Date de publication :

Secteur Vins, spiritueux, bières, cidres
Pays concerné
Brésil

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En 2025, le marché brésilien du vin confirme son statut de moteur de croissance à contre-courant d’un secteur mondial en repli. Selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la consommation nationale a atteint un niveau record de 4,4 millions d’hectolitres, soit environ 440 millions de litres, marquant un tournant historique pour le pays.
Image info sectorielle

La performance d'accélération de consommation de vins au Brésil est en rupture nette avec la tendance internationale : la consommation mondiale de vin a reculé de 2,7 % en 2025 et accuse une baisse cumulée de 14 % depuis 2018, sous l’effet des pressions économiques et de l’évolution des modes de consommation dans les marchés matures.

A contre courant, les importations au Brésil ont atteint environ 165 M de litres, en progression de près de 4 %, confirmant le rôle central des vins étrangers dans la structuration de l’offre. Cette croissance a été favorisée par un contexte de change plus favorable : la valorisation du real a permis aux importateurs d’anticiper leurs commandes, de sécuriser leurs stocks et de limiter les tensions sur les prix dans un environnement international incertain. 

Deuxième marché d’Amérique du Sud, le Brésil s’impose ainsi comme une destination stratégique pour les exportateurs, alors que de nombreux marchés traditionnels  : États-Unis, France, Italie, Allemagne, Espagne ou Argentine, enregistrent une contraction de la demande. 

La dynamique se reflète aussi dans la production nationale : le vignoble brésilien a progressé pour la cinquième année consécutive, atteignant 91 000 hectares en 2025 (+9,6 %), tandis que la filière a bénéficié d’une récolte exceptionnelle, tant en volume qu’en qualité, consolidant la crédibilité des producteurs locaux.

Au-delà des volumes, le marché évolue en profondeur. L’intérêt croissant pour les vins de qualité, la montée en puissance des circuits spécialisés et l’émergence d’une culture œnologique plus affirmée témoignent d’une transformation structurelle de la demande, davantage orientée vers la valeur et la différenciation. 

Cependant, cette croissance s’inscrit dans un environnement macroéconomique contrasté. Malgré une inflation contenue, l’érosion du pouvoir d’achat des classes moyennes a pesé sur les segments d’entrée de gamme, le vin restant un produit non prioritaire dans le panier de consommation. Parallèlement, des conditions de crédit plus restrictives ont renchéri le coût du stockage et comprimé les marges des opérateurs.

Le facteur climatique a joué un rôle ambivalent mais globalement favorable : un hiver rigoureux a soutenu la consommation de vins rouges sans freiner l’essor des catégories plus saisonnières - effervescents, blancs et rosés - qui continuent de gagner en pertinence et contribuent à désaisonnaliser la consommation.

Enfin, le marché brésilien fait face à une pression accrue de l’offre internationale ; le redéploiement des stocks mondiaux vers l’Amérique latine, conséquence du ralentissement en Europe, en Chine et aux États-Unis, intensifie la concurrence. Le Brésil s’affirme désormais comme un débouché clé pour les grands exportateurs, notamment le Chili, l’Argentine et le Portugal, renforçant l’intensité concurrentielle sur le marché domestique. 

Dans ce contexte, le Brésil apparaît plus que jamais comme un marché stratégique, à la fois porteur et exigeant, où se conjuguent potentiel de croissance, montée en gamme et pression concurrentielle accrue.

Sources : 12/05/2026 - G1 ; 25/12/2025 - IDEAL BI