Les fondamentaux
Le marché turc des travaux publics reste porté par un important besoin d’investissement, une urbanisation rapide, la croissance du commerce extérieur et la volonté du pays de renforcer son rôle de hub logistique entre Europe, Asie et Moyen-Orient. Le secteur est tiré par les projets publics ferroviaires, routiers et d’ouvrages d’art, avec un recours fréquent aux montages PPP/BOT pour les grandes infrastructures : en 2026, la Turquie comptabilise 279 projets de PPP d'une valeur de 228 Mds USD dans divers secteurs. Le modèle BOT domine avec 132 projets et 134,2 Mds USD d’investissements, devant le transfert des droits d’exploitation (122 projets, 71,4 Mds USD) et le modèle Build-Lease-Transfer (18 projets, 13,8 Mds USD).
Parmi les réalisations emblématiques du secteur figurent le 3ᵉ pont sur le Bosphore (Yavuz Sultan Selim), le pont Hasankeyf-2, le port de Filyos, la Tour de Çamlıca ainsi que le pont du détroit des Dardanelles (1915 Çanakkale), mis en service en 2022 et considéré comme le plus long pont suspendu au monde en termes de portée centrale.
Contrats PPP par secteur
Répartition des contrats PPP en Turquie par secteur, en montants cumulés affichés en millions de dollars. Les trois premiers secteurs en valeur sont les aéroports, l’énergie et les autoroutes.
Opportunités pour l'offre française
Parmi les projets emblématiques à venir, il y a le Canal Istanbul et la ligne ferroviaire Gebze-Halkalı passant par le 3ᵉ pont sur le Bosphore. En général, les opportunités les plus porteuses concernent les lots à forte valeur ajoutée : ingénierie ferroviaire, signalisation, électrification, maintenance d’infrastructures, équipements de tunnel, monitoring structurel, exploitation-maintenance, systèmes de sécurité, solutions bas carbone et intégration rail-port. La Banque mondiale a approuvé en mars 2026 un prêt de 2 Mds USD pour INRAIL, projet ferroviaire électrifié de 127 km destiné à renforcer la connectivité du Bosphore. L’AIIB finance à hauteur de 365 M USD la modernisation de la maintenance ferroviaire de TCDD, avec achats de machines spécialisées, formation et évaluation de la maturité numérique. Canal Istanbul prévoit la création d’une voie navigable entre la mer Noire et la mer de Marmara, accompagnée d’importants travaux connexes : ponts, tunnels, infrastructures routières et ferroviaires, ouvrages hydrauliques, systèmes de contrôle du trafic maritime, aménagements portuaires, logistique et infrastructures urbaines associées.
Source : Invest in Turkey, ministère de l'Economie, ministère du Transport et des Infrastructures, Présidence de la République de Turquie (11/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les donneurs d’ordre attendent des solutions capables d’améliorer la performance de cycle de vie, la sécurité et la résilience des ouvrages : maintenance prédictive, capteurs, inspection drone, BIM, signalisation, électrification, gestion d’actifs, équipements de tunnels et procédés bas carbone.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La première loi climat turque a été adoptée le 3 juillet 2025 ; elle établit le cadre de réduction des émissions, d’adaptation, de planification, de revenus, de permis et d’inspections climatiques. Elle crée aussi les bases d’un système d’échange de quotas d’émission, d’une gouvernance carbone et d’une taxonomie verte turque. Le projet de règlement ETS publié le 22 juillet 2025 prévoit une phase pilote 2026-2027, avec allocation gratuite à 100 %, puis une période 2028-2035 ; il cible les installations dépassant 50 000 tCO₂ de capacité d’émission et consolide les obligations MRV. Les projets financés par bailleurs doivent donc intégrer les exigences environnementales, sociales et climatiques dès la conception.
Labels et certifications
Les produits de construction relèvent du Construction Materials Regulation turc, adapté du règlement UE 305/2011, avec déclaration de performance, marquage CE, surveillance du marché et marquage G pour certaines spécifications nationales. Les certifications durables valorisées incluent YeS-TR, système national volontaire développé par le ministère turc de l’Environnement, ainsi que LEED, BREEAM et WELL, reconnus sur le marché.
Source : ministère du Changement Climatique, ministère du Transport et des Infrastructures, Présidence de la République de Turquie (11/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché passe prioritairement par des constructeurs turcs, concessionnaires, EPC, bureaux d’études, intégrateurs ferroviaires et partenaires O&M capables de porter les références locales et les procédures d’appel d’offres. Il est recommandé de constituer une joint-venture avec une société turque, de viser les consortiums pour les grands projets et de privilégier un savoir-faire technique peu disponible localement.
La réglementation spécifique
Les matériaux et équipements de construction doivent être classés par code douanier, vérifier les exigences techniques applicables et respecter, le cas échéant, le marquage CE ou G, la déclaration de performance et les procédures d’évaluation de conformité prévues par la réglementation turque des matériaux de construction. L’union douanière UE-Turquie prévoit zéro droit de douane et zéro quota pour les biens couverts, sous réserve de circulation libre et de certificat A.TR.
Niveau de taxation
La Turquie est en union douanière avec l’Europe depuis 1996 et n’applique pas de droits de douane sur les matériaux de construction importés. Le taux de TVA est de 20 %.
Source : Présidence de la République de Turquie, ministère du Commerce, ISO (11/08/2026)