Date de publication :
- Secteur
- Tech et Services
- Pays concerné
- Corée du Sud, République
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Être contactéCette situation traduit une crise structurelle plutôt qu’un simple retard de reprise post-pandémie. Alors que les salles coréennes attiraient régulièrement plus de 200 millions de spectateurs par an entre 2013 et 2019, la fréquentation de 2025 est tombée sous son niveau d’il y a vingt ans. Dans le même temps, la production s’est fortement réduite, avec moins de 30 films commerciaux sortis en 2025, contre une centaine en 2019.
Les professionnels du secteur attribuent cette situation à la structure même de l’industrie cinématographique sud-coréenne. Les trois principaux exploitants de salles, CGV, Lotte Cinema et Megabox, contrôlent également des activités de distribution et de production. Cette intégration verticale favorise la mise en avant de leurs propres films, au détriment des producteurs et distributeurs indépendants qui peinent à accéder aux écrans et aux financements.
La programmation des salles se concentre de plus en plus sur quelques superproductions, au détriment des autres films, dont l’exploitation est souvent écourtée. Cette réduction de la diversité de l’offre favorise le report des audiences vers les plateformes de streaming et de vidéo à la demande.
La crise touche également le financement de la création. Selon les estimations du secteur, le budget total des films commerciaux sud-coréens sortis en 2025 aurait chuté de près de 40 % par rapport à 2024. Plusieurs acteurs dénoncent aussi l’évolution récente des mécanismes publics de soutien, qui permettraient désormais à de grands groupes et à des productions destinées directement aux plateformes de streaming de bénéficier de financements initialement conçus pour soutenir les petites et moyennes sociétés de production.
Du côté de la demande, la baisse de fréquentation des salles s’explique principalement par le prix élevé des billets, le manque de films attractifs et une offre jugée moins diversifiée par les spectateurs, selon le Korean Film Council.
À l’inverse, plusieurs pays ont mis en place des mécanismes visant à préserver la pluralité de l’offre cinématographique. La France limite notamment la concentration des écrans sur un même film et encadre les fenêtres de diffusion entre salles, télévision et plateformes. Au Japon, où l’intégration verticale existe également, des pratiques sectorielles favorisent le maintien prolongé des films à l’affiche et une meilleure diversité de programmation.
Pour les représentants de l’industrie sud-coréenne, la situation actuelle reflète autant les mutations des usages culturels que l’absence de réforme structurelle du secteur. Ils estiment qu’en l’absence de mesures favorisant une concurrence plus équilibrée, une meilleure diversité de programmation et un accès élargi au financement, la crise du cinéma coréen risque de se prolonger durablement.
(Source : The Asia Business Daily, Avril 2026)
Lien : https://www.asiae.co.kr/en/article/2026042209215744666