Date de publication :

Secteur Transition écologique
Pays concerné
Suisse

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Longtemps perçue comme le « château d’eau de l’Europe », la Suisse est désormais confrontée à des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses. Dans ce contexte, la réutilisation des eaux usées traitées (REUT ou REUSE) s’impose progressivement comme une solution complémentaire pour sécuriser certains usages non potables, tout en préservant les ressources en eau douce. Encore marginale et fortement encadrée sur le plan réglementaire, cette pratique suscite néanmoins un intérêt croissant auprès des collectivités, des chercheurs et des acteurs de l’eau.
Image info sectorielle

La question de la réutilisation des eaux usées traitées a franchi un nouveau cap en Suisse ces dernières années. Selon les travaux menés par l’institut fédéral Eawag pour le compte de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et de plusieurs cantons, le changement climatique devrait accentuer les tensions locales sur la ressource en eau, notamment durant les étés secs, alors même que les besoins augmentent pour l’irrigation, le refroidissement industriel ou l’entretien des espaces verts.

L’exemple le plus emblématique est celui d’Yverdon-les-Bains. Depuis 2025, la ville réutilise une partie des eaux épurées de sa station d’épuration pour le nettoyage des rues, l’arrosage des espaces verts et certains usages techniques municipaux. Selon les autorités locales, près de 3 000 m³ d’eau ont déjà été réutilisés, permettant de réduire d’environ 90 % la consommation d’eau potable auparavant consacrée à ces activités. Le projet s’appuie sur un traitement complémentaire par désinfection UV et fait l’objet d’un suivi sanitaire rigoureux avec le canton de Vaud.

Au-delà de ce projet pilote, plusieurs initiatives émergent également dans les bâtiments et quartiers urbains, notamment à Genève, où certaines constructions réutilisent déjà des eaux traitées pour les chasses d’eau ou d’autres usages internes. Les experts d’Eawag estiment que les applications les plus prometteuses concernent les usages non potables : irrigation d’espaces verts, eau de refroidissement industrielle, nettoyage ou alimentation de systèmes techniques. 

Toutefois, le développement du secteur reste freiné par le cadre réglementaire. En Suisse, l’irrigation agricole à grande échelle avec des eaux usées traitées demeure interdite afin de protéger les sols, les eaux souterraines et les milieux aquatiques. Le VSA (Association suisse des professionnels de la protection des eaux) rappelle notamment les enjeux liés aux micropolluants et aux substances persistantes telles que les PFAS. L’organisation considère néanmoins que des projets pilotes supplémentaires et une analyse approfondie des risques seront nécessaires si les pénuries d’eau devaient s’aggraver à l’avenir. 

Le Temps, avril 2026 : Face au stress hydrique croissant, la réutilisation des eaux usées fait des émules jusqu’en Suisse

Plateforme fédérale suisse sur la sécheresse, situation 2026

VSA, Exemples de réutilisation des eaux usées épurées en Suisse, novembre 2024