Date de publication :

Secteur Produits alimentaires
Pays concerné
Australie

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À la faveur d’un déplacement de la Présidente de la Commission européenne à Canberra, l’UE et l’Australie ont conclu le 24 mars les négociations entamées en juin 2018 pour un accord de libre-échange.

Droits de douane. L’accord prévoit un accès sans droits pour les exports de l’UE vers le marché australien, avec une période de transition de 3 ans pour les fromages. Réciproquement, il libéralise 97,8% des exports australiens vers l’UE, hors certains produits sensibles pour lesquels l’ouverture est limitée : viande bovine (contingents pour un total de 35 000 téc) ; viande ovine (30 851 téc) ; beurre (5 000 t) ; poudre de lait écrémé (8 000 t) ; lactosérum protéiné (2 000 t) ; sucre de canne brut (44 925 t) ; riz (8 500 t) ; éthanol (10 000 t) ; gluten de blé (20 000 t).

Indications géographiques (IG). L’accord protège 396 IG européennes supplémentaires sur le marché australien, dont 231 spiritueux et 165 produits alimentaires (beaucoup de fromages). Des assouplissements ont été pris sur certains noms sensibles pour les filières australiennes, dont Prosecco qui reste disponible sauf pour les exports après une période de phasing-out de 10 ans. L’accord sur les vins de 2010, protégeant les IG européennes en Australie, est maintenu, modernisé et annexé à l’accord.

Coopération. L’accord met en place plusieurs comités dont l’objectif sera d’échanger des informations et de viser des alignements de normes et standards sur des sujets variés tels que les affaires sanitaires et phytosanitaires, les barrières au commerce, les pratiques vitivinicoles, le bien-être animal, etc.

Réception de l’accord en Australie. Le gouvernement a mis en avant les bénéfices attendus (10 Mds AUD pour l’économie australienne), et a publié des fiches d’analyse du marché européen pour certaines filières (fruits, légumes, produits de la mer, vins). Le secteur agricole a dans l’ensemble exprimé sa vive déception au vu de l’accès au marché européen obtenu, en-deçà de ses attentes. C’est vrai en particulier du secteur de la viande rouge, qui avait demandé 50 000 téc de viande bovine (contre 35 000 téc obtenues) et 67 000 téc de viande ovine (contre 30 851 téc obtenues). Celui-ci a regretté l’absence de plus-value dans l’offre tarifaire depuis l’arrêt des négociations fin 2023. Il a également critiqué les mécanismes de sauvegarde disponibles pour l’UE, craignant qu’ils soient activés sans justification, particulièrement pour des motifs sociétaux liés aux standards de bien-être animal (pratique du mulesing, caractère sentient des animaux…). Le secteur laitier s’alarme de l’ouverture du marché australien à des produits qu’il dénonce comme subventionnés, ainsi que de la protection de désignations (feta, halloumi, parmigiano reggiano, etc.), alors que l’UE est déjà excédentaire vis-à-vis de l’Australie dans cette filière. La filière du sucre a regretté une trop faible ouverture du marché européen ; sans insister sur la conditionnalité de certification de durabilité de la production. Le secteur du riz a également regretté le faible contingent obtenu, relevant qu’il représente 0,3% de la consommation européenne. Le secteur des fruits et légumes a exprimé sa satisfaction, soulignant que l’UE est un marché historique pour ses exports d’oignons (10 000 t en 2023 et en 2024), et saluant le rattrapage de différentiel de compétitivité vis-à-vis de la Nouvelle-Zélande, qui a quant à elle un accord de commerce avec l’UE depuis mai 2024. Le secteur des vins également a salué l’accord, à la fois pour la libéralisation tarifaire (environ 14,5 M AUD économisés par an), pour le maintien de la possibilité d’utiliser le terme Prosecco, ainsi que pour la simplification future des exigences et des procédures de certification. La filière amidonnerie, notamment le groupe Manildra, s’est réjouie de l’accès obtenu pour l’éthanol ainsi que pour le gluten de blé. On peut relever par ailleurs que la filière néo-zélandaise de la viande rouge, qui bénéficie depuis mai 2024 de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande, se dit rassurée de voir que l’accord UE-Australie induira peu d’effets de concurrence avec ses propres exports vers l’UE. La filière néo-zélandaise des produits laitiers, observant les libéralisations accordées à l’Australie sur la poudre de lait entier, les matières grasses anhydres et les fromages, a appelé à une renégociation de l’accord UE-Nouvelle-Zélande pour l’aligner sur les concessions faites à l’Australie.

Source : Policy Trade - 24 mars 2026

Lien : https://policy.trade.ec.europa.eu/eu-trade-relationships-country-and-region/countries-and-regions/australia/eu-australia-agreement/text-agreements_en