fruits. La France se positionne comme un acteur important sur ce marché, occupant le 5 rang des fournisseurs de fruits et légumes en Irlande. La concurrence reste toutefois forte, notamment de la part des Pays‑Bas, de l’Espagne et du Royaume‑Uni, qui bénéficient d’une présence historique et de chaînes logistiques bien établies.

Malgré la petite taille du marché, les perspectives restent positives. La dépendance aux importations est structurelle et durable, en raison des contraintes liées aux surfaces agricoles disponibles, au climat et à la saisonnalité. Les consommateurs irlandais expriment une forte préférence pour les produits locaux, même à un prix plus élevé, mais cette préférence se heurte à l’insuffisance de l’offre nationale, ce qui crée des opportunités pour des origines européennes fiables. L’intérêt croissant pour les produits biologiques et pour des gammes différenciées renforce également l’attractivité du marché.

Pour les entreprises françaises, l’Irlande représente un marché d’opportunités réelles mais ciblées. Les segments les plus porteurs concernent les pommes, les légumes racines et les produits biologiques. Les importateurs irlandais sont en recherche constante de nouvelles options d’approvisionnement afin de sécuriser leurs volumes et d’élargir leur offre. La réussite sur ce marché passe presque systématiquement par un importateur local, par une communication en anglais claire et professionnelle, et par une capacité à proposer une offre lisible, fiable et adaptée aux contraintes logistiques d’un marché insulaire. Il est enfin essentiel de traiter l’Irlande comme un marché à part entière, avec une stratégie distincte de celle du Royaume‑Uni.

 

Nos bureaux de Londres et Dublin se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans votre développement sur ces marchés à fort potentiel, grâce à un accompagnement sur mesure et à la mise en relation avec les principaux acteurs locaux du secteur des fruits et légumes.

  • Bureau Business France de DUBLIN :

               Jéromine HONEGGER, email : jeromine.honegger@businessfrance.fr

  • Bureau Business France de LONDRES :

               Thomas HARE, email : thomas.hare@businessfrance.fr

 

Source : Business France d'après sources diverses