Date de publication :

Secteur Santé
Pays concerné
Mexique

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La révision du T-MEC, entamée le 1er juillet 2026, ne remet pas en cause à court terme les échanges pharmaceutiques entre le Mexique, les États-Unis et le Canada. Toutefois, l'incertitude générée par les négociations pourrait, à terme, affecter les chaînes logistiques, les procédures réglementaires et les coûts d'approvisionnement des médicaments de spécialité.

En 2024, le Mexique a importé 5,25 Mds USD de médicaments auprès de 67 pays. L'Allemagne reste le premier fournisseur avec 882,1 M USD, devant les États-Unis (744,7 M USD) et la France (389,3 M USD). Cette diversification limite la dépendance directe aux États-Unis, qui jouent un rôle majeur comme plateforme logistique et de réexportation pour de nombreux médicaments produits en Europe ou en Asie.

Les exportations pharmaceutiques expédiées depuis les États-Unis vers le Mexique ont progressé de 714,7 M USD en 2019 à 1,316 Md USD en 2025, soit une hausse de près de 84 %. Une partie de ces flux correspond cependant à des réexportations et non à une production américaine.

Les achats publics mexicains de médicaments représentent environ 295,4 Mds MXN (15,9 Mds USD). Les dépenses sont fortement concentrées sur quelques aires thérapeutiques stratégiques : l'oncologie (4,08 Mds USD), les maladies endocriniennes et métaboliques (2,73 Mds USD), les maladies infectieuses (2,27 Mds USD) et l'hématologie (1,14 Md USD). Ces quatre segments concentrent plus de 64 % de la valeur des marchés.

L'analyse met également en évidence plusieurs thérapies innovantes dont certaines étapes de fabrication, de conditionnement ou de production des principes actifs sont liées aux États-Unis ou à Porto Rico. Parmi les médicaments les plus coûteux achetés par le système de santé mexicain figurent le Dolutegravir/Lamivudine (850 M USD), le Pembrolizumab (494 M USD), le Pertuzumab (303 M USD) ou encore l'Aflibercept (248 M USD). Même lorsqu'ils sont fabriqués en Europe, ces produits dépendent souvent de maillons industriels ou logistiques situés sur le territoire américain.

Dans un contexte de forte croissance des traitements innovants, notamment en oncologie et en biotechnologie, la sécurisation des approvisionnements devient un enjeu stratégique de souveraineté sanitaire.

Source : Consultor Salud, 16 juillet 2026