Date de publication :

Secteur Santé
Pays concerné
Mexique

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Face à la contraction économique en 2026, la présidente Claudia Sheinbaum adopte une approche plus proactive et pragmatique en intégrant pleinement le secteur de la santé - en particulier l’industrie pharmaceutique et les dispositifs médicaux - dans la stratégie de relance. Ces secteurs sont désormais reconnus non seulement pour leur rôle sanitaire, mais aussi comme des moteurs industriels capables de générer de l’emploi qualifié, d’attirer des investissements étrangers et de soutenir les dynamiques de relocalisation industrielle (nearshoring).

Le cœur de cette stratégie repose sur une réforme ambitieuse de la COFEPRIS, régulateur sanitaire mexicain, longtemps considéré comme un frein à l’innovation et à l’investissement. Sous l’impulsion de son nouveau dirigeant, Víctor Hugo Borja, l’institution amorce une transformation en profondeur visant à simplifier drastiquement les procédures et à réduire les délais. Le nombre de démarches est fortement réduit, les exigences administratives allégées et les délais de traitement raccourcis de manière significative, passant d’environ 100 jours à une vingtaine de jours en moyenne. Par ailleurs, le modèle réglementaire évolue vers une logique de confiance, avec un contrôle renforcé a posteriori plutôt qu’un filtrage systématique en amont, et une meilleure intégration des standards internationaux grâce à la reconnaissance d’autorisations délivrées par des agences comme la FDA ou l’EMA.

En parallèle, le gouvernement mexicain met en place un environnement favorable à l’investissement, notamment via le Plan México, qui inclut la création de guichets uniques et des mécanismes d’autorisation accélérée pour les projets dans les secteurs jugés stratégiques. Le secteur des dispositifs médicaux est particulièrement dynamique, avec un niveau d’exportations supérieur à 15 milliards USD par an et une position déjà bien établie dans les chaînes de valeur internationales, notamment nord-américaines. L’État joue également un rôle structurant en soutenant la demande interne à travers des investissements significatifs dans les infrastructures hospitalières et les équipements de santé, ce qui contribue à sécuriser un marché domestique porteur.

Cette évolution s’inscrit dans une reconnaissance plus large du poids économique des activités régulées par la COFEPRIS, qui représentent environ 14 % du PIB mexicain. L’objectif affiché est clair : faire du régulateur non plus un obstacle, mais un levier de compétitivité et de modernisation économique. Toutefois, l’article souligne que ce virage reste conditionné à sa mise en œuvre effective, notamment en digitalisation et moyens financiers, le retard accumulé étant important.

Pour les entreprises françaises, ce contexte ouvre des perspectives particulièrement favorables. La simplification réglementaire constitue d’abord un changement majeur : elle réduit considérablement les délais et les coûts d’accès au marché, tout en renforçant la prévisibilité du cadre réglementaire. Pour des acteurs habitués aux standards européens, la reconnaissance des autorisations de l’EMA représente un avantage compétitif direct, facilitant l’introduction de médicaments, de dispositifs médicaux et de solutions innovantes au Mexique.

Par ailleurs, la volonté du gouvernement de positionner le pays comme un hub industriel en santé s’aligne étroitement avec les stratégies de nombreuses entreprises françaises, notamment celles qui cherchent à diversifier leur production ou à s’inscrire dans des logiques de nearshoring vers l’Amérique du Nord. Le Mexique apparaît ainsi comme une plateforme stratégique permettant non seulement d’accéder au marché local, mais aussi de se connecter plus efficacement aux marchés américain et régional.

La dynamique d’investissement public, notamment dans les équipements hospitaliers et les infrastructures, renforce également l’attractivité du marché en offrant des débouchés concrets à court terme. Pour les entreprises françaises positionnées sur des segments à forte valeur ajoutée : dispositifs médicaux, imagerie, solutions digitales de santé, biotechnologies, cela crée des opportunités immédiates, notamment dans les marchés publics et partenariats avec les institutions locales.

Enfin, hormis les opportunités immédiates, cette réforme contribue à repositionner le Mexique comme un marché plus compétitif et plus lisible à l’échelle régionale. Si les mesures annoncées se concrétisent pleinement, elles pourraient lever l’un des principaux freins historiques à l’investissement dans le secteur de la santé et favoriser une montée en gamme de l’écosystème local. Dans ce contexte, les entreprises françaises disposent d’atouts solides (expertise technologique, conformité aux standards internationaux, capacité d’innovation) pour se positionner rapidement et capter une part de cette nouvelle dynamique.

Source : El Economista,6 mai 2026