Date de publication :

Secteur Produits alimentaires
Pays concerné
Corée du Sud, République

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En Corée du Sud, la forte hausse des prix des œufs s’inscrit dans un contexte de tensions durables liées à des facteurs sanitaires, climatiques et économiques.
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La hausse des prix des œufs en Corée du Sud s’est installée dans la durée. En l’espace d’un an, le prix d’une boîte de 10 œufs de grande taille a dépassé le seuil des 5 000 wons, enregistrant une progression de près de 40 %. Pour les plateaux de 30 œufs, les prix oscillent désormais fréquemment entre 7 000 et plus de 10 000 wons selon les points de vente. Cette inflation affecte directement les consommateurs, qui réduisent leurs volumes d’achat, et les distributeurs, contraints de limiter les quantités par client face à des tensions persistantes sur l’offre.

Cette situation est le résultat de facteurs structurels et conjoncturels. La grippe aviaire hautement pathogène, qui a touché le pays lors de l’hiver 2025, a entraîné l’abattage massif de volailles et désorganisé les capacités de production. La lente reconstitution du cheptel crée une rigidité importante de l’offre. En conséquence, la production quotidienne d’œufs reste inférieure à son niveau antérieur, avec une baisse de plus de 3 % sur un an.

À ces contraintes sanitaires s’ajoutent des facteurs climatiques de plus en plus déterminants. Les épisodes de fortes chaleurs, plus précoces et plus intenses, ont un impact direct sur la productivité des élevages. Les poules pondent moins en période de stress thermique, les taux de mortalité augmentent et les coûts d’exploitation s’alourdissent, notamment en raison des besoins accrus en refroidissement. Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie et du transport renchérit les coûts logistiques et l’alimentation animale, contribuant à une inflation généralisée des coûts de production.

Le rôle des politiques publiques est également au cœur de la dynamique actuelle. Des mesures visant à améliorer le bien-être animal, comme l’augmentation de l’espace minimum par poule, ont mécaniquement accru les coûts d’élevage et limité les capacités de production à court terme. Par ailleurs, certaines décisions ont pu perturber les arbitrages des producteurs, entraînant des ajustements rapides de cheptel et des creux temporaires dans le nombre de poules pondeuses.

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont déployé plusieurs mesures de stabilisation, notamment l’importation d’œufs en provenance des États-Unis ou de la Thaïlande, ainsi que la mise en place de subventions à la consommation. Cependant, ces dispositifs se heurtent à une limite structurelle : les volumes importés restent marginaux par rapport à la consommation nationale, estimée à environ 50 millions d’œufs par jour. Les importations, même en hausse, ne permettent pas de compenser pleinement le déficit de production domestique.

La filière est ainsi confrontée à un double enjeu : d’une part, l’amélioration des équipements et des conditions de production pour répondre aux contraintes sanitaires, climatiques et réglementaires, et d’autre part, la réduction de sa dépendance aux œufs, qui ouvre des opportunités pour le développement d’ingrédients et de formulations de substitution.

 

 

Sources :

Korea Times, https://www.koreatimes.co.kr/economy/20260608/koreans-feel-pinch-from-rising-egg-prices (8 juin 2026)

Chosun Business, https://biz.chosun.com/en/en-retail/2026/06/23/6S53CMCP6FHDLCR36FMQTIL2TY/ (23 juin 2026)

Chosun Daily, https://www.chosun.com/english/opinion-en/2026/06/25/K22MG7MI3FG65HLUSONM2MEWRU/ (26 juin 2026)