Date de publication :

Secteur Tech et Services
Pays concerné
Corée du Sud, République

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L’an dernier, la valeur des exportations d’albums de K-pop a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 300 M USD. Malgré ce record, le marché intérieur est resté atone, et le volume total des ventes a reculé pour la deuxième année consécutive.
Image info sectorielle

Selon les statistiques douanières, les exportations d’albums ont atteint 301,7 M USD en 2025, soit une hausse de 3,4 % par rapport à l’année précédente et le niveau le plus élevé jamais enregistré.

Le Japon demeure le premier marché d’exportation, avec 80,6 M USD, suivi par la Chine (69,7 M USD) et les États-Unis (63,9 M USD). Si Tokyo reste en tête, c’est surtout la progression fulgurante de Pékin qui a marqué l’année : les exportations vers la Chine ont bondi de 16,6 %, tandis que celles vers le Japon ont chuté de 10,2 %. Grâce à cette reprise, la Chine retrouve pour la première fois depuis 2022 la deuxième place des marchés importateurs d’albums, repassant devant les États-Unis. Derrière ces trois pays, Taïwan, l’Allemagne, Hong Kong, les Pays-Bas, le Canada, la France et la Pologne complètent la liste des principaux acheteurs d’albums K-pop.

Malgré cette dynamique internationale, le marché coréen montre des signes d’essoufflement. Le volume global des ventes d’albums s’est établi à environ 93,5 millions d’exemplaires, loin du record de 120 millions atteint en 2023. L’augmentation de la valeur des exportations, combinée à une baisse du volume total, illustre un marché désormais tiré par la demande internationale, tandis que la consommation domestique reste morose.

Selon la Korea Music Content Association, la K-pop a continué de rayonner à l’étranger, notamment grâce au succès du film « K-pop Demon Hunters ». Mais en Corée, le marché a pâti du ralentissement des opérations marketing visant les fans, ainsi que des débats autour de l’impact environnemental des albums physiques. Dans un marché national relativement étroit, l’écart se creuse entre les artistes capables de s’imposer aux États-Unis ou au Japon et ceux qui peinent à émerger.

Si le retour de groupes majeurs comme BTS et BLACKPINK pourrait relancer la machine en 2026, les experts estiment qu’il ne s’agit pas d’une solution durable et que l’industrie doit diversifier son offre tout en encourageant l’émergence de nouvelles scènes musicales au-delà de la pop idol. À l’image de l’irruption du hip-hop dans le paysage coréen après le succès de l’émission « Show Me the Money », l’apparition de stars issues d’autres genres, comme le rock, serait nécessaire pour élargir la base du marché. Tant que la plupart des artistes privilégieront exclusivement l’étranger, le marché intérieur pourrait rencontrer des difficultés à retrouver son dynamisme.

Source : Business Korea, janvier 2026