Les fondamentaux
L’agriculture tchèque se caractérise par de vastes exploitations héritées des fermes collectivisées de l’époque socialiste, avec la plus grande taille moyenne en Europe. Le pays compte environ 4,2 millions d’hectares de terres agricoles (soit 53 % du territoire) dont plus de 70 % sont loués et exploite une surface moyenne d’environ 106 hectares par exploitation. L’agriculture tchèque contribue modestement à l’économie nationale (2,1 % du PIB environ). Sur un total de 33 000 exploitations, une minorité de grands acteurs (4 % possèdent plus de 500 ha chacun) gère plus de la moitié des terres cultivées.
Les productions animales représentent environ 40 % de la valeur agricole tchèque. Les principaux élevages comprennent près de 1,4 million de bovins, 1,5 million de porcs et 24 millions de têtes de volaille. La filière laitière joue un rôle central grâce au grand cheptel bovin et affiche un excédent exportateur en produits laitiers, notamment vers les pays voisins. En revanche, le secteur porcin tchèque est sous pression : la production nationale ne couvre qu’environ 50 % des besoins, subissant la concurrence des importations bon marché en provenance d’Europe de l’Ouest. La production avicole, quant à elle, affiche une croissance régulière ces dernières années pour répondre à l’augmentation de la consommation de volaille, privilégiée par les consommateurs.
Malgré de bonnes performances dans certains segments, la République tchèque reste importatrice nette de produits agroalimentaires, en particulier pour la viande de porc et certaines viandes transformées.
Opportunités pour l'offre française
Concernant l’image de l’offre française, elle est plutôt positive chez les professionnels tchèques, associée à la qualité génétique et sanitaire des animaux et à la fiabilité des équipements français. Le principal défi pour la France reste de maintenir des prix compétitifs face à ses concurrents européens qui bénéficient parfois de coûts plus bas ou de filières déjà implantées de longue date en Tchéquie. Malgré cela, les entreprises françaises conservent des pôles d’excellence reconnus (santé vétérinaire, élevage de précision, alimentation animale de qualité) qui peuvent rencontrer un bon écho sur le marché tchèque.
Le marché tchèque de l’élevage offre plusieurs créneaux porteurs pour les entreprises françaises. Les besoins en modernisation des exploitations agricoles, notamment en équipements d’élevage (systèmes de traite automatisés, robots d’alimentation, capteurs IoT pour le suivi des troupeaux, bien-être animal, hygiène dans les élevages, stockage de litière, ingrédients innovants pour l'alimentation animale, etc.), sont une opportunité clé pour l’industrie française du machinisme agricole, reconnue pour sa qualité.
Source : Ministère de l'Agriculture; SZIF (agence de paiement tchèque) (25/06/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
La République tchèque, tout en valorisant son héritage agricole, démontre une forte attente d’innovation dans l’élevage. La transition digitale se développe : de plus en plus d’exploitations adoptent des outils d’agriculture de précision (capteurs connectés, analyse de données, suivi du bien-être des animaux en temps réel) pour améliorer la productivité et la santé des troupeaux. Les éleveurs cherchent aussi à automatiser les tâches pénibles ou chronophages : robots de traite dans les élevages laitiers, systèmes d’alimentation automatiques et dispositifs de tri et de surveillance des animaux sont de plus en plus répandus, surtout dans les fermes de grande taille.
La durabilité environnementale est devenue un axe majeur d’innovation. Face aux attentes sociétales (bien-être animal, réduction des émissions, qualité sanitaire), les éleveurs explorent des solutions écoresponsables.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les élevages tchèques sont soumis aux mêmes normes européennes environnementales et de bien-être animal que les autres pays de l’UE. En particulier, les obligations de conformité en matière d’émissions et de gestion des déchets d’élevage se renforcent. Par exemple, depuis 2021 la République tchèque applique les nouvelles règles de la directive européenne sur les émissions industrielles, qui imposent des limites aux rejets de méthane et d’ammoniac dans les élevages intensifs (porcs, volailles). Le bien-être animal fait l’objet d’une attention accrue : le pays s’est aligné sur l’interdiction européenne de la coupe systématique des queues chez les porcs, la limitation de la densité dans les poulaillers industriels, et encourage des pratiques améliorées (accès à l’extérieur, enrichissement des enclos).
Labels et certifications
Le marché tchèque valorise de plus en plus les labels de qualité et d’origine. Le label européen AB (Agriculture Biologique) est utilisé en Tchéquie pour identifier les exploitations biologiques et leurs produits. Le label national Klasa (décerné par le ministère de l’Agriculture) met en avant les produits agroalimentaires de haute qualité d’origine tchèque, notamment pour les produits laitiers et la viande. D’autres certifications européennes comme l’IGP (Indication Géographique Protégée) sont également présentes pour certaines spécialités locales, bien que peu d’indications géographiques s’appliquent spécifiquement aux produits carnés tchèques.
Source : Ministère de l’Agriculture tchèque – Plan stratégique PAC 2023-2027 (règlementation et subventions) (25/06/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’importateur reste encore incontournable pour tout producteur étranger qui souhaite investir le marché tchèque :
Importateurs d’équipements pour l’élevage avec leurs réseaux de distributeurs/concessionnaires couvrant l’ensemble du territoire de la République tchèque et souvent également la Slovaquie. Ces opérateurs sont généralement orientés multimarques et assurent le SAV.
Importateurs d’ingrédients pour l’alimentation animale ou prémixeurs.
Les grandes exploitations peuvent être les donneurs d'ordre. Néanmoins, la procédure d'achat est gérée par l'importateur, notamment pour des raisons de la logistique, le SAV et la communication en langues étrangères.
Le métier d’agent n’est pas reconnu en République tchèque, il n’existe aucune association.
La réglementation spécifique
En tant qu’État membre de l’UE, la République tchèque applique la réglementation européenne unifiée pour les produits d’élevage.
Les normes sanitaires européennes strictes doivent être respectées : contrôles vétérinaires, certification sanitaire pour les produits animaux et aliments pour bétail, et traçabilité rigoureuse sont impératifs. Les intervenants du secteur doivent également se conformer aux normes qualitatives européennes (sécurité alimentaire, bien-être animal) encadrant la production. Les importations de matériel d’élevage sont soumises aux normes CE (marquage CE, homologation machines agricoles). En résumé, l’accès au marché tchèque nécessite de répondre aux standards communautaires en vigueur, identiques à ceux de la France.
Niveau de taxation
En République tchèque, les ventes de produits agricoles et matériels d’élevage sont soumises à la TVA au taux standard de 21 %. Les échanges intracommunautaires étant libéralisés, aucun droit de douane ne s’applique aux biens provenant de France.
TVA 12 % pour les produits d’alimentation animal;
TVA 12 % pour les produits vétérinaires si vendus seuls, s’ils font partie d’une prestation de service de la part d’un médecin vétérinaire (sous l’ordonnance), le taux de TVA est de 21 %;
Les services des médecins vétérinaires sont soumis à la TVA de 21 %;
TVA 21 % pour les équipements.
Source : Ministère de l'agriculture, Ministère des finances, Business France République tchèque (25/06/2026)