Les fondamentaux
Le marché canadien de la sécurité connaît une transformation profonde depuis 2025, sous l'effet des tensions commerciales avec les États-Unis, du renforcement de la frontière, des enjeux arctiques face à la Russie et de la multiplication des conflits armés dans le monde.
En 2025-2026, le Canada a atteint pour la première fois l'objectif de l'OTAN de consacrer 2 % de son PIB à la défense, portant les dépenses totales liées à la défense à plus de 63 Mds CAD, dont 51,7 Mds CAD pour le seul ministère de la Défense nationale (MDN) en 2026-2027.
Acteurs institutionnels clés : le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), agence de renseignement intérieur ; la Gendarmerie royale du Canada (GRC), police fédérale, qui reçoit 1,7 Md CAD sur quatre ans contre le crime organisé transnational et les crimes financiers ; l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), qui recrute 1 000 nouveaux agents ; et Sécurité publique Canada, ministère responsable de la sécurité nationale et de la gestion des urgences.
Le 6 juillet 2026, le Canada a désigné l'allemand TKMS (Type 212CD) comme fournisseur privilégié pour ses 12 futurs sous-marins, écartant Naval Group dès la présélection d'août 2025 — un signal fort à intégrer pour le positionnement de l'offre française sur ce marché.
Opportunités pour l'offre française
Cybersécurité : la mise en conformité progressive des opérateurs d'infrastructures critiques avec le projet de loi C-8 (ex C-26) ouvre un marché de conseil et de solutions techniques, dans un contexte de croissance de 13,37 à 22,84 Mds USD d'ici 2030.
Naval et Arctique : malgré la perte du programme de sous-marins, des opportunités subsistent en maintenance, capteurs sous-marins et surveillance de l'Arctique (le centre de recherche Arctic Sentinel, créé par CAE et TKMS, recherche des partenaires technologiques).
Frontière et drones : le Plan frontalier (1,3 Md CAD) et l'assouplissement de la réglementation sur les drones (BVLOS, novembre 2025) créent des débouchés pour les technologies de surveillance, de lutte anti-drones et d'imagerie.
IA et solutions intégrées : forte demande pour la détection de menaces par IA et les plateformes de sécurité intégrées (surveillance, contrôle d'accès, alarmes), un segment en croissance à deux chiffres.
Source : https://www.canada.ca/fr/services/defense/securiserfrontiere/renforcer-securite-frontaliere/bilan-annee-2025.html (13/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le Canada recherche des expertises en intelligence artificielle appliquée à la détection de menaces et à la vidéosurveillance, en cyberdéfense conforme aux futures obligations du projet de loi C-8, en technologies de lutte anti-drones, ainsi qu'en capteurs de surveillance sous-marine et arctique (programme Arctic Sentinel porté par CAE et TKMS). La demande croît également pour des plateformes de sécurité intégrées combinant surveillance, contrôle d'accès et gestion des alarmes.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le secteur est indirectement façonné par le changement climatique : l'année record de 2023 (18 millions d'hectares brûlés, plus du triple de la moyenne décennale) a fait émerger un marché de la protection contre les incendies de forêt, avec une croissance annoncée d'environ 7 % par an entre 2024 et 2031. La fonte des glaces arctiques intensifie par ailleurs les besoins de surveillance environnementale et maritime dans le Grand Nord canadien.
Labels et certifications
Les fournisseurs de biens et technologies de défense doivent être inscrits au Programme des marchandises contrôlées (PMC) du Canada. La norme ISO 27001 est la référence attendue en cybersécurité. Les habilitations de sécurité (Protégé/Classifié) sont requises pour les contrats sensibles. Les services de sécurité privée sont soumis à un permis provincial, dont les exigences varient selon la province.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Le Canada privilégie une approche « Build-Partner-Buy » qui favorise les partenariats industriels locaux dès la phase d'appel d'offres, comme l'a montré le programme de sous-marins. Un partenaire canadien (intégrateur, distributeur ou centre de recherche) est quasi indispensable pour les marchés publics de défense et de sécurité. Les salons de référence sont CANSEC (Ottawa, 27-28 mai), le Sommet de l'aérospatiale canadienne (AIAC) et les événements dédiés à la cybersécurité et à la sécurité publique.