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Être contactéEntre 2023 et 2025, les ventes de vins tranquilles ont reculé jusqu'à 15 % dans l'ensemble des organisations étudiées et des pays analysés. À l'inverse, les vins mousseux et crémants affichent une hausse de 2 % des volumes vendus. Les boissons sans alcool progressent quant à elles de 72 %, tout en demeurant un segment de niche. Malgré ces évolutions contrastées, le chiffre d'affaires global recule de 6 %. Face à cette situation, plusieurs coopératives soulignent que la rentabilité et les liquidités constituent des indicateurs plus pertinents que le seul chiffre d'affaires.
Selon Christian Scrinzi, directeur général de Collis Veneto Wine Group, cette capacité de résilience trouve son origine dans l'un des principes fondamentaux du modèle coopératif : la force de l'action collective, profondément ancrée dans son histoire et son identité. Les coopératives tirent leur résilience du fort attachement de leurs membres à leur exploitation familiale et à l'histoire collective de la coopérative.
Selon André Mehlen, directeur général de la coopérative Domaines Vinsmoselle, les petites exploitations viticoles bénéficient d'une clientèle passionnée et prête à dépenser pour des vins de qualité, y compris en temps de crise, expliquant pourquoi les vins haut de gamme gardent une marge stable. Bien qu’ils représentent une importante part du marché, les produits d’entrée de gamme demeurent les plus exposés à la hausse des prix du marché et donc à la pression de la concurrence. Les consommateurs sont plus sensibles à la hausse des prix dans ce domaine.
Pour renforcer cette résilience, de nombreuses coopératives misent également sur des stratégies de développement d'alliances entre coopératives. Plusieurs exemples récents illustrent cette tendance à la coopération entre structures viticoles, comme la création de la société de commercialisation Distribution Vignerons Réunis en 2024, le rapprochement des Vignerons de Saint Mont et des Vignerons de Madiran en 2026, ou encore le groupe coopératif Vivadour et Terres du Sud. Cette dynamique favorise notamment la réduction des coûts grâce aux économies d'échelle, tout en renforçant le pouvoir de négociation et l'accès au marché.
Selon la coopérative Mezzacorona, ces démarches peuvent être bénéfiques lorsqu’elles réussissent à atteindre une masse critique sans affaiblir l’identité des deux coopératives. Ces rapprochements nécessitent toutefois d’importants compromis entre les différentes parties prenantes et impliquent souvent un management plus complexe.
La diversification de l'offre constitue un autre axe d'adaptation. Les boissons à base de vin connaissent une forte expansion sur les marchés internationaux. Selon la coopérative Cavit ces produits restent marginaux en Italie et sont négligeables en Europe à l’exception du marché allemand. Marrenon, coopérative du sud-ouest, ne propose pas encore de boissons mélangées à base de vins. Le directeur Antoine Robert y voit toutefois une opportunité, à condition de s’appuyer sur un vin de qualité, une gestion rigoureuse des coûts et des partenariats fiables.
Malgré la hausse des prix et l'évolution des modes de consommation, les coopératives viticoles démontrent une forte capacité de résilience en s'appuyant sur la force du modèle coopératif, des stratégies de coopération et sur la diversification de leurs débouchés.
Source : Weinwirtschaft 7. August 2026
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