Date de publication :

Secteur Tech et Services
Pays concerné
Allemagne

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Le développement de modèles d’intelligence artificielle capables d’identifier et d’exploiter automatiquement des failles informatiques suscite de fortes inquiétudes en Europe. Alors que le système « Mythos » de l’entreprise américaine Anthropic a déjà démontré ses capacités, la Chine serait désormais en train de développer des outils comparables, renforçant les tensions dans la course mondiale à la cybersécurité.
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Selon la présidente de l'Office fédéral allemand pour la sécurité informatique (BSI), Claudia Plattner, des groupes technologiques chinois comme Alibaba pourraient bientôt disposer de modèles dotés de fonctions avancées de « super‑piratage». Ces IA sont capables non seulement de détecter des vulnérabilités dans les logiciels, mais aussi de proposer directement des méthodes d’attaque exploitables. Ce type de technologie réduit fortement le délai entre la découverte d’une faille et son exploitation, exposant entreprises et institutions à une multiplication rapide des cyberattaques.

Le système Mythos illustre déjà ce changement d’échelle. Anthropic affirme avoir identifié des milliers de vulnérabilités critiques dans des logiciels largement utilisés. Si ces capacités deviennent accessibles à des acteurs malveillants, les autorités redoutent une augmentation massive des attaques automatisées, notamment contre les infrastructures critiques et le secteur financier.

Face à cette menace, le BSI estime que l’Europe risque de se retrouver en position de dépendance. Les institutions européennes n’ont, à ce stade, pas d’accès direct à ces modèles avancés et doivent s’appuyer sur des partenaires américains ou britanniques. Une situation jugée problématique au regard des enjeux de souveraineté numérique.

Pour répondre à ces défis, plusieurs mesures sont préconisées, parmi lesquelles : la création d’un institut dédié à la sécurité des IA, l'accès direct aux modèles les plus avancés, le renforcement d’un écosystème européen de l’IA et le durcissement généralisé des systèmes informatiques. L’utilisation de l’IA à des fins défensives, notamment pour détecter les failles en amont, est également jugée indispensable.

Dans un contexte où seuls quelques acteurs pourraient détenir les technologies les plus avancées, la cybersécurité entre dans une nouvelle phase. Selon le BSI, la capacité à se protéger dépendra de plus en plus de l’accès à ces outils et de la rapidité de réaction face aux menaces. Un retard d’adaptation pourrait exposer l’Europe à une perte de contrôle sur sa sécurité numérique.

Source : Handelsblatt, 12.05.2026